Les vacances champêtres de Manille Delatuile #5: les coquetiers

Bibi aidait sa grand-mère à décharger le lave-vaisselle. Elle y trouva deux espèces de coquetiers avec plusieurs trous dedans. C’était la première fois qu’elle les voyait. Depuis son enfance, elle avait toujours mangé les oeufs à la coque de sa Nany dans de beaux coquetiers en forme de fruits ou bien avec une petite poule dessus. Elle sortit les coquetiers du lave-vaisselle et commença à les essuyer avec son torchon.

« Non attends, ça ça doit rester à l’intérieur c’est contre le tartre! » fit Nany.

Quelle drôle d’idée, des coquetiers anti-tartre!

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #4: les médecins de campagne

Lundi matin, Bibi eut une consultation vidéo avec sa généraliste pour renouveler une ordonnance. Après cela, Nany et elle discutèrent du désert médical à la campagne. Les médecins fraîchement diplômés dans le coin partaient tous exercer en ville.

« Qu’est-ce que ça change qu’ils travaillent en ville ou à la campagne les médecins, de toute façon ils sont dans leur cabinet! » s’agaça Nany.

Bibi trouva que sa grand-mère n’avait pas tort.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #3: la patate (dans le nez, mais pas que)

Bibi avait bien du mal à respirer à cause de ses allergies, aussi Maman lui donna des gouttes à l’eucalyptus pour nettoyer son nez.

Bibi se réveilla la première nuit avec le nez extrêmement bouché des deux narines, un cas de figure rare mais réellement mortel si l’on ne possède pas de bouche. Elle sortit de sa chambre et, sans prendre la peine d’allumer la lumière, elle se dirigea vers la salle à manger pour récupérer ses gouttes. À tâton, elle inspecta la table puis le buffet mais ne trouva rien.

« Maman les a peut-être mises dans la salle de bain » songea-t’elle.

Alors elle fit demi-tour et d’un pas fort déterminé se dirigea vers la salle de bain. Elle ouvrit la porte, s’élança à vive allure dans la pièce et se heurta à un mur.

Bibi s’était trompée de porte et venait en fait de rentrer dans les toilettes, pas aussi grandes que la salle de bain évidemment.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #2: la carotte

Manille était donc interdite de jeux pour que son genou blessé se rétablisse. Mais Manille avait reçu une dose d’anti-douleur et avait bien plus d’un tour dans son sac.

Rusée, elle flaira les alentours et découvrit un passage dans la haie qui menait au potager des voisins. Elle y déroba ainsi une belle carotte et l’apporta fièrement à Maman pour qu’elle lui lance.

Les voisins avaient assisté à la scène. « Si votre fichu clebs revient dans mon jardin, j’en fais une descente de lit! » ne lançèrent-ils pas, cette phrase ayant été prononcée quelques semaines auparavant par l’orthophoniste de Bibi durant un exercice de rééducation.

Bibi portait une fois de plus ce satané t-shirt « Ma vie n’est pas parfaite mais c’est pas grave j’ai mon chien » (celui avec sa trombine et celle de Manille dessus) et se sentit bien couillon quand elle dû leur rendre la carotte par-dessus la haie.

Manille, toujours dans l’attente qu’on lui lance le légume, s’assit devant le buisson et fit des clins d’oeil aux voisins.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #1: l’arrivée

Ces vacances à la campagne s’annonçaient pourtant bien pour Manille: un jardin pour elle toute seule, des promenades dans les champs, des servantes à sa disposition pour lui lancer son jouet… Tout aurait été synonyme de « jouer » et « courir » durant ce séjour.

Le voyage en voiture fut long, 3h environ, et sitôt arrivée Maman décida de jouer avec Manille dans le jardin. Elle lui lança donc son jouet, encore et encore, sous le regard émerveillé de Nany (la grand-mère de Bibi). Tout commençait si bien. Et puis…

« KAÏ! » couina Manille en bondissant, avec la grace aérienne de la sauterelle, pour attraper son jouet.

La vétérinaire fut appelée d’urgence en ce radieux DIMANCHE 1 MAI. Après avoir soigné son précédent patient, un cheval, elle vint au chevet de la pauvre Manille.

« Elle bouge! Elle marche! » s’écria Nany. La chienne, prostée et immobile sur le carrelage depuis le terrible accident, avait miraculeusement trouvé la force de se lever pour acceuillir les invités.

La vétérinaire et son assistant examinère le canidé et le diagnostic tomba: entorse au genou causé par son embompoint. Programme pour sept jours: à la diète, anti-douleur, pas de course ni de jeux, exercices kinésithérapeutiques (pétrissage de la graisse dorsale et flexions de la queue pour désenkyloser tout ça), repos.

Ainsi Goui-Goui explosa tous les records en se blessant à peine 5 minutes après son arrivée chez Nany, réduisant à néant toutes les belles promesses de ces vacances par la même occasion.

Mais comment allait donc se passer le séjour de cette pauvre petite pintade malheureuse?

Eh samoussa nana naniiii

J’étais en voiture avec ma mère, on écoutait la radio. J’avais énormément de mal à percevoir et reconnaître les chansons qui passaient. Et puois un morceau passe. Instantanément je le reconnais, alors que c’est de la véritable bouillie musicale qui passe ma cochlée. Une chanson brésilienne que j’ai souvent entendue quand j’étais petite. Un air que je fredonne depuis des années dans un vieux yahourt portugais dans l’espoir de retrouver le titre un jour. Et là, il est passé à la radio et dans mon implant cochléaire. Magique.

ON T’A DIT QUE C’ÉTAIT ROUGE PIÉTON BORDEL

Comme beaucoup de déficients visuels, j’ai une télécommande pour déclencher les feux sonores aux passages piéton. J’appuie sur le bouton et une voix annonce: « ROUGE PIÉTON. ROUGE PIÉTON. ROUGE PIÉTON. ». En boucle. Puis quand le feu passe au vert c’est une ritournelle: « DING DONG, DING DONG, DING DONG ».

Souvent lorsque je déclenche un feu sonore des gens sont en train de traverser et la voix se met à beugler: « ROUGE PIÉTON ».

Et moi je pense: « hin hin hin maintenant tout le monde SAIT que vous grugez, j’espère que vous crevez de honte bande de racailles!! ».

Manille forever

Ce matin, la séance de rééducation avec mon orthophoniste était dans la cafétéria de l’hôpital. Nous avons quitté son bureau, traversé plusieurs couloirs, emprunté un ascenseur, fait la queue pour nous prendre un chocolat chaud. Bref nous avons fait une petite balade et croisé plein de monde. Manille était là pour me guider et a très bien travaillé.

De retour au service ORL, nous croisons mon chirurgien.

« J’adore votre t-shirt! » m’a-t’il dit.

Et là j’ai réalisé que j’avais choisi de porter, pile ce jour-là, mon fameux t-shirt avec le slogan: « ma vie n’est pas parfaite, mais c’est pas grave j’ai mon chien », illustré d’un dessin de Manille et de moi avec nos prénoms écrits juste en-dessous.

Je pense que c’est un coup de maraboutage de Manille, pour se venger du 1er avril où j’avais accroché un petit poisson en papier sur son harnais.

La valse Viennoise de mon flan de cerveau

Aujourd’hui mon orthophoniste m’emmene faire ma rééducation dans la cafétéria de l’hôpital, le but étant d’évaluer ma compréhension dans le bruit. Le thème de la séance est la géographie…

Mon orthophoniste: Est-ce que vous savez elle est connue pour quoi, l’Autriche?

Moi: Heuuuuu… La Seconde Guerre Mondiale?

Mon orthophoniste: Oui bon d’accord, mais pour quoi elle est BIEN connue?

Moi: Ah ben la danse!

Ce matin je me suis réveillée à moitié en pleurs, parce que je rêvais qu’un prof m’avait donné des équations à résoudre et je n’y arrivais pas. Je crois que mon cerveau est un peu pété de la gelée en ce moment.

Chaton, chat thon (décidément trop de jeux de mots pourris à faire)

Cela fait quelques temps que le siphon de la baignoire est un peu bouché. L’eau a du mal à s’évacuer quand on prend notre douche.

Hier soir, après m’être lavée, je rejoinds Eren dans le salon. Celui-ci est en pleine explication de je ne sais plus quoi lorsqu’il est interrompu par un drôle de remue-ménage en provenance de la salle de bain. il va donc voir, allume la lumière dans la pièce et c’est une Stella complètement apeurée qui en sort en courant. En fait, la chatte aime beaucoup aller dans la baignoire en temps normal. Elle y est donc allée après ma douche, sauf qu’il restait un petit fond d’eau dedans. Elle a paniqué et s’est jetée contre les parois de la baignoire avec force, fracas et désespoir.