Bonne nuit, Maman…

Chez Nany, en plus de la sienne, il y a une chambre avec deux lits simples et une autre avec un lit double. Depuis le début de nos vacances, ma maman occupe la première et moi la seconde avec Manille (qui il faut le préciser dort par-terre et pas dans mon lit, même si je sais que c’est ce dont elle rêve secrètement). Ma soeur et son copain nous rejoignent pour deux jours, donc je demande à ma mère comment on s’organise pour le couchage.

Ma mère: Je leur laisse ma chambre avec les deux petits lits et moi je vais dormir sur le canapé.

Moi,, inquiète pour la qualité de son sommeil: oh, tu veux pas venir dormir avec moi plutôt?

Ma mère, du tac-au-tac: Non, toi tu ronfles et Manille elle pète!

C’est donc l’image qu’elle a de nous…

C’est fort, rah

Je suis devenue bien plus sensible aux odeurs avec le temps, et plus ça vaa moins je supporte les parfums de synthèse forts.

Du coup l’autre jour en allant à Sephora avec ma mère et Manille, alors que je me concentrais pour ne pas vomir ou arrêter de respirer, je me suis demandé si c’était très éthique et responsable d’emmener une truffe sur pattes dans ce genre de magasin.

Fuis-moi je te suis

L‘autre nuit, dans la maison de Nany.

Manille ronflait, couchée à côté de mon lit. Je me suis levée en prenant garde de ne pas la réveiller, j’ai ouvert la porte de ma chambre et suis allée aux toilettes juste en face. Puis je suis sortie des toilettes, je suis rentrée dans ma chambre et j’ai fermé la porte derrière moi.

Je suis partie à tâton à la recherche de Manille, histoire de ne pas lui marcher dessus. Elle n’était plus à côté du lit, le parquet était tout chaud et vide.

« Elle a dû se mettre sur son tapis! », j’ai pensé.

Mais Manille n’y était pas non plus.

« Roh quelle dinde », j’ai pensé en comprenant.

J’ai rouvert la porte de ma chambre. Manille était derrière, elle m’avait suivie quand j’étais allée aux toilettes mais je ne m’en étais pas rendue compte. Elle m’a regardé avec des yeux de merlan frit, l’air de ne pas comprendre.

« Bon tu rentres grosse nouille? », j’ai soufflé.

Manille a compris la leçon et depuis elle ne me suis plus la nuit quand je vais aux toilettes, trop peur de passer la nuit à se geler les fesses sur le carrelage.

Bavardages

J‘étais posée sur une chaise dans ma cuisine, Stella à ma gauche couchée en haut de son arbre à chat, Manille devant moi assise sur le carrelage à me lorgner avec amour.

J’ai lancé à Manille en désignant Stella du doigt: « Regarde, c’est le petit chat! ».

La chatte a tourné la tête vers moi et m’a lancé un drôle de regard l’air de dire: « Non mais t’es complètement fêlée ma pauvre vieille¿ ».

Des fois je me demande si je manque pas un peu de contact humain à faire la conversation avec deux quadrupèdes moustachues…

Psychose

Alors que je prenais ma douche, j’ai senti un grand courant d’air. J’ai coupé l’eau et ai ouvert le rideau de douche. La porte de la salle de bain était grande ouverte.

La petite tête noire de Stella m’épiait sournoisement de derrière la porte, mais ça me semblait bizarre qu’elle ait été capable de l’ouvrir autant. Je me suis enroulée dans une serviette et j’ai rejoint le couloir pour comprendre ce qui se passait.

Eren m’attendait caché derrière le mur, l’air menaçant, levant sur moi un couteau à bout rond. Heureusement Manille, fidèle compagne à quatre pattes, a volé à ma rescousse en se précipitant… sur ma main pour lécher l’eau qui en dégoulinait.

Un terrifiant tableau à faire pâlir maître Hitchcock n’est-ce pas.

Edit: Eren avaait mis la BO du film, mais comme je n’avais pas mon implant cochléaire la blague tombe à l’eau (enfin, c’était le cas même sans).

Elle m’a eue

Hier j’ai dit à Manille: « tu vas voir Papa ». Elle était contente.

Elle était plus qu’heureuse quand Papa est arrivé. Elle a grimpé dans la voiture et s’est couchée à mes pieds. Encore une fabuleuse aventure avec le Papa!

Papa a roulé. Il a emprunté une rue. Puis une autre. Dès lors, Manille a su. Elle s’est redressée et s’est assise tout en fixant Papa. Ça sentait l’embrouille.

Ça sentait l’embrouille et c’était le cas: Papa s’est garé sur le parking d’emmaûs.

« Allez Manille, force et courage! » j’ai lancé. Manille qui regardait par la fenêtre, comme cherchant une issue, a tourné la tête vers Papa en lui servant de grands yeux blancs de chien battu. see

Cyborgne

Quand on lance une balle à Manille, celle-ci aime bien la faire rebondir sur sa truffe et courir derrière pour la rattraper. On dirait une petite otarie. Ça fait « poc! » c’est très rigolo.

C’est ainsi que dimanche dernier nous avons frôlé de très près la catastrophe. Ma main en visière pour me protéger du soleil, je lançais sa balle à Goui-gou.

Poc!

et de sa truffe la chienne a propulsé dans ma direction la balle de tennis à la vitesse de la lumière.

Ainsi, il s’en est fallu de peu pour que je devienne borgne, car si je n’avais pas eu ma main devant mes yeux à cet instant c’est dans mon oeil gauche (le meilleur, ou le moins pourrave des deux) que j’aurais pris la rafale..

Chat’rgez!

À défaut de parler la Langue des Signes, Eren et moi avons mis en place un code tactile quand je ne porte pas mon processeur. Ainsi, nos 2 quadrupèdes ont chacune leur petit nom tactile.

Pour Manille, Eren me tapote très rapidement le dos de la main. C’est parce que Manille, toujours joyeuse, remue tout le temps la queue. Et quand elle le fait assise ou couchée ça fait « tap-tap-tap » contre le sol.

Pour Stella, Eren me donne un coup de poing. C’est parce que, dans ses moments de démonstrations affectives, Stella nous donne de gros coups de boule.

Il faut savoir que chaque matin la chatte vient me voir et me réclame des câlins, frotte sa tête contre la mienne et ronronne. C’est notre petit rituel du matin, un réveil tout mignon tout en douceur.

Sauf peut-être l’autre matin quand, comme pour me dire « encore! » alors que je me rendormais après l’avoir caressée, Stella m’a chargée en plein dans le nez tel un bélier défonçant une porte.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #10: catastruffe

La veille de leur départ, Manille eut une petite indigestion. En fin d’après-midi, elle vomit courgettes et croquettes sur un petit chemin de terre puis sur la pelouse de Nany.

Le soir il fut décidé qu’elle dormirait dans la salle à manger, au cas où il y aurait un 3e assaut gastrique. Mieux valait dégobiller sur le carrelage de cette pièce que sur le parquet de la chambre. Toutefois, Manille suivie Bibi quand elle alla se coucher et Maman installa son tapis près du lit, comme d’habitude.

« Ne t’en fais pas, je laisse la porte ouverte. Si elle a envie de vomir, elle voudra s’éloigner de là et ira sur le carrelage du couloir. » la rassura Bibi.

Maman tourna les talons. C’est alors que Manille, couchée sur son tapis, tendit le cou.

« Beeeeuuuaaaah! » fit-elle, renvoyant sur le parquet eau et bile qui lui restaient dans l’estomac.

« Râh! Râh! » toussa-t’elle le lendemain, le gosier tout irrité.

Ainsi s’achevèrent les vacances champêtres de Manille Delatuile, et de Bibi. Papa vint les chercher en voiture et ils rentrèrent sur Paris dans un concerto de râclements de gorge cannins. Maman quant à elle resta auprès de Nany. Après le départ de Manille et Bibi, elle alla à la poste et en rentrant elle roula sur un clou.

Quelle tuile.