Jeudi dernier ma séance chez la psy a été particulièrement rude. Non, ça ne va pas très bien en ce moment. Elle m’a dit qu’il faudrait peut-être me faire hospitaliser. À ces mots je suis devenue rouge comme une tomate, j’ai littéralement fondu en larme tout en baragouinant que je na pouvais pas. Si l’hystérie existait vraiment, probablement qu’elle aurait eu ce visage-là. Ridicule mais véridique, je ne voulais pas envisager cette option en pensant « Mais que va devenir Stella? Et Manille? ». Elle m’a alors dit qu’il faudrait aller voir mon médecin pour « pas que ça s’installe »; ce qui est gentil mais étant donné que je fais des dépressions à répétition depuis bientôt 10 ans et que j’ai seulement commencé à prendre en charge le problème l’an dernier, je pense que le mal est bien installé déjà.
Pour de vrai ça fait quelque temps que je sens le truc venir mais que j’essaye de le tenir à distance. Je pensais qu’en ayant des projets, en faisant des activités, en « restant en mouvement » ça ne reviendrait pas. Bon eh bien j’ai trébuché et là je suis doucement en train de manger les pissenlits (par les pétales, gardons espoir!!!).
En rentrant chez moi ce jour-là j’ai été sur Doctolib (si j’étais une influenceuse à succès je leur demanderais qu’on fasse un partenariat ensemble) et j’ai pris rendez-vous avec ma généraliste. Pas de disponibilité avant mardi 9 mai avec son remplaçant. On était jeudi 20 avril. Plus de 15 jours à attendre comme ça mais tant pis, je prends.
Comme la 1ère fois, que ma psy me dise « ohla, faudrait ptêtre aller voir votre toubib » ça m’a fait du bien. Bon, je suis rentrée chez moi un peu plus anéantie (« ah, c’est revenu… ») mais d’un coup le problème devenait visible par elle (et par moi, hashtag déni). Des semaines que je luttais pour ne pas rechuter. À la différence de l’an dernier, je me sens quand même un peu plus armée.
J’ai commencé à me dire qu’il y avait peut-être une justice ou une entité bienveillante quelque part quand le lendemain (vendredi 21 avril), alors que je lisais tranquillement, j’ai reçu une notification de Doctolib m’informant qu’une place s’était libérée plus tôt et que je pouvais avancer mon rdv au lundi 24 avril. J’imagine qu’en temps de pandémie je serais ce genre de personne à pousser les gens des coudes ou à leur faire des croches-pied devant le dernier paquet de pâtes à Super U en criant: « Poussez-vous les gueux, il est à moiiii!! ». C’est en tout cas comme ça que je me suis perçue sur le moment, en suppliant l’application de décaler mon rdv avant qu’un autre patient le fasse, « Allez allez allez dépêche bordel de quiche! ». Et c’est ainsi que j’ai pu avancer mon rdv d’une quinzaine de jours.