Quand j’étais enfant j’avais l’album Reprise des négociations de Bénabar. J’adorais ce CD. Je pense que cet album est l’une des raisons pour lesquelles Je suis devenue dépressive par la suite.
Blague à part je ne connais que cet album de Bénabar. Je me souviens également de sa formidable apparition dans la comédie musicale du Soldat rose (« Pour faire la colle à coeur brisé / Mélangez dans une éprouvette / Un peu de farine et de lait / Ah non zut… ça, c’est la pâte à crêpes », retrouvez ici l’intégralité des paroles de La colle à coeur brisé). Je me souviens qu’il passait à la radio pour L’effet papillon et Quatre Murs et Un Toit mais je pense qu’il est de ces artistes un peu méconnus malgré leur travail.
La chanson que je vous présente aujourd’hui s’appelle Le fou rire et vient de l’album Reprise des négociations. Dans celle-ci Bénabar parle d’un enterrement où il est allé.
Au début tout se passe bien (aussi bien qu’un cimetière peut le permettre). On a une jolie description triste de l’endroit et du moment. Il y a des formules drôles mais c’est très léger: à l’origine Bénabar est là pour l’enterrement de quelqu’un qu’il aimait beaucoup.
« Des allées des chants d’oiseaux
Un cortège de manteaux noirs
Désolés sans un mot
En silence en mouchoirs
Tu nous manquais déjà
Et ce n’était que le début
Il ne manquait que toi
Notre cher disparu
Quelques arbres bien vivants
Veillaient sur un champ de granite
Monuments pour combattants
D’une guerre qu’on perd tout l’temps
Et beaucoup trop vite
Désormais qu’est-ce qu’on va dev’nir
Si tout est moche si tout est triste
Désarmés qu’est-ce qu’on peut faire
J’ai prié Dieu pour qu’il existe
Ces messieurs des pompes funèbres
Au recueillement professionnel
Glissaient à la corde le cercueil
Aux dorures inutiles »
ET PUIS D’UN COUP.
« Une dame à ce moment-là
A dérapé dans les graviers
En poussant un râle comme ça
Haaaa qui m’a fait rigoler
Un fou rire à un enterrement
Je m’en veux je m’en veux vraiment
C’était nerveux sûr’ment
En tout cas c’était pas l’moment
Je suis peut-être cruel
Complètement insensible
Au moins je n’étais pas le seul
À rire le plus douc’ment possible »
La musique était déjà dans un style très solennel avec de la trompette et des percussions. Moi ça me faisait penser à une cérémonie officielle en tout cas. Quand toute l’assemblée se met à rire la mélodie se fait plus forte.
« Comme une traînée de poudre
Le rire a enflammé le cortège
Tombé sur nous comme la foudre
Le plus beau de tous les sacrilèges
Dos voûté tête baissée
J’ai honte à le dire
On poussait des petits cris étouffés
On était morts de rire
Nos larmes alors
N’étaient plus des larmes de chagrin
Et c’était pas par pudeur
Si on cachait nos visages dans nos mains »
Ensuite les gens se calment. La chanson se termine ainsi: après le rire le retour à la réalité.
« À petits pas la procession
L’indigne file d’attente
A retrouvé l’émotion
Devant la tombe béante
Je suis redevenu sérieux
Où avais-je la tête
À nouveau malheureux
C’était quand même un peu plus correct »
Les 4 dernières lignes sont particulièrement tristes. Le ton et les mots de Bénabar tombent comme une conclusion un peu amère. En tout cas moi ça m’a fait verser ma petite larme en écrivant mon article.
« J’ai pleuré à ton enterrement
Je n’avais pas le choix
Tu n’étais plus là comme avant
Pour rire avec moi »
Voilà donc la première chanson de cette nouvelle catégorie C’est dans les vieux pots… Ce n’est pas ma préférée mais je la trouve très belle. J’aimerais qu’on la passe à mes obsèques (en fait j’aimerais ne pas avoir d’obsèques du tout mais je crois que c’est une cérémonie davantage nécessaire à celles et ceux qui restent qu’à la personne qui mange les pissenlit par la racine, cette phrase aussi je la veux sur mon épitaphe).
Je vous ai partagé l’ensemble des paroles mais vous pouvez retrouver ici l’intégralité des paroles de Le fou rire par Bénabar. Si vous avez des oreilles plus ou moins fonctionnelles je vous invite à écouter cette chanson (je vous mets une vidéo Youtube en dessous pour, en espérant que cette fois ça marche).
C’est très intéressant, merci ! J’avais entendu parler de Bénabar, mais seulement pour « Le slow ».
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Je ne connais pas Le slow, j’irais regarder les paroles. En fait depuis la préparation de mon article j’ai Le dîner du même album dans la tête (il y a une référence à Louis de Funès dedans!).
Comme dit Anagrys c’est un chanteur à textes, les paroles sont donc chouettes à regarder.
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Je ne connais à peu près bien qu’un disque de lui, mais c’est une compilation donc ça va. Un auteur de chansons à texte, dans la tradition des chansonniers du temps jadis. Il faudra que je l’écoute !
D’ailleurs, pour rester dans le thème, connaissez-vous “Les funérailles d’antan” de Brassens ?
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Je ne connais pas non mais j’irais regarder, merci!
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Il existe aussi une reprise très sympa par les Chanson Plus Bifluorée.
À la réflexion, il y a largement matière à écrire sur les chansons d’enterrement !
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je ne connaissais pas cette chanson de Bénabar, à vrai dire je ne connaissais que Le Diner, et bah elle m’as rendu grave triste merci beaucoup !! ( Je rigole je ne t’en veux pas du tout elle finira sûrement dans ma playlist appelée Emotions sur Spotify où j’y met les musiques qui me parles le plus en bien ou en mal, appelée ça du masochisme si vous voulez)
je vais aller regarder la colle a coeur brisé aussi du coup elle doit être jolie !
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Hahaha oups désolée! Moi c’est vraiment les 4 dernières lignes qui me font pleurer à chaque fo^s, en plus je me souviens très bien de sa voix à ce moment.
Ptdr Le soldat rose et La colle à coeur brisé c’est quand même bien plus marrant oui haha
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