Dialogue de l’espace avec Père #13 : Le retour du crop top

Manille est toute déplumée à la suite de son opération car elle a été rasée sur les pattes avant, un peu sur la patte arrière droite, un peu sur le cou, sur une bonne partie du dos et sur tout le ventre. Il va peut-être falloir la couvrir afin qu’elle n’ait pas froid. Père et moi préparant son retour par message:

Moi: Je prendrais le petit Manteau et le t-shirt de Manille. Je t’assure que le t-shirt est bien, on fera un essai au pire pour voir.

Père: Peut-être un t-shirt un peu plus joli ! Je vais regarder ce que j’ai, le blanc est pas terrible, je trouve que ça ne lui va pas trop.

Moi: Moi je trouve que ça fait ressortir son poil.

Souvenirs d’EHPAD #14 : Madame Fusée

Madame Fusée était un peu spéciale. Elle était assez atteinte cognitivement et avait pas mal d’idées obsédantes. L’une d’entre elle concernait les toilettes. Elle n’arrêtait pas de réclamer les toilettes aux aides-soignantes en disant qu’elle avait envie de faire pipi alors qu’il n’en était rien. En tout cas elle ne faisait rien et ses tests médicaux n’avaient montré aucun problème urinaire. C’était comme ça, ça faisait partie de son vieillissement. Il fallait être très patient avec elle.

Un jour, alors qu’on allait lancer une activité avec mon collègue de service civique, elle a commencé avec son idée de pipi. Il me semble qu’elle a essayé d’aller aux cuisines en pensant que c’était les toilettes et quand mon collègue a essayé de la ramener sur la place du village elle a mis les freins de son fauteuil roulant. Une mule. Je suis intervenue, reine de la patience que j’étais, et lui ai proposé de l’emmener dans les toilettes juste à côté. J’ai poussé le fauteuil sur 2 mètres mais avec mon scotome central c’était pas de la tarte. Les toilettes du rez-de-chaussée s’ouvraient avec une porte coulissante, elles étaient assez larges pour y rentrer avec un fauteuil roulant et la lumière s’allumait automatiquement grâce à un détecteur de mouvement. J’ai poussé Madame Fusée dans les toilettes puis je suis sortie en fermant la porte derrière moi. Elle était en capacité de se lever de son fauteuil et de se débrouiller pour son affaire.

On a lancé l’activité dans la salle juste derrière les toilettes. Au bout d’une heure, quand l’activité s’est terminée, les résidents sont sortis. Mon collègue et moi étions en train de ranger quand l’une des résidentes est revenue pour nous dire que « ‘y a une dame qu’est dans les toilettes dans le noir ». En fait Madame Fusée était restée devant la cuvette sans bouger de son fauteuil et la lumière avait fini par s’éteindre.

Vous vous direz sans doute: « Bibi t’es horrible, t’as enfermée une pauvre vieille dame sans défense dans les waters », mais curieusement le simple fait d’être dans cette pièce l’avait calmée.

Yure vet

Pendant toute l’absence de Manille il m’est arrivé de faire tomber à manger par terre ou de me retrouver avec du fromage plein les doigts et de me dire: « Pas grave, ce sera pour Manille! Ah bah non en fait… ».

En bokmal (un des dialectes norvégien mais je sais pas comment faire le rond sur le « a » en braille) le mot pour « agent d’entretien » pourrait se traduire par « faiseur de propre ». C’est joli. Manille est une faiseuse de propre un peu.

J’ai appris le bok… le norvégien il y a 4 ans mais en phonétique/à l’oral seulement. Je suis donc complètement illettrée dans cette langue. Ainsi, le titre est ce mot tel que je me le suis représenté dans ma tête mais il ne s’orthographe absolument pas comme ça en réalité.

Le premier jour du reste de ta vie (titre plagié)

Le 4 décembre est une date ancrée dans ma tête. D’une part car c’est la date d’anniversaire d’une ancienne copine de collège. D’une autre part car c’est le 4 décembre 2020 que j’ai appris que j’avais une neuropathie auditive et que j’étais en train de devenir sourde pour de bon.

C’était un vendredi. Le mercredi 2 décembre j’avais un rendez-vous pour passer une IRM de la tête. Je me souviens avoir chouiné quand mon père m’avait annoncé que j’allais recevoir une injection pour cet examen. Il avait tenté de me rassurer en me disant que ça faisait pas plus mal qu’on petit piercing. Ça m’avait fait sourire car j’avais fait deux malaises vagales pour mon piercing au septum. L’IRM n’avait révélée aucune lésion, aucune tumeur donc l’espace d’un instant on était soulagés. On se disait que ça irait.

Le 4 décembre j’avais rendez-vous à Bicêtre pour passer une analyse fonctionnelle. On m’avait fait allonger sur un fauteuil, collé des électrodes sur la tête et balancé du bruit dans un casque pour observer mes potentiels évoqués (je ne sais pas si on peut dire que j’avais encore un quelconque potentiel auditif à ce moment-là). Cet examen n’était pas particulièrement douloureux mais ce qui le rendit atroce (et c’est le drame de ma vie, cf mes réveils post-opératoires que je vous conterais bientôt) c’est que j’eus tout le long une furieuse envie de faire pipi.

J’avais eu l’excellente idée de boire mon thé de Noël avant de venir mais faut croire que 2h entre le thé et l’examen c’était pas suffisant pour ma vessie. La colle pour faire tenir les électrodes était périmée et l’interne qui s’occupait de me préparer pour l’examen avait dû s’y reprendre à plusieurs fois. Il avait dû mettre une bonne dizaine de minutes pour faire tenir tout son bazar. J’avais doucement commencé à sentir la douille urinaire venir mais comme la pose des électrodes avait été ardue je n’avais rien dit. L’examen avait commencé, l’interne avait éteint la lumière et le casque sur mes oreilles diffusait ce qui me semblait être un bruit de marteau-piqueur. Plus ça allait et plus j’avais envie de faire pipi. Et plus l’examen n’en finissait pas.

À un moment l’interne a quitté mon champ de vision (réduit de base et encore plus réduit par le port du masque). J’ai pensé que j’allais faire un malaise toute seule dans cette pièce plongée dans le noir et qu’on allait me retrouver par terre convulsant dans une marre de pisse (l’idée est ridicule mais j’étais focalisée sur ma vessie, pas sur ma rationalité). J’ai commencé à paniquer et à hyperventiler. L’interne est réapparu (en fait il avait quitté mon champ de vision mais pas la pièce), il m’a tapoté le bras pour me rassurer et Père est venu me tenir la main.

C’était très long. J’en pouvais plus. À un moment j’ai écrit un truc dans la main de Père pour lui demander combien de temps il restait mais il a pas compris. J’ai dû recommencer plusieurs fois. Il a fini par m’écrire « 3 » et j’ai pensé que 3 minutes ça allait, que j’avais fait le plus dur. Ensuite il a rajouté un 0 après le 3 et j’ai pensé: « Putain je vais crever ». Heureusement pour moi il s’agissait d’un quiproquo et en réalité l’examen s’est rapidement terminé.

Après ma pause pipi j’avais eu le fameux examen qui consiste à écouter des sons pour dire quand on les entend ainsi que les mots qu’il faut répéter. À l’issue de tout ça Père avait eu quelques explications et il m’avait dit à l’accueil que j’avais un problème de nerf. Je me revois m’arracher les cheveux en pleurant dans le couloir, me demandant qu’est-ce que c’était que ça encore. Sur le chemin du retour je m’étais calmée et j’avais décidé d’apprendre le braille parce qu’a priori mon souci d’audition n’allait pas s’arranger.

Voilà donc ce que m’évoque le 4 décembre. Joyeux anniversaire, surdicécité.

Dialogue de l’espace avec Père #12 : Ambulance canine

Père et moi discutant du moment où l’on viendra chercher Manille après son opération à l’école vétérinaire de Maison-Alfort…

Père: Je vais démonter le siège passager comme ça elle aura plus de place et elle pourra s’étendre.

Moi: On peut la mettre dans le coffre sinon.

Père: Oui mais va falloir la porter pour la mettre dedans.

Moi: Et si on fait un système de rampe?

Père: Ça sera trop haut.

Bref j’ai été reléguée sur la banquette arrière.

Black Friday (Cherub tome 15) | Robert chamore Casterman Jeunesse (2020)

La fiche BookBuddy de Black friday de Robert Muchamore.

Mon avis

Ce tome 15 signe le retour (j’aime bien cette expression, ça fait très sensationnel) de James au campus de CHERUB.

Alors. Vous savez désormais que CHEHUB est ma série littéraire préférée. Je vous annonce que le tome 15 est l’un de mes favoris. Déjà il se passe énormément de choses dans ce roman, tant du côté de la mission initiale que de celui du retour de James. Un des chapitres m’a fait pleurer et je crois que c’est bien la première fois à la lecture d’un Cherub. L’atmosphère était peut-être un peu moins légère car les évènements qui arrivent sont sans précédents dans la série mais on se retrouve quand même plongé au coeur de cette agence si particulière.

Je me souviens avoir lu des commentaires à propos du tome 12 de gens mécontents que l’aventure Cherub se poursuive sans James. Premièrement, il avait bien le droit de faire sa vie James hein. Deuxièmement tout était calculé, en tout cas c’était un au revoir pour mieux se retrouver ensuite. Dans ce tome James a 21 ans (ouch) et revient sur le campus pour donner un coup de main en tant que formateur. On ne l’avait pas revu depuis la fin du tome 11. J’ai beaucoup aimé le jeune adulte qu’il est devenu, je l’ai trouvé drôle et super chouette avec les plus jeunes. Il y a aussi plein de clins d’oeil par rapport au début de la série et à l’époque où James était lui-même agent de CHERUB.

Bon alors par contre je note un gros point noir concernant la traduction. Si elle semblait normale durant la première moitié du livre elle se casse complètement la gueule à la seconde et c’est le festival des incohérences: André devient Ryan, un cadeau de Noël devient un cadeau d’anniversaire, le jour de l’An devient Noël, j’en passe des vertes et des pas mûres mais la grande gagnante était sans doute celle de la soeur de James qui durant les 14 premiers tomes jusqu’à la première partie du roman s’appelle Loren et qui subitement à partir de la seconde moitié s’appelle LAUREN. Alors j’ai une petite théorie là-dessus (parce que j’avais tellement la rage que j’ai cherché qui avait traduit ce roman mais j’ai rien trouvé): la première partie a été traduite par une personne qualifiée détentrice d’un diplôme de traduction. La seconde partie a été confiée à un stagiaire de 3e, pas un stagiaire de 3e année de traduction non mais un stagiaire de 3e genre collège. Voilà. Merde.

Autrement je suis heureuse de retrouver James et j’ai hâte de découvrir les deux derniers tomes de la série. Et, une fois n’est pas coutume, je vous partage ici un petit extrait qui m’a fait bien rire (une pensée à mes proches qui me lisent et qui doivent en avoir ras le bol que je les bassine avec cette série):

Lorsqu’il avait accepté ce court intérim au sein de CHERUB, James s’était promis de respecter ses élèves, à l’image de Mr Pike et de Kazakov. Il avait trop souffert des méthodes brutales de Miss Speaks et de Norman Large, l’ancien instructeur en chef qui avait été chassé de l’organisation en raison d’innombrables actes de sadisme. Cependant, pour quelque raison obscure, il éprouvait une joie suspecte à l’idée de débouler dans la chambre d’un agent au beau milieu de la nuit et de lui flanquer la trouille de sa vie.
— Debout là-dedans ! hurla-t-il en flanquant un coup de pied dans la porte de la chambre 707.
Il actionna l’interrupteur commandant le plafonnier et arracha une couette aux couleurs de Manchester City.
Comme prévu, sa victime afficha une mine épouvantée puis posa les mains sur ses yeux.
— Qui… qui êtes-vous ? cria-t-il.
— Tu as dix minutes, Léon, gronda James. Habille-toi en vitesse, brosse-toi les dents et emporte de quoi grignoter dans le minibus.
— Je ne suis pas Léon, protesta l’enfant.
— Je te déconseille de jouer à ça avec moi, mon garçon…
— Je vous jure ! Je suis Daniel, son frère jumeau !
Pour prouver ses dires, il désigna une photo encadrée posée sur la table de nuit. James y découvrit Théo pendu au cou de son grand frère Ryan. À leurs côtés, Léon et Daniel affichaient des sourires forcés.
— OK, je comprends, bredouilla James. J’ai tapé Sharma sur le serveur, et c’est ton nom qui est sorti en premier. J’ignorais que vous étiez quatre.
— Vous trouverez mon frère deux portes plus loin.
James se rua dans le couloir et déboula dans la chambre 711 en criant :
— À nous deux, Sharma !
La jeune fille d’une quinzaine d’années qui occupait le lit poussa un cri perçant et disparut sous la couette.

Quatrième de couverture

Quand l’organisation CHERUB se retrouve dans l’impasse, une seule solution : faire revenir James Adams !
Le clan Aramov est à l’agonie. Après trois ans de travail d’infiltration, la plus longue mission de l’histoire de CHERUB touche à sa fin. Ryan Sharma et Yosyp Kazakov sont à bord d’un avion-cargo à destination de l’Alabama. Leur mission : contrer la plus importante attaque terroriste jamais menée sur le territoire des États-Unis.
Une opération à haut risque dont l’issue pourrait changer la face du monde…
CHERUB est une unité de renseignements composée d’espions âgés de 10 à 17 ans.

Tyranie féline

Comme vous le saviez peut-être déjà, Manille a une hépatite et a fait une première crise l’an dernier. Elle était sous traitement depuis lors (les fameux bonbons à 78e la boîte que sa mutuelle ne rembourse pas car « C’est un médicament de confort »). En octobre ses analyses étaient bonnes donc ma vétérinaire m’a proposé de faire une pause avec ce traitement et de faire un contrôle 2 mois après. On sait pas si c’est lié mais quoi qu’il en soit elle a fait une rechute le lundi 13 novembre avec notamment une grosse perte d’appétit. Mardi 14 on a été une première fois chez ma vétérinaire habituelle qui l’a remise sous traitement. Le jeudi elle ne mangeait toujours pas donc retour chez la vétérinaire qui lui a fait une prise de sang. Les résultats étaient pas bons du tout et elle nous a dit de filer aux urgences vétérinaire. Manille a été hospitalisée une première fois à l’école vétérinaire de Maison-Alfort le jeudi 16 novembre, je l’ai récupérée le lundi 20 et ramenée dans la foulée le 21 car son état m’inquiétais. Elle a subi des biopsies du foie et une ablation de la vésicule biliaire le jeudi 23 et je l’ai récupérée le lundi 27. Ça a l’air d’aller mieux: elle retrouve son appétit et récupère de son anesthésie. J’imagine que c’est un peu bizarre car l’info tombe que maintenant alors qu’il y a eu des anecdotes avec elle dernièrement. En fait je prépare mes petits billets à l’avance de façon à en avoir sous le coude pour publier une fois par jour du lundi au vendredi. Les sorties d’articles sont « moins spontanées » mais tout ce que j’écris m’est arrivé ou m’est passé par la tête à un moment et bien souvent je l’ai rédigé AVEC PASSION. J’avais pas le coeur à raconter des histoires quand Manille était pas bien, en tout cas je ne me sentais pas de le publier tant que son état ne se serait pas amélioré.

Manille a donc été absente de la maisonnée durant plusieurs jours et moi je me suis retrouvée en tête-à-tête avec l’autre colocataire à moustaches, à savoir Stella. Il faut croire que je suis également devenue la seule distraction de cette chatte puisqu’un matin cette salet… ce petit minou (restons prudente Bibi) est venue me voir tandis que je larvais sous ma couette et, trouvant sans doute qu’il était temps que je me lève, m’a MORDUE.

Souvenirs D’EHPAD #13 : l’anniversaire

C’était un jeudi, jour où parfois on fêtait les anniversaires des résidents. Au milieu de l’après-midi on a commencé à inviter les gens à aller dans la salle de restaurant pour la petite fête.

Il y avait une dame qui n’avait pas très envie d’y aller alors je l’ai motivée en lui disant qu’il y aurait du gâteau, des cadeaux, et que surtout c’était son anniversaire qu’on fêtait quand même. Elle s’est finalement décidée et m’a remerciée de l’avoir encouragée à venir. Je l’ai accompagnée jusqu’à la salle à manger. J’allais lui proposer une place à la table d’honneur, la table réservée aux résidents dont on fêtait l’anniversaire, quand ma cheffe est arrivée et l’a emmenée à sa table habituelle. En fait c’était pas son anniversaire.

Ce jour-là j’ai compris qu’heureusement que je travaillais avec des personnes âgées atteintes de troubles de la mémoire et pas avec de jeunes enfants.

Chien guide à la vie à la mort

Manille a peur des trottinettes. Ainsi l’autre jour quand un type est arrivé en face de nous avec sa trottinette elle s’est figée. Ensuite la poignée du harnais m’a échappée et elle en a profité pour aller se cacher derrière moi.

Pour la crédibilité on repassera.

La Belle aux bois dormants (version Leader Price)

J’avais eu du mal à trouver une position pour dormir durant un bon moment, me tournant et me retournant dans tout les sens avant d’enfin trouver à en trouver une quand, enroulée dans ma couette tel un gros burrito, j’ai senti Stella marcher sur mon dos et se diriger vers mon oreiller pour réclamer des caresses.

Moi, intérieurement: C’est hors de question que je sorte le bras de sous cette couette. Je vais garder les yeux fermés, elle finira peut-être par partir.

Stella, m’observant longuement de suffisamment près pour que je sente son petit souffle sur ma joue: Mh… Je sais que tu ne dors pas Bibi, arrête de faire semblant. (collant son museau à mon nez) DEBOUT LES MORTS!