La robe ensorcelée

J’ai exhumé ce texte il y a 2 ans pour l’offrir à Père à Noël. Ma soeur l’a lu à haute voix, très théâtralement, et ça m’a fait hurler de rire. Il s’agit en fait d’une petite nouvelle d’horreur écrite par mes soins quand j’avais 12 ans. On avait étudié les nouvelles d’horreur en classe et ça m’avait bien plu je crois. Je constate assez amèrement que mes écrits sont bourrés de fautes alors que j’avais demandé à ma mère de me relire. J’imagine qu’elle n’avait pas cru en mon génie (pas autant que moi en tout cas). Peut-être que reprendre cette histoire de robe-vampire en ferait un bon SCP, qui sait (je spoile un peu mais bon, vous m’en voudrez pas). J’avais écrit deux autres histoires que j’ai malheureusement égaré: l’une sur le diable qui aurait envoûté une guillotine pour se faire une armée de zombies décapités, une autre sur un arbre maudit qui ferait des fruits pourris et absorberait ses victimes (elle s’appelait L’arbre aux 1000 visages).
J’aurais aimé rajouter des petits commentaires en italique mais j’ai peur que ça dénature le texte. Je vous le partage tel quel, brut, avec les fautes. Libre à vous de vous faire une opinion sur la cohérence des faits.
Je vous invite pour votre soirée d’Halloween à vous regrouper autour d’un bol de chamallow, d’éteindre toutes les lumières et de lire à haute voix ma nouvelle d’horreur avec une lampe torche sous le menton. Vous ne ferez pas mourir votre auditoire de peur, mais de rire peut-être.
N’est pas maître de l’horreur qui veut.

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La vache

L’autre jour en consultation médicale le médecin me parle par SMS. Il commence en m’envoyant: « Bonjour madame, je vous écoute, dites moi ce qui vous amène ».

Ça m’a fait penser à: « Bonjour la Noiraude, qu’est-ce qui ne va pas encore? » et j’ai eu envie de répondre: « Docteur, j’ai encore un pète de travers ».

Illustration de la Noiraude, une vache toute noire (héroïne du dessin animé La Noiraude). Elle est debout à côté d’un poste téléphonique ancien (avec la « roulette » pour composer le numéro) et tient le combiné du téléphone près de son oreille.
(si vous n’avez pas la référence allez lire cette anecdote)

Merci à la gentille personne qui m’a dégoté cette splendide image de la Noiraude.

Sourire

Quasar sur ton visage, mirage sur ton blafard.
Il a quelque chose de rassurant et de doux.
Tu le portes si bien c’est de l’art,
L’arborant comme le plus précieux des bijoux.
Ma belle, tu sembles tellement rayonnante:
Irradiant tel un millier de diamants,
Avec la puissance d’une déferlante
Il inonde l’espace et le temps.

Tant de lumière, te voilà à jamais marquée:
Logée dans le creux de ta joue elle a pris place
Telle l’esquisse d’une lame aiguisée.
Les larmes, elles, ne laissent pas de traces
Et dans le fond ça t’arrange
Que ta balafre joue la comédie.
Souris mon ange,
Oublie que ton âme pourrit.

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Souvenirs d’EHPAD #8 : Canarocky

Atelier boxe à la résidence. Le prof avait enfilé ses pattes d’ours et s’était approché de Madame Canari.

Le prof: Allez Madame Canari, c’est à vous de boxer!

Madame Canari: Et si tu commençais par faire tes lacets d’abords?

Ding ding ding.

Sur les nerfs

Comme dit précédemment je vais participer à un cours collectif de pole dance. Avant cela un cours privé avec deux profs est prévu afin que je me familiarise avec l’environnement. Ce cours était initialement prévu le mardi 3 octobre mais l’une des prof a eu un souci de santé et il a été annulé. La seconde prof enchaînant avec une opération il n’a pu être reprogrammé que ce mardi 24 octobre. SAUF QUE.

Jeudi dernier j’ai été voir mon médecin pour faire renouveler mes ordonnances de Seroplex et d’antihistaminiques et j’en ai profité pour lui montrer ma main droite. En effet, cela faisait plusieurs jours qu’elle me gênait et que les symptômes ne disparaissaient pas. Verdict: syndrome du canal carpien, attelle pendant 3 semaines.

Il semblerait donc qu’une malédiction ait frappé ce premier cours de pole. Par chance le médecin m’a autorisé à lire et écrire sur ma plage braille malgré mon problème. Je pense qu’autrement je me serais immédiatement défenestrée de son cabinet (bien que ledit cabinet soit situé au rez-de-chaussée).

Le syndrome du canal carpien c’est une histoire de nerf comprimé dans le poignet (le nerf médian d’après Google). Nerf optique, nerf auditif, nerf facial et maintenant ça: j’en ai un peu marre de mes nerfs, ils sont pas très fiables.

Le petit chaperon noir (titre d’une véritable réécriture du Petit chaperon rouge au passage)

Père est tombé malade. J’ai préparé quelques effets et je suis partie lui rendre visite tel le petit chaperon rouge portant un petit pot de beurre à sa Mère-Grand, à ceci près que moi je lui apportais une grappe de raisin et deux auto-tests de covid (et que le loup des bois c’était Manille. Et qu’elle n’avait pas un bonnet de nuit sur la tête, ce qui est fort dommage).

Zéro déchet | Béa Johnson | Les arènes (2014)

La première fois que j’ai entendu parler du mouvement zéro déchet c’était en terminale à mon cours d’italien et ça donnait: « rifiuti zero ». Voilà c’était l’anecdote inutile de cette chronique littéraire.

L’ouvrage fait un point sur le ZD, ses 5 règles, comment l’auteure et sa famille l’ont progressivement adopté et des chapitres revenant sur certaines pièces ou activités du quotidien (les courses, les enfants, les loisirs, la salle de bain, etc). C’est apparement un incontournable du ZD.

Pour ma part je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’expose Béa Johnson. Elle présente le « cloud » comme la solution miracle au stockage de alors que le cloud pollue lui aussi et génère quand même du CO2 (elle explique notamment qu’elle fait des dossiers de fichiers-recettes et que certaines recettes sont en double dans plusieurs dossiers. Par exemple la tarte aux poireaux est à la fois dans le dossier « Tartes salées » et dans le dossier « Recettes d’hiver ». Perso je trouve que stocker la même recette à 2 endroits différents ça consomme de l’énergie pour rien). Ses conseils ménages sont pas mauvais mais ce n’est clairement pas une experte (elle dit qu’elle a remarqué qu’il y avait du bicarbonate de soude plus ou moins fin et de le choisir en fonction de ça pour se laver les dents, or c’est bon à savoir qu’il y a trois type de bicarbonate de soude et que l’un d’entre eux est exclusivement réservé à un usage ménager et qu’il faut surtout pas le consommer ou s’en servir pour se laver les dents). Elle propose pour limiter les déchets de passer aux cure-dents réutilisables en inox plutôt que d’utiliser des cures-dents jetables en bois (moi je serais d’avis qu’on a mieux à foutre de l’inox que d’en faire des cures-dents et que les gens peuvent se servir de fourchettes à dessert ou de leurs doigts). Pour ça et entre autres j’approuve pas à 100ö% ses idées.

Néanmoins, il faut reconnaître qu’elle pèse dans le ZD et que son travail aide bien à débroussailler le chemin quand on veut adopter un mode de vie plus écologique mais qu’on ne sait pas par où commencer. J’apprécie également la franchise dont elle fait preuve: elle raconte son ancien mode de vie et des « caprices » qu’elle a pu faire (aux USA la taille de la bague de finçailles en dit long sur vos moyens financier et elle a supplié son fiancé de lui acheter une bague plus grosse que celle qu’il lui avait déjà offerte pour se pavaner devant ses copines. le reconnaître publiquement c’est pas rien je trouve). Je vous dis ça car j’ai voulu lire un autre ouvrage sur le ZD et l’auteure pratiquait malhonnêtement la technique de la confiture de rose des bois sur un morceau de parpaing en crépi: « Évidemment, bien que moiiii je laisse mon corps libre et en friche, je ne vous juge pas si vous vous épilez ou vous rasez les aisselles. C’est mieux et plus écologique si on ne touche pas à ses poils mais il ne fopajugé! » (je grossis le truc mais c’était ça et ça m’a tellement énervée que j’ai pas fini le bouquin).

Lisez, feuilletez Zéro déchet, piochez-y des idées çà et là. Personnellement j’étais très sceptique au départ quand elle disait qu’elle mettait moins de temps à passer le balai que l’aspirateur, et finalement ça fait un an que je n’utilise plus qu’un balai.

Béa Johnson est une française installée aux États-Unis avec son mari Scott et leurs deux jeunes garçons. Elle s’est lancée dans une étonnante aventure : simplifier sa vie en réduisant ses déchets. Aujourd’hui, la famille Johnson n’en produit plus qu’un litre par an ! Dans ce livre, Béa nous dévoile des centaines d’astuces et de conseils pratiques pour adopter un mode de vie durable…

Souvenirs d’EHPAD #7 : Madame Limonade

Madame Limonade faisait une fixette sur son décès. Elle était très atteinte cognitivement et me donnait l’impression d’être déjà un peu partie.

Un matin, alors qu’on faisait la revue de presse à un petit groupe de résidents dans la salle TV, elle a débarqué dans le couloir. Elle faisait avancer son fauteuil roulant en traînant les pieds par terre et elle geignait: « J’veux mouriiir! J’veux mouriiir! ». Comme c’est mon collègue qui faisait la lecture et que je me contentais juste de rebondir (j’irais pas jusqu’à dir que je n’étais pas essentielle mais bon, cf: « Quel drôle d’accoutrement qu’ils ont les gilets jaunes, vous ne trouvez pas? ») je me suis levée de mon tabouret pour aller voir la dame.

– J’veux mouriiir! Vous vous rendez compte, j’ai 94 ans et j’arrive pas à mourir! a-t’elle geint.

– Mais non Madame Limonade, vous n’allez pas mourir! j’ai répondu.

Je regrette beaucoup de lui avoir dit ça. C’est ce que tout le monde lui répondait: vous n’allez pas mourir, Madame Limonade. Or, si on l’avait écoutée un peu elle ne disait pas qu’elle ne voulait pas mourir mais qu’elle VOULAIT. Elle n’était plus bien, elle était très tourmentée. J’aurais aimé lui répondre: « Mais si Madame Limonade, encore un petit effort vous allez y arriver! ». On a une vision trop sacrée de la vie mais parfois les gens ne vieillissent pas bien et c’est un peu comme s’ils mourraient avant leur corps.

Cette dame a fini par mourir durant mon service civique. J’ai ressenti un pincement au coeur en même temps qu’un soulagement pour elle quand j’ai appris son décès. Je pense que si elle aussi l’avait su elle aurait été contente.