Le PTSD (Poncho du Trauma Sous le Déluge)

Suspendu à une porte blanche, un grand manteau de pluie noir.

Avant de commencer, je suis un peu désolée pour le nom donné à mon poncho. Le PTSD (Post-Traumatic Stress Disorder) ou TSPT en français (Trouble du Stress Post-Traumatique) est quelque chose de sérieux et de pas drôle. Je suis la première à reprendre les gens qui utilisent les troubles mentaux comme des sujets légers, souvent pour des blagues ou cmme des adjectifs. C’est partout (dans les médias, la mode, etc) que les troubles mentaux Sont cités à tort, sans être connus, en les minimisant ou en les déformant. C’est la fête du stéréotype. Ils sont entrés dans le langage commun, on en parle avec autant de sérieux que si l’on parlait d’endives au jambon, alors que derrière il y a des gens qui soufrent (« Tiens j’ai une petite faim, je dois être diabétique », non seulement ce n’est pas drôle mais en plus je parie que cette phrase offenserait les diabétiques, elle fait écran à leur quotidien et à leurs difficultés, hahaha le diabète, on se fend la poire, mais une poire pas trop sucrée, voilà voilà). Donc, j’ai baptisé mon poncho PTSD à cause des lettres mais ce qu’on appelle le PTSD est un vrai trouble qui a de sérieuses séquelles sur les gens. Si le sujet du PTSD (pas mon poncho) vous intéresse, je vous recommande La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel: c’est un roman assez court qui ne l’évoque pas frontalement mais il en est bien présent.

Après cette parenthèse bien moralisatrice, permettez-moi de vous présenter le PTSD. Suite à l’épisode d’abandon de taxi sous la pluie, j’ai pris une décision. En fait, ce jour-là, j’essayais tant bien que mal de protéger ma plage braille de la pluie tout en l’utilisant, mettant mon parapluie devant moi. Ça ne marchait pas très bien et ce n’était pas pratique. Il me fallait autre chose, une cape à revêtir par-dessus mon manteau, mon sa-à-dos et ma plage braille. Quelque chose me permettant d’utiliser au sec la machine et de ne pas être démunie dès qu’il pleut. J’ai réfléchi: une cape de pluie ou un K-Way très grand. J’ai fait un tour sur Vinted, j’ai tapé « cape de pluie » dans le moteur de recherche et il est apparu: un poncho de pluie pour la randonnée, parfait pour le vélo, de la marque Quechua (oui alors j’ai appris récemment que Decathlon n’avait aucune éthique, que voulez-vous, à nouveau mea culpa, non seulement j’ai appelé mon poncho de pluie PTSD mais en plus il vient d’une méchante entreprise).

Apparement c’est un poncho, sauf qu’il a des manches, pour moi c’est pas ça un poncho. MAIS. Il est très large: bien qu’il soit à ma taille, je peux sans problème l’avoir sur mon manteau, mon sac-à-dos et ma plage braille sur laquelle bidouiller. Il m’arrive à peu près aux genoux. Il est, bien sûr, imperméable. Selon l’annonce, il est noir désespoir. Il a une capuche que l’on peut resserer et une boucle au niveau du col pour le suspendre à un porte-manteau. Sur le devant, il y a deux entailles, j’imagine que c’esst pour passer ses mains en-dessous quand on le porte. Je pense utiliser celle de gauche (le côté qui tient la canne mais des fois j’ai besoin de mes doigts gauches pour écrire) et éventuellement rentrer tout le brais droit sous le poncho, afin de pouvoir lire sur la plage braille.

Ce poncho de pluie me confère un style à mi-chemin entre celui de la robe de sorcier dans Harry Potter et de celui la bâche de piscine.

À savoir que j’ai fait ma giga peau de vache quand je suis tombée sur l’annonce: il était en effet précisé dessus que ce bien était très convoité, puisque 8 personnes l’avaient mis dans leurs favoris et 3 autres avaient fait une offre (quand j’ai vu ça j’ai pensé que l’article devait être vraiment bien, et: « Désolée les gars, fallait aller plus vite, il est pour moi. »).

On en reparlera mais il s’agit d’un détournement d’objet: ce poncho était à la base prévu pour le sport de montagne et j’en fait un (non moins utile) outil d’adaptation du quotidien à mon handicap.

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