Balle perdue

Manille a expédié sa balle sous le canapé. Elle est venue s’asseoir près de moi avec sa tête de Mireille pour me le faire comprendre. Puis elle a fait mine d’essayer de récupérer sa balle en passant ses pattes avant aussi loin que possible sous le canapé, l’arrière-train en arrière. Si elle avait un jean je suis sûre qu’on verrait sa raie des fesses comme ça. J’ai plongé sous le canapé en le soulevant un peu car il est assez au ras du sol. J’ai récupéré le jouet à moitié écrasée sous le meuble. Quand je me suis relevée Stella, qui faisait sa sieste en boule sur le canapé, était assise, l’air ahurie comme si elle venait de faire un tour de tapis volant à Disneyland. J’avais toujours la balle entre les mains, Manille s’est ruée dessus et au passage elle m’a explosé la mâchoire avec son gros crâme de labrador.

Je ne sais pas quoi penser de ce tableau.

Croquette (ça fait « crotte » sans le « que »)

Dans la série « la gourmandise me tuera », j’ai confondu une demi-noisette avec une croquette de Manille qui traînait sur la paillasse de la cuisine et je l’ai mangée.

Dégueulasse.

Je comprends vraiment pas pourquoi elle me réclame sa gamelle du matin à l’aube et me rappelle que y a celle du soir dans genre 45 minutes hein t’oublis pas c’est bientôt le goûter.

Le GPS n’est pas inclus

On est retournées chercher des colis dans notre fameuse auto-école point relais. Comme on avait déjà fait le trajet une fois tout le monde était censé l’avoir imprimé. Partir de la maison, aller au centre-ville, traverser la grande avenue, prendre le passage secret vers la poste, remonter la rue, passer devant la pharmacie, traverser une fois, retraverser et continuer quelques mètres après la piscine qu’en vrai je suis pas sûre que c’est la piscine. Vous voyez, rien de compliqué.

Sauf que.

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Vroum

L’anecdote du jour m’écorche un peu le bout des doigts à écrire car il faut que je contextualise l’histoire et le contexte est douloureux. J’ai vraiment très mal vécu le fait de ne pas pouvoir passer mon permis de conduire. Du diagnostic de ma rétinite pigmentaire (14-15 ans) à mes 18 ans chaque année lors du bilan ophtalmique les médecins n’avaient pas le même discours et c’est à 18 ans que j’ai pris un vrai non frontal. Ça pourrait faire sourire tant il est banal de conduire mais le sujet est devenu viscéralement insupportable pour moi. Et je n’ai quasiment pas été soutenue par mon entourage ce qui je pense a renforcé le problème. Je ne sais pas si le terme est légitime mais ma soeur a un jour qualifié ma réaction de « traumatisme ». J’avais des conduites d’évitement ou de rejet (fun fact à l’époque j’aurais évité de dire « conduite », ça a l’air idiot mais moi ça me provoquait des réactions physiques désagréables). Je ne sais pas si j’ai fait mon deuil mais ça va quand même mieux aujourd’hui. Je ne sais pas si un jour j’aurais la force et le courage de parler de ça ici.

Aujourd’hui j’ai bien compris que le monde ne peut pas arrêter de tourner parce que le sien part en vrille. Sauf que j’ai 26 ans et que j’aurais aimé qu’on prenne mon mal-être au sérieux 10 ans plus tôt quand je n’étais qu’une ado.

Mais bon on ne réécrit pas l’histoire.

Pour en revenir à mon anecdote donc, j’ai dernièrement passé plusieurs commandes sur Vinted. Les articles arrivent au compte-goutte dans divers point relais. L’un de ces points relais est une auto-école.

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Souvenirs d’EHPAD #20 : canithérapie

Madame Canari avait un Alzheimer très avancé (je le répète chaque fois que je parle d’elle, ça a quelque chose d’ironique vous ne trouvez pas?). Sa mémoire à court-terme était très atteinte. Par exemple, si sa fille était venue lui rendre visite dans l’après-midi elle ne s’en souvenait pas le soir. À la rigueur si sa fille lui avait apporté des tomates cerises elle se souvenait d’en avoir mangé. Elle devait aimer ça car elle était contente d’en avoir eu.

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Petits noms doux

Quoi de plus original et indispensable qu’un petit tour des surnoms de mes colocataires à moustaches? On est tipar.

Les surNoms de Manille

Manille est ma muse. Elle est une source illimitée d’inspiration, c’est pourquoi elle collectionne les surnoms:

  • Inspecteur (au complet ça donne: Inspecteur Manille Latruffe-Delabâffre)
  • Truffe ou la truffe
  • Maï (quand j’ai la flemme de dire son nom en entier dans la rue)
  • Labradooor
  • Manille chien (parce que.)
  • Goui-goui, Goui-gou’ et la variante Goui-gounet
  • Labrachou-fleur, labrachouquette et quand elle a dû porter sa collerette post-opératoire c’est devenu labrabat-jour (vous inquiétez pas le karma s’est déjà chargé de moi puisque ma carte bleue a bugué au moment de régler les frais d’hospitalisation)
Manille, petite labrador noire, est assise dans le hall de l’école vétérinaire de Maison-Alfort. Elle porte une grande collerette blanche qui encadre toute sa tête.
« Je suis pas un labrabat-jour je suis déguisée en cornet de glace, tu comprends vraiment rien Bibi! »

Les surnoms de Stella:

Stella a moins de surnoms que Manille et ils sont moins gratinés:

  • Stellina (ça veut dire petite étoile en italien, c’est si choupi!)
  • Stella l’andouille (moins choupi n’est-ce pas)
  • Mon chaton
  • petit chat
  • petit minou (on est sur de la grande inspiration pour les 3 surnoms précédents)
  • Stella chaton (oui farpaitement.)
  • 🪿, 🦜 ou encore 🦩 (ça c’est quand elle fait sa pestouille)

Les surnoMs de Manille & Stella

  • Les quadrupèdes, les quadru
  • les moustachues
  • les filles (quand elles se chamaillent, genre « ohé les filles là! »)

Et le débat avança

L’autre jour en allant au marché il y avait une voiture garée n’importe comment en travers de la rue. Manille m’a fait passer tout doucement dans le passage étroit entre la voiture et le mur.

Une fois le véhicule dépassé j’ai levé les yeux au ciel en soufflant. Manille qui venait de manoeuvrer avec la précision d’un camioneur sur un lac gelé (« ohlala Bbi tu fais 2 mètres sur 2 mètres ça va jamais passer ») a dû avoir une seconde de relâchement puisqu’elle a essayé d’aller vers un petit chien en laisse. Là-dessus j’ai fait ce qu’on m’avait appris à l’école de chien guide, j’ai tiré sur sa laisse de la main droite (doucement, je ne l’ai pas fait décoller du sol non plus) en disant: « Non Manille, allez tu travailles ». Manille s’est immédiatement reconcentrée et a continué sa route comme si de rien n’était.

Et c’est ainsi que nous arrivâmes insouciantes et rêveuses au marché.

PENDANT CE TEMPS

La propriétaire du petit chien a pris à témoin le type qui marchait derrière moi.

– Cette personne est méchante, a t’elle dit (enfin j’’en sais rien j’étais pas là et quand bien même j’aurais été là j’aurais rien entendu avec mes oreilles de souche, bref je retranscris juste l’histoire), vous avez vu comment elle a tiré sur la laisse pour pas que son chien fasse un bisou au mien? C’est de la maltraitance animale!

Mais oui, quelle connasse cette Bibi!!! Honte à elle, elle mérite de se faire lapider sur la place publique avec des chouquettes (chouquettes que Manille aurait le droit de manger derrière bien évidemment)!!!

Sauf que le type en question c’était Père.

(Là il faut m’imaginer arrivant au marché toute souriante avec Manille et dire à la marchande de légumes: « J’attends mon père et mon cabas! », pensant naïvement qu’il s’était arrêté devant une vitrine ou la camionnette de pizza.)

Apparement les deux se sont pris le chou sans que l’échange n’aboutisse à rien. Père a fini par tourner les talons en disant paraît-il:

– C’est ma fille, bavarde avec mes pieds, va te jeter dans la mer, c’est toi qui est vilaine!

Et la dame a répondu:

– vous êtes méchant! Voilà pourquoi je préfère les animaux aux humains!