On s’en friche

Je vais faire un tour au jardin avec Manille. Je m’accroupis pour toucher l’herbe. Un des voisins de l’immeuble l’a encore tondue: il ne reste presque rien et il y a comme des trous par endroits. On pourrait presque dire que la terre n’a plus un poil sur le caillou (des cailloux il y en a plein dans la terre par contre).

« Il devrait laisser cette pauvre pelouse respirer franchement » pesté-je intérieurement tout en arrachant une pâquerette pour Stella.

Conne l’a qui t’as rat Almano

« Stella » est le nom que ses premiers adoptants lui avaient donné et qu’on a gardé pour ne pas perturber ce pauvre chaton qui vivait une seconde adoption à 6 mois de vie. Autrement, j’aurais bien voulu l’appeler Émikantaré.

Parce que LA CHATTE ÉMIKANTAAARÉÉÉ.

(ha ha ha)

Dialogue de l’espace avec Père #7 : Crotte alors!

Alors qu’on se balade dans un parc de Seine-Saint-Denis’ mon père me fait savoir qu’il y a plein de crottes sur le chemin mais j’ai visiblement du mal à comprendre de quel animal il s’agit…

Moi: Il y a des crottes de chameau?!

Papa: Non, des crottes de ch*****!

Moi: Des crottes de chamois!!

Papa, cavalant sur place (un peu désespérément): Non, des crottes de cheval!

Moi: Aaaaah, des crottes de cheval!

Papa: Oui. Tu veux toucher?

Ça ira merci.

Cat-sitting

Quand je sors avec Manille, en rentrant Stella est toujours assise dans l’entrée l’air de dire: « Croyez pas que je vous attendais mais ha, vous voilà rentrées! »

Rééducation trichante

Séance d’orthophonie. On travaille sur le son an/en que j’ai du mal à percevoir. L’orthophoniste me donne un mot que je ne comprends pas alors elle me donne un indice: quelque chose qui a un rapport avec le sang.

Moi: En sang? Glanté?

Raté, c’était « pansement ».

Qu’ils disaient

« Vous verrez, les petits chiens guides ils sont jamais malades! »

Les paroles de l’éducatrice de Manille me reviennent tandis que, de la bave de chien plein les cheveux et le t-shirt, je traîne mon patapouf de labrador qui se la joue poupée-de-chiffon-de-30-kg-en-état-de-décès-avancé sur le sol pour lui mettre de force ses médicaments dans la gueule, action qu’il faut plusieurs fois recommencer car elle les recrache deux coups sur trois.

(étant un traitement contre la diarrhée la prise de cachets dans du Kiri est exclue, merci bien)

Convoi de l’extrême

Lundi matin quand je me suis réveillée une vilaine odeur flottait dans l’air. J’ai pensé que Stella, dont la caisse est dans la salle de bain juste à côté de la chambre, venait de poser sa pêche.

Manille était couchée à côté du lit, la chatte attaquait ma main sous la couette, bref à part le fumet pestilentiel tout avait l’air normal.

Je me suis levée, j’ai pris mon legging et mes chaussettes pour sortir Manille et je suis allée m’asseoir sur une chaise de la cuisine. L’odeur s’est faite plus forte. J’ai pensé que Stella avait eu un accident dans la chambre et que j’avais marché dedans. J’ai inspecté mes pieds: rien. Je suis allée voir dans la salle de bain et le bureau mais ça y sentait moins fort. Je suis revenue m’asseoir sur ma chaise, perplexe.

Et puis je me suis retournée.

Il y avait de grosses flaques sombres sur le carrelage. L’une des quadru avait eu la diarrhée pendant la nuit. Quand je dis « l’une des quadru » je veux dire Manille car vu la taille des flaques ça ne venait pas de la chatte. Et quand je dis « diarrhée », le mot est faible pour décrire la scène d’horreur que j’avais sous les yeux (et le nez).


J’ai sorti Manille en ricanant parce que j’avais laissé Stella enfermée sans ouvrir les fenêtres. Ensuite je suis rentrée et j’ai nettement moins rigolé quand il a fallu commencer à nettoyer.

J’ai contourné la table pour ouvrir les fenêtres sans risquer de marcher dans la mare sans canard (n’aggravons pas la situation). J’ai remonté mes manches et j’ai fait un chignon. J’ai mis le masque de chantier que m’avait donné mon père, celui avec deux gros élastiques et un système de serre-nez. J’étais parée.

Je n’ai trouvé Stella nulle-part et elle n’est pas venue sur le rebord de la fenêtre comme à son habitude. J’en ai déduit qu’elle était restée trop longtemps dans les effluves et qu’elle avait dû faire un malaise sous un meuble.

Plus

Un tout petit monde (Rummidge tome 2) | David Lodge | Rivages (2014)

Je suis tombée sur ce roman (ou bien c’est lui qui m’est tombé dessus) un soir où justement je cherchais une lecture pour me remonter le moral. C’est en lisant cette chronique littéraire sur le blog Partir en cacahuète que j’ai eu envie de le lire. Et je n’ai pas été déçue du tout.

Le premier chapitre est peut-être un peu long le temps que tout se mette en place (mais n’en est pas moins sympa). Ensuite tout s’accélère et rebondit entre tout plein de personnages. David Lodge est vraiment très drôle, voire un peu « méchant » pour reprendre la préface d’Umberto Eco. Je crois que j’ai jamais autant ri en lisant un livre (je me suis esclaffée plusieurs fois, pour de vrai de vrai). J’ai vraiment passé un excellent moment avec cette lecture. J’ai eu un gros coup de coeur pour le personnage de Morris Zapp et j’ai donc entamé Changement de décor pour passer encore un peu de temps avec lui (il s’agit en effet de la trilogie Rummidge: Changement de décor est le tome 1, Un tout petit monde est le tome 2, Jeu de société est le tome 3. Les 3 peuvent se lire indépendamment les uns des autres toutefois.).

Je suis très heureuse d’avoir découvert David Lodge et j’ai très envie de lire d’autres de ses romans. Je profite de cet avis lecture pour dire merci à Nathalie pour son partage. Cette lecture est tombée à pic et m’a fait un grand bien. Au passage, je vous invite à aller faire un tour sur son blog Partir en cacahuète qui est l’un de mes préférés.

Où sont les campus d’antan où des profs besogneux erraient comme des âmes en peine entre deux cours, l’intelligence en jachère, la libido en sommeil ? Les médias ont changé tout cela, les arrachant à leur solitude, les amenant à communiquer avec leurs collèges à l’autre bout du monde. L’ère du campus global est arrivée et ses liturgies favorites sont les congrès. D’universités en colloques, de cocktails en salles d’embarquement, étudiants, érudits, écrivains en herbe, grands manitous de la fac, universitaires ratés, têtes pensantes, parfois rêveuses ou volontiers dévergondées, virevoltent, une valise à la main, une coupe de champagne dans l’autre, dans une quête éperdue de reconnaissance internationale, d’amour et de fantaisie. « Un tout petit monde est un des livres les plus amusants et les plus férocement hilares publiés au cours du siècle dernier. Lisez Lodge. Vous aurez conquis un monde et vous vous serez amusés comme cela ne vous était jamais arrivé. » (Umberto Eco)

Uhé uhé uhé

Rééducation orthophonique. L’orthophoniste m’explique qu’il y a des sons que je n’entends pas très bien.

L’orthophoniste: J’ai l’impression que vous avez du mal avec certaines voyelles nasales: 🥳, 🙃 et 🤠.

En effet.

Couscous’est que ça (le titre le plus pourrave de l’histoire de ce blog) p

Une amie algérienne a pris la peine de m’expliquer de façon très détaillée comment préparer du couscous et notamment de la semoule avec une couscoussière.

Sacrilège 1: moi je cuis ma semoule façon Tipiak, dans un bol je verse de l’eau bouillante sur les grains puis je mets un couvercle quelques minutes le temps que ça gonfle.

Sacrilège 2: j’aime bien l’assaisonner avec de la sauce soja salé (« bh11111!!! »).

À cette amie si elle passe par-là: merci d’être là pour moi, j’espère ne pas trop te décevoir (moi j’avoue que j’ai un peu honte de moi).