Aujourd’hui je vais vous raconter une belle histoire.
Je me souviens d’un ancien post Instagram de Baptiste Beaulieu (un auteur que j’aime beaucoup qui est également médecin) dans lequel il racontait que l’une de ses patiente lui avait ramené des sacs de couscous qu’elle avait préparé pour des réfugiés Ukrainiens qu’il hébergeait chez lui. Il disait qu’avec sa notoriété c’était facile de céder au cynisme et de suspecter que le geste était intéressé. Sauf que la dame avait préparé ce plat dans des proportions astronomiques (si je me souviens bien elle avait mis tout ça dans plusieurs sacs de courses) et avait porté ça toute seule sur une bonne distance alors qu’elle avait un certain âge et une jambe « un peu malade ». A priori c’était de la gentillesse à l’état pur, un geste altruiste qui n’attendait pas de reconnaissance ni quoi que ce soit en retour. C’est un peu ce que je racontais dans Assistanner. On pourrait se dire que je suis soupe-au-lait. Il est probablement vrai que je deviens un peu aigrie avec le temps mais à force il y a des « mains tendues » que je ne supporte pas car elles ne me semblent pas spontanées ou bien on me tient la jambe pour m’aider à tout prix. J’imagine que des fois j’ai tort, cependant les expériences m’ont rendue méfiante.
Quand Gary est venue me voir cet automne nous sommes allées chez un torréfacteur dans le centre-ville. Il s’agit d’un « coffee shop », un lieu où on peut boire et acheter du café. On y était allées avec nos cannes et nos têtes de championnes. Pour communiquer avec la personne de l’accueil, Gary écrivait sur une feuille. Entre nous deux on utilisait une communication tactile (mélange d’écriture furtive, de protactile et de Langue des Signes tactile). On a acheté des boissons à emporter (car la boutique fermait) et Gary a pris divers sachets de café en grains. Ce jour-là j’ai pris un cappuccino.
