Dans la série Bibi la maltraitance animale (non, je ne l’ai pas encore en travers de la gorge, non)…
Pour faire des économies de chauffage, et surtout parce que je me pelais trop là-bas, j’ai migré de ma chambre à mon bureau et je squatte mon clic-clac depuis plusieurs semaines. J’ai « condamné » ma chambre: je laisse la porte fermée et ne m’y rends que pour faire une lessive (la machine à laver est dans un petit placard dans cette pièce) ou pour prendre des vêtements dans mon armoire.
La chatte a très bien compris que l’accès à la chambre était désormais impossible. C’est pourquoi, souvent quand je m’y rends, elle passe la porte comme une flèche.
Avec Stella, j’applique une philosophie relationnelle basée sur la proposition, le consentement et le respect de l’individualité (sauf quand il s’agit de la foutre dans sa caisse pour aller faire son vaccin, là j’avoue que je m’en cogne un peu de son consentement), donc quand elle est dans la chambre je ne vais pas essayer de l’attraper ou de la prendre dans les bras, mais je l’appelle comme une grosse victime:
– Mon chaton! Viens là, petit minou! Viens, mon petit chat!
Stella me regarde de sa hauteur puis se met à ramper sous le lit, l’air de dire: « Ouais, ouais, ouais; oh tiens, ça fait longtemps que je ne suis pas allée sous le lit, moi! ». (saloperie de chat)
Je vous rappelle que le chauffage n’est pas allumé dans cette pièce et qu’il y fait très froid, donc a priori un chat sain d’esprit n’a aucun intérêt d’aller là-bas.
L’autre jour, Stella m’a fait le coup alors que j’allais à la douche. J’ai fermé et rouvert la porte deux fois, je l’ai appelée, je lui ai laissé sa chance, mais elle était apparement très occupée à se geler le ventre sur le carrelage, donc qu’est-ce que j’ai fait? Bah j’ai fermé la porte et je suis allée me laver, pensez-vous. Et j’ai fait un shampoing.
Alors, vous savez, moi, je suis une écolo donc je ne passe pas 10 plombs sous l’eau. En revanche, quand je sors de la douche, je prends tout mon temps: je me sèche, je récupère la coupelle à savon pour la remettre sur son étagère, puis je retourne dans la baignoire éponger l’eau sur les murs et dans le fond du bac (oui, je fais ça), ensuite j’applique mes soins pour le corps (de l’eau florale de bleuet et une crème solide hydratante), puis je peigne mes cheveux mouillés (que j’avais déjà peigné avant de me laver), je mets de l’huile d’argan sur les longueurs et, enfin, je les sèche au sèche-cheveux. Et j’ai les cheveux très longs, vous savez, donc ça prend du temps.
Bref. Après m’être séché les cheveux, j’ai replacé mon sèche-cheveux dans son placard et je me suis souvenue que Stella était toujours enfermée dans la chambre, à se cailler les poils de fesses. Représentez-vous bien que je sors de la salle de bain sans avoir remis mes implants et que Stella pourrait hurler à la mort que je ne l’entendrais pas.
J’ai donc posé la main sur la poignée, pour lui ouvrir, et j’ai senti quelque chose se jeter avec désespoir de l’autre côté de la porte. J’ai ouvert en grand et un boulet de canon a jailli de la pièce, semant presque du givre derrière lui, telle Elsa la reine des neiges.