Chat de bibliothèque

En vue de l’article de jeudi je me suis replongée dans un livre en braille papier. Sous ma couette, le bouquin posé contre mes genoux, j’étais à fond dans ma lecture. C’était sans compter sur Stella qui a vu là une place de choix. Elle s’est installée sur mon ventre, un coup pour demander des câlins, un coup pour regarder par la fenêtre (tiens, un pigeon sauvage à tête de moine), m’empêchant ainsi de lire mon livre.

Stella, petite chatte noir, est assise devant un livre en braille ouvert.

(je suis désolée pour mon lectorat qui me suit par mail et qui a reçu cet article mercredi dernier. C’était une bourde de ma part, gloups)

Jeu de mains, jeu de vilains

Stella et moi on a un petit jeu. Quand elle est sur le rebord de sa fenêtre je me mets de l’autre côté de la vitre en haussant les sourcils. Elle penche la tête et sa petite patte s’abat sur le carreau, comme si elle cherchait à m’atteindre.

Mais cette chatte est loin d’être bête. Elle a compris le truc.

Maintenant quand je fais l’andouille derrière la vitre elle passe sa patte en-dessous, dans l’espoir sans doute d’arriver à me toucher. La saleté.

Stella, petite chatte noire, est couchée sur le rebord d’une fenêtre, prêt de la vitre ouverte vers l’intérieur. Elle penche la tête et sa patte avant pend dans le vide.

« Hin hin hin. »

Et vive le vent

L’autre jour au parc avec Père et Manille qui porte son gilet orange fluo « chien guide en détente ». Manille démoule un énorme cake dans l’herbe et Père s’empresse de le ramasser. Il se relève pour me dire quelque chose sans avoir noué le sac à crotte.

– Chwawawa! dit Père.

– Hein? réponds-je.

– Chwawawa.

– Quoi?

– Cwawawa!

– Qu… Argh non ça pue trop, j’arrive pas à me concentrer! dis-je avant de partir dans un grand éclat de rires.

C’est à ce moment précis qu’un autre promeneur s’approche de nous pour nous demander si Manille guide bien.

Rééducation déprimante

L’autre jour en rééducation, l’orthophoniste me donne trois mots et je dois deviner l’évènement historique en lien derrière. J’ai eu droit à « avion/Ney York/tou!s jumelles » et « 14 juillet/Bastille/guillotine ». Plus gai tu meurs.

Courrier du coeur

Apparement Manille et moi avons un nouveau rituel du soir. C’est en tout cas ce qu’elle a l’air de croire. Après avoir fait les besoin du soir je l’emmène jouer dans le jardin à la balle, balle que je « range » dans la boîte-aux-lettres située dans la cour.

L’autre soir, j’avoue un peu grognon et pressée de rentrer, en revenant du tour des besoins du soir je suis directement allée ouvrir la porte d’entrée de mon immeuble. Manille est restée figée dans la courtel un chien de faïence.

– Allez viens Manille! j’ai appelé.

Elle n’a pas bougé.

– Manille? Tu viens?

Toujours pas.

Elle m’a simplement jeté un regard de merlan frit l’air de dire: – Heu… T’aurais pas oublié de faire quelque chose? Genre ouvrir la boîte-aux-lettres? ».

(bon bah grognon ou pas je l’ai quand même emmenée jouer à la balle dans le jardin, qu’est-ce que vous croyez)

Le machin qui vole, là

L’autre jour, alors que je lis une chronique littéraire du blog Jours d’humeur.

L’article: « volatil » ne prend pas de « e » au masculin

moi, tapant « volatil » dans le moteur de recherche de Google: Ah oui? Je ne savais pas! Un volatil et une volatile… Sinon piaf ça marche aussi.

Internet: Volatil (adjectif): qui passe facilement à l’état de vapeur.

Moi, déçue: Ah, ce volatil-là.

On en apprend des choses.

(je me suis sentie d’une grande crédulité en parcourant les commentaires, Bibi au pays des licornes hein)

Danse de la flotte

L’autre matin dans les couloirs de Bicêtre, après la traditionnelle pause WC, nous reprenons notre chemin vers le service ORL. Père, qui marche devant Manille et moi, se met à jeter ses bras d’avant en arrière. Il les balance même au-dessus de sa tête. Je commence à rigoler dans son dos, ne comprenant pas très bien ce qu’il fiche à gesticuler comme ça. Il arrête enfin sa chorégraphie et je le rattrape.

– Papa, je demande.

– Quoi? répond Père.

– Tu faisais quoi avec tes bras?

– Je me séchais les mains.

Ah bah oui.

Chouquette addict le retour

L’autre jour, Père nous accompagne Manille et moi au marché. Nous terminons notre circuit par la boulangerie.

C’est la boulangère (la dame chouquette) qui vient m’ouvrir la porte. Manille, qui porte pourtant son harnais de chien guide, perd toute consistance professionnel et se met à lui sauter dessus comme un petit teckel sous ecstasy, un comportement détestable qu’elle a à la clinique vétérinaire quand l’assistante vétérinaire lui propose un gâteau. Je rentre dans la boulangerie en pestant: « Non Manille, tu ne saute pas, ça ne se fait pas », même si tu parles qu’elle comprend ce que je lui dis à ce moment-là. Père qui me suit avec mon cabas n’a rien loupé de la scène. Je passe ma commande en tirant plusieurs fois sur la laisse de la chienne qui a la bougeotte. Je récupère mon pain, je paye (avec la bonne carte cette fois) et on ressort.

Devant la boutique je commence à réprimander Manille:

– Manille! Ohé Manille! C’est quoi ça?

Je manque rajouter « Tu t’es crue à Flunch? » mais je ne le fais pas.

Père, qui est le Papa adoré de Manille (elle connait le mot Papa, c’est dire), se met lui aussi à l’enguirlander:

– Manille! Qu’est-ce que c’est que ce comportement?

Manille se met alors à se gratter. Le grattage en langage canin est un signe d’apaisement que dans notre cas nous pourrions traduire par: « Zuuut ».

(c’est très dur de ne pas rire devant le grattgrattgrattgratt furtif de Manille, croyez-moi)

Cave à vaincre

J’aime pas descendre à la cave. J’ai peur d’y rencontrer de méchantes créatures comme des goules.

Vous penserez peut-être: « Bah descend avec Manille », ce à quoi je vous répondrais non. Déjà, il y a de la mort-aux-rats partout par terre dans la cave. Manille est parfois un peu con (oui, désolée de vous décevoir) et je voudrais pas qu’elle en mange. Ensuite, quand bien même, elle a pas l’air de vouloir y aller non plus. Elle, pourtant si pot de colle, reste figée en haut des marches avec une mine penaude. Je sais pas vous mais personnellement je trouve ça très louche qu’un chien se comporte comme ça. C’est la preuve qu’il y a quelque chose de pas net dans la cave.

Du coup pour me donner du courage j’y descends en fredonnant la mélodie de The last walt5. Croyez-le ou non, ça marche: je n’y ai encore croisé aucun monstre.

Sujet à aiguiller

Un technicien de laboratoire s’est un jour moqué de moi car je suis sujette aux malaises vagaux durant les prises de sang alors que je suis tatouée.

Alors. Remettons les poins sur les I, les barres sur les T et les choses à leur place, je vous prie.

Il y a une différence ABYSSALE entre un petit dermographe qui n’ira, suivant l’emplacement, qu’entre 0,1 et 0,4 mm sous votre peau pour vous injecter un peu d’encre et une seringue aiguisée qui plongera sans ménagement dans une de vos veines pour vous ponctionner du sang.

Non mais.