Du noir au braille | Evelyne Kommer | Mission Évangélique Braille (1996)

Fiche BookBuddy de Du noir au braille d’Evelyne Kommer.

Petit partage spécial en ce 4 janvier, journée mondiale du braille.

J’ai ouvert cette méthode le 8 décembre 2020 et l’ai refermée le 31 décembre de la même année. Il m’a fallu ensuite un mois pour travailler ma lecture du braille et lire « plus fluidement ».

Ça m’éclate toujours car ça a l’air d’impressionner les gens quand je dis que j’ai appris le braille en 3 semaines. Or ça n’a vraiment rien de glorieux. Déjà, l’alphabet (noir) je le connaissais déjà donc j’ai juste eu à passer de la forme visuelle à la forme tactile des lettres. Il s’agissait pas d’intégrer un nouvel alphabet (cyrillique, hébreu, arabe, etc). Ensuite, figurez-vous que j’étais déjà bien malvoyante et que je perdais de plus en plus mon ouïe. Je ne pouvais quasiment plus aller sur mon téléphone pour consulter mes réseaux sociaux ou mes messages, écouter de la musique, suivre un film ou une vidéo. Mon occupation du soir c’était de faire la vaisselle et de passer l’éponge sur mon plan de travail après le repas, et à 21h j’étais au lit à me tourner les pouces. Croyez bien qu’apprendre le braille c’était non seulement un moyen de m’occuper sur le moment mais ça voulait dire faire plus de choses après.

La méthode est organisée ainsi: les nouveaux caractères sont présentés par ordre croissant de difficulté et non par ordre alphabétique de façon à ce que ça soit plus facile de s’y familiariser. Sur une page on vous présente quelques caractères (lettre, chiffre, symbole) en braille et en relief. La version « noir » est retranscrite en relief en très gros ainsi que la version braille. Cela vous permet d’apprendre par vous-même si vous avez déjà bien perdu votre vue (c’était mon cas). Il y a ensuite quelques pages d’exercices en braille avec des mots/des phrases formés avec les caractères que vous avez déjà appris. Ensuite il y a une nouvelle page avec d’autres caractères et rebelote.

Après avoir appris l’alphabet braille il m’a fallu 1 mois pour gagner en vitesse de lecture et être plus à l’aise avec les lignes. C’est ce que je trouve le plus dur dans l’apprentissage du braille (même si c’est pas insurmontable). Se déplacer sur une page de ligne en ligne ça demande de la persévérance. Pour ma part je lisais un peu tous les jours un recueil de fables modernes pour enfants. Ça m’a permes de me familiariser avec la localisation dans la page. Je vous mets les références de ce livre juste en dessous, je pense que des poèmes pas trop compliqués font également l’affaire.

Couverture de Il était une fable de Pascal Teulade et Adrienne Barman (livre braille).

Fiche BookBuddy de Il était une fable de Pascal Teulade et Adrienne Barman.

La petite anecdote rigolote c’est que les exercices dans la méthode sont des phrases toutes bien espacées les unes des autres. C’est sur la dernière page d’exercices qu’il y a un petit texte sur plusieurs lignes, avec un espacement « normal ». Quand je l’ai vu je me souviens avoir chouiné intérieurement: « Je vais jamais y arriver ». Stupide car j’avais déjà appris tout l’alphabet braille, ce n’était que l’ultime étape.

En conclusion, je vous encourage vraiment à apprendre ce bel alphabet que vous y voyez encore ou non. Le braille ce n’est pas dur c’est même logique et ça permet de faire plein de chose. Par contre si vous pensez au braille par rapport aux boîtes de médicaments, oui je comprends que ça paraisse carrément gerbant et décourageant.

Il y a un débat stérile qui oppose le braille à la synthèse vocale. Je vous dirais que les 2 sont complémentaires, en revanche j’ai clairement été dépossédée de l’écriture et je ne m’en suis rendue compte qu’en devenant brailliste.

Et le débat avança

L’autre jour en allant au marché il y avait une voiture garée n’importe comment en travers de la rue. Manille m’a fait passer tout doucement dans le passage étroit entre la voiture et le mur.

Une fois le véhicule dépassé j’ai levé les yeux au ciel en soufflant. Manille qui venait de manoeuvrer avec la précision d’un camioneur sur un lac gelé (« ohlala Bbi tu fais 2 mètres sur 2 mètres ça va jamais passer ») a dû avoir une seconde de relâchement puisqu’elle a essayé d’aller vers un petit chien en laisse. Là-dessus j’ai fait ce qu’on m’avait appris à l’école de chien guide, j’ai tiré sur sa laisse de la main droite (doucement, je ne l’ai pas fait décoller du sol non plus) en disant: « Non Manille, allez tu travailles ». Manille s’est immédiatement reconcentrée et a continué sa route comme si de rien n’était.

Et c’est ainsi que nous arrivâmes insouciantes et rêveuses au marché.

PENDANT CE TEMPS

La propriétaire du petit chien a pris à témoin le type qui marchait derrière moi.

– Cette personne est méchante, a t’elle dit (enfin j’’en sais rien j’étais pas là et quand bien même j’aurais été là j’aurais rien entendu avec mes oreilles de souche, bref je retranscris juste l’histoire), vous avez vu comment elle a tiré sur la laisse pour pas que son chien fasse un bisou au mien? C’est de la maltraitance animale!

Mais oui, quelle connasse cette Bibi!!! Honte à elle, elle mérite de se faire lapider sur la place publique avec des chouquettes (chouquettes que Manille aurait le droit de manger derrière bien évidemment)!!!

Sauf que le type en question c’était Père.

(Là il faut m’imaginer arrivant au marché toute souriante avec Manille et dire à la marchande de légumes: « J’attends mon père et mon cabas! », pensant naïvement qu’il s’était arrêté devant une vitrine ou la camionnette de pizza.)

Apparement les deux se sont pris le chou sans que l’échange n’aboutisse à rien. Père a fini par tourner les talons en disant paraît-il:

– C’est ma fille, bavarde avec mes pieds, va te jeter dans la mer, c’est toi qui est vilaine!

Et la dame a répondu:

– vous êtes méchant! Voilà pourquoi je préfère les animaux aux humains!

Souvenirs d’EHPAD #18 : le bowling

L’une des activités que l’on mettait fréquemment en place était le bowling. Les quilles et la boule étaient en mousse de sorte à ^e que les résidents puissent les manipuler facilement (et accessoirement n’explosent pas le parquet avec la boule). J’aimais bien ramener ma fraise avec des anecdotes fort divertissantes pour distraire la galerie…

Moi: Vous vous rendez compte que des fois il y a des compétitions avec plus de cent quilles!

Mon collègue de service civique: Ah oui? T’as vu ça où?

Moi: Heu, sur la Wii… Wii Sport Resort…

2024

Pour ce premier article de 2024, pour ce premier lundi de janvier qui tombe un 1 en plus (décidément le hasard du calendrier) j’ai eu envie de faire un article girly-paillettes spécial bonnes résolutions pour 2024. Alors bon, disons que j’aime bien l’idée de renouveau et de commencement symbolique même si en soi penser ces « résolutions » maintenant ou en mars ne change rien. Disons que c’est l’occasion. Alors bon, je vous propose plutôt une petite liste d’objectifs et de cases à cocher tout au long de l’année.

  • De la lecture. J’aimerais notamment lire plus de « classiques », par exemple j’ai envie de relire Knock que j’avais eu à lire en 3e et que je pense je n’avais pas toutes les cartes pour bien l’apprécier à l’époque.
  • De la musique. J’aimerais essayer de nouvelles expériences et aller dans des endroits où il y a de la musique, avec ou sans implant. J’ai par exemple découvert il y a peu l’existence des gilets vibrants.
  • De l’exercice physique. Oui bon je le mets dans ma liste même si à l’heure où je prépare cet article j’ai déjà planifié mon premier cours de pole dance en janvier. Je vous prends à témoin.
  • DU voyage. Je vous l’ai vaguement expliqué, sortir de ma grotte c’est sortir de ma zone de confort. Il va falloir se motiver un peu et partir à l’aventure. J’aimerais réussir à me rendre dans des endroits pour lesquels je n’ai pas fait de repérage en amont, prendre le train seule (j’ai passé près de 4 ans à prendre la ligne 13 matin et soir, est-ce qu’en comparaison le TGV ça serait pas une promenade de santé?), vadrouiller quoi. Oui c’est bateau mais moi ça me fait claquer des genoux.
  • De l’apprentissage. Quand j’aurais réussi à monter dans mon TGV j’iras rendre visite à cette copine SourdAveugle qui essaye de me convertir au protactile, un système de communication (entre autre) qui m’est encore bien mystérieux. Et, ça fait 4 ans que je le répète, mais il va falloir se mettre à la LSF au bout d’un moment. Puis tant qu’à faire pourquoi pas parler de réapprentissage et se remettre à l’anglais, à l’italien et au bok… au norvégien?

En bref, pour résumer en 2024 je souhaite de la nouveauté. Du nouveau, de nouvelles expériences, de nouve1kx projets, de nouvelles choses. New year new me, comme disent les girlies-paillettes.

Bilan 2023

Il est l’heure de clore cette année par un dernier article. Je ne sais pas par où commencer.

Vous aurez probablement remarqué qu’il y a eu un changement de rythme dans les publications à partir de mai. Il est devenu plus régulier avec un article par jour du lundi au vendredi. Pour être franche il se peut que certains évènements de ma vie m’aient donné une petite impulsion pour m’investir un peu plus dans ce Blog. J’espère que mon écriture s’améliore aussi et est de plus en plus agréable à lire (je dis ça parce que mes vieux articles ont tendance à me hérisser le poil quand je les relis).

Donc voilà, je suis contente que le blog ait pris un peu plus de place dans ma vie et me demande du « travail à fournir ». Façon de parler bien entendu, évidement je ne vais pas à la mine tous les matins et je ne dépends pas financièrement de mon site (ce qui est bien dommage entre nous) mais c’est vrai que c’est gratifiant d’avoir à s’organiser et à faire des projets dans le temps. Je me sens plutôt chanceuse car je fais vraiment ce que je veux et ça me plaît beaucoup d’écrire.

Sur le plan personnel il y a eu quelques changements majeurs c’est vrai. On y revient encore mais ce blog me pousse un peu à sortir de ma zone de confort et à essayer de faire des expériences: je suis très peu sociable et très casanière par nature mais je sais qu’il faut que j’aille hors de chez moi chercher des trucs à raconter.

La rééducation s’arrête pour moi (et pour rappel j’ai créé ce blog peu après ma première implantation donc ça date). Il semblerait que mes résultats avec l’implant cochléaire ne soient pas extraordinairement bons. En tout cas c’est le minimum que j’en tire. Ça m’aide au quotidien mais pour la parole c’est pas le plus simple. C’est pas bien grave, il y a tellement d’options pour communiquer malgré tout.

Je n’ai toujours pas commencé le sport car j’ai eu des soucis avec mes poignets à partir de cet automne mais ça va mieux et je compte me rattraper très bientôt (accrochez-vous, anecdotes sportives de l’espace en approche).

Manille et Stella sont toujours mes colocataires à moustaches préférées. Manille a été très malade à la mi-novembre mais elle a désormais un diagnostic avec un traitement à vie adapté à sa pathologie. Elle va beaucoup mieux et a retrouvé son énergie. Stella est quant à elle un peu déçue car le projet de parc d’attractions félin dans le bureau (Stellaland) a été mis sur pause quand la chienne a fait sa crise d’hépatite.

Je dirais donc que globalement le bilan de cette année 2023 est positif. De nouvelles perspectives s’ouvrent à moi et c’est du grain à moudre pour ce blog.

(Je m’étais dis « Ouais je vais faire un bilan annuel comme dernier article pour 2023, c’est finguer in the nose y a rien à faire », mais en réalité l’exercice est super compliqué.)

Je terminerais donc cet article en vous disant merci, vous qui me lisez. Si vous n’étiez pas là ce blog existerait quand même mais ce serait clairement moins motivant et drôle pour moi d’y raconter des choses. Donc, merci d’être là. J’espère que ce blog est une sorte de divertissement et que mes écrits vous accompagnent tout au long de votre semaine.

Réveil matinal. Manille est assise à côté du lit et Stella derrière est assise sur le radiateur.
Manille, Stella et moi-même vous disons à l’année prochaine!

Lectures 2023

Nous arrivons donc au dernier jeudi de 2023 et en cette occasion je vous partage un petit récapitulatif de toutes mes lectures de l’année que je vous ai déjà partagées sur ce blog. Je vous ai glissé les liens de chaque article, vous n’avez plus qu’à cliquer sur le titre qui vous intéresse pour y accéder.

Je suis contente d’avoir ouvert la catégorie « 20h18 Lecture » même si je pense que ce n’est pas la plus populaire de ce blog. J’adore lire depuis que je suis petite et mes pertes visuelle puis auditive m’ont amenée à explorer d’autres supports de lecture, d’abord avec des livres audio puis avec des livres en braille/des ebooks. En 2024 j’aimerais continuer à vous partager régulièrement (plus ou moins, selon mon rythme) mes lectures et peut-être aussi des réflexions sur l’accessibilité de celle-ci ou encore des outils et des applications que j’utilise dans ce domaine. On verra bien!

J’espère que cette catégorie d’articles vous plaît malgré tout, je sais bien que tout le monde n’y trouve pas forcément son intérêt. J’essaye vraiment d’écrire des chroniques littéraires moins « bookstagrameuse » et de les rendre plus personnelles, plus rigolotes pour que vous y trouviez du plaisir à les lire même si les bouquins c’est pas votre truc. J’espère réellement que ça s’est ressenti sur les dernières chroniques que j’ai publié.

Voilà je vous souhaite une bonne lecture, de mes articles ou des livres eux-même, c’est vous qui voyez.

Locomotive

L’autre jour chez mes parents, alors que je traverse le salon d’un pas vif et déterminé, je percute de plein fouet un objet. Je tends la main et découvre les fesses de quelqu’un penché en avant.

Moi, avec un accent mi inquiet mi wesh-wesh du 93: C’était qui?!

C’était ma mère.

Souvenirs d’EHPAD #17 : les illumination de Paris

Un après-midi de décembre, comme le soir tombait tôt, on est montés dans deux vans avec quelques résidents pour aller voir les guirlandes de Noël à Paris. J’étais au milieu sur la banquette arrière de l’un des vans et à ma droite se trouvait Madame Canari. La dame, qui avait un Alzheimer très avancé et une mémoire à court-terme limitée, n’arrêtait pas de me tapoter sur l’épaule pour me montrer les monuments devant lesquels nous passions. Tiens, là c’est tel truc, ici c’est tel machin (oui, non, je ne me souviens plus de ce qu’on avait vu). Et oh ça alors, voilà le restaurant où elle était allée pour son mariage. Marrant la mémoire quand même.

Moi moche et méchante (et faible)

L’autre jour je me suis penchée sur la gamelle de Manille que je venais de remplir d’eau et j’ai crié:

– Sapristi! Mais qu’est-ce que c’est!

Manille est venue voir, l’air très intéressée. Puis elle a eu l’airtrès triste et déçue. Ça m’a fait de la peine et du coup je lui ai donné une friandise.

On n’a plus de PQ!!! (papier qadeau)

Un concept au bout du rouleau

L’article qui tombe à pic à deux jours de Noël.

Quand j’étais en première j’ai dû lire Gargantua de Rabelais. Dans sa préface (ou son prologue, je ne sais plus) Rabelais dit de ne pas se fier à la couverture du livre car il y a une histoire de substantifique moelle, c’est comme Socrate qui était intelligent et philosophe (c’était Socrate) mais il était laid comme une pelure d’oignon. J’ai eu 16 à mon oral de français (bien que je sois tombée sur Les liaisons dangereuses et pas Gargantua, auquel cas j’aurais probablement eu les félicitations du jury).

Si je vous raconte ça c’est pour vous inviter à déconstruire vos représentations des emballages de cadeaux. Oui, pourquoi le papier devrait être plus clinquant que son contenu? Est-ce qu’un emballage simple ne suffirait-il pas tout en rehaussant la beauté et le bon goût d’un présent?

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