* J’avais écrit cet article en début d’anNée. À 11 jours de sa publication, j’ai hésité à le partager. Je le laisse au cas où. Parce qu’actuellement ça va mais il y a quelques mois non, et c’est bien d’en parler. *
Je ne vais pas donner de noms. Par contre, je ne vais certainement pas défendre ces personnes. J’espère que cette expérience (désagréable) vous servira, que vous ayez un handicap ou non. J’en viens à me dire qu’il ne faut pas se précipiter mais prendre le temps de choisir son ou sa notaire, une personne de confiance qui sera à votre écoute.
À savoir que lorsqu’on achète un bien immobilier, il y a deux signatures chez le ou la notaire: cell de l’acte de la promesse de vente et celle de l’acte de la vente. Je n’ai pas eu le même notaire pour ces deux signatures, et ça c’est important de le savoir: on a le droit de changer de notaire, il n’y a pas d’obligation de s’adresser à la même personne pour la seconde signature. J’ai eu la chance d’être redirigée vers un autre notaire et que ce dernier accepte de reprendre mon dossier. Comme on dit: « Si j’avais su, j’aurais pas venu ».
Pour l’achat de mon appartement, parce que ça semblait être « plus simple » de faire comme ça, j’ai pris le même notaire que le vendeur. Ce notaire n’a jamais répondu aux demandes de prise de contact de Père * qui tout au long du processus a été avec moi, mais bon à peu de choses près on s’adressait à lui comme si c’étt lui l’acheteur *. De mon côté, j’avais envoyé deux mails pour parler de mes besoins et de mes outils de communication et de prise d’information. Pareil, pas de réponse, soit disant pas reçus (mais sans doute plutôt pas ouverts).
Une semaine avant le rendez-vous, le notaire a appelé Père (oui, déjà, pas moi) pour lui dire qu’il me fallait deux témoins pour la signature de la promesse de vente. Très bien. Le lendemain soir, sa clerc m’a envoyé un mail pour me prévenir qu’il me fallait deux témoins et puis-je lui envoyer de suite leur carte d’identité et leur adresse? Évidemment, jai ç sous le coude, d’autant qu’à cet instant je n’avais trouvé qu’une témoin (ça c’est, j’imagine, le hasard du calendrier, mais le rendez-vous était fixé le 23 décembre. Allez trouver des témoins pour un 23 décembre même pas une semaine à l’avance. Sur les cinq personnes sollicitées pour être mes témoins, trois étaient indisponibles car parties pour les fêtes de fin d’année. Ha, et saviez-vous qu’on parle souvent d’isolement social quand on a un handicap?).
J’ai reçu l’acte de la promesse de vente à lire du mercredi pour le mardi d’après. J’imagine que c’est la procédure habituelle avec la clientèle. Sauf que, et c’est pas faute de leur avoir dit que j’avais des besoins spécifiques et que la leture en braille prenait plus de temps qu’en noir, au bout d’1h je n’avait même pas parcouru 8%. Je ne vous raconte pas la pression et le stress. J’ai fini par lâcher l’affaire et me rendre au rendez-vous sans avoir lu l’acte (après, je me suis permis ça car l’acte de la signaturee de la promesse de vente concerne surtout le vendeur). * Pour la signature de l’acte de vente, c’est le notaire de l’une de mes témoins qui a récupéré moo dossier et il m’a envoyé l’acte le 17 février pour la signature le 17 mars, donc j’ai eu le temps de le lire cette fois. *
Au départ, je me disais que j’étais tombée sur une étude sacrément validiste. Puis, j’ai revu mon jugement et je me suis dit qu’en fait c’était surtout une étude pourrie qui traite la clientèle comme des numéros de dossier et que cette attitude nauséabonde se ressent davantage quand on a un handicap. Sauf que.
Vous l’aurez compris, la communication était de base naze avec une équipe quasiment aux abonnés absents. Quand la clerc m’a envoyé l’acte par mail, je lui ai posé une question en réponse, et elle m’a répondu: « Comme je l’ai dit à votre papa ». Cette phrase ne passe pas du tout. Déjà, c’est moi l’acheteuse, là c’est moi qui pose la question, je me fiche bien de ce qu’elle a pu dire à Père. Ensuite, « papa » est selon moi un mot qui n’a rien à faire dans ce contexte. On était dans un échange a priori formel, « papa » n’a rien à faire là. Pourquoi pas me tutoyer, tant qu’on y est? * Il se trouve que le jour de la signature de l’acte de vente, mon deuxième notaire a dit sur TactilAudio: « Votre papa va vous aider à signer ». MAIS, l’ambiance était différente, il y avait Père et mes deux témoins, le notaire était très professionnel et à l’écoute, « Papa » avait été dit à l’oral, pas par mail quand on préparait le rendez-vous, l’ambiance était à la fois sérieuse et décontractée car il faisait des petites blagues, ce qui était plus agréable que la première fois, oui je suis soupe-au-lait. *. Mais bon, ça aura été ça durant tout le processus d’achat, elle n’a pas été la seule à avoir une attitude infantilisante et validiste.
Le jour de la signature, j’étais dans la salle d’attente à discuter avec mes témoins via TactilAudio quand le notaire est arrivé. Sur TactilAudio, il a dit: « Je tenais à vous saluer. » (merci monsieur!), puis: « Je me rends compte que vous parlez. C’est bien. J’avais peur que vous ne parliez pas ». Plaît-il? Il aurait pu s’en rendre compte AVANT le rendez-vous. Et puis, par « vous parlez », j’imagine qu’i voulait dire « oraliser » (parler à l’oral). Pourquoi ce jugement de valeur, c’est bien d’oraliser et c’est mal de ne pas le faire, c’est ça? Quand j’ai lu ça, j’ai eu une pensée pour toutes les personnes à ma connaissance qui n’oralisent pas mais qui sont loin d’être stupides. Comme je le dirais plus tard à Père et mes témoins, ces phrases annonçaient la couleur. Je les mets dans mon carnet des phrases horribles qu’on m’ait sorties et dont je me souviendrais toute ma vie.
Pensez-vous que lors de la signature le notaire s’est adressé à moi sur TactilAudio? Une fois de plus, c’est pas comme si je lui avais mentionné dans mes mails mes besoins spécifiques et mes outils pour communiquer. Eh bien, de toute façon, la réponse est non! À AUCUN moment durant le rendez-vous il s’est adressé à moi. C’est l’une de mes témoins qui s’est retrouvée à jouer les transcriptrices par messages WhatsApp (alors que ce n’était pas du tout son rôle initial).
Je vous passe le rendez-vous, de toute façon moi j’avais beau être l’acheteuse, la cliente, la concernée, je n’étais qu’une spectatrice (une spectatrice reléguée dans le placard à balais). Père et mes deux témoins ont fait plus que participer.
Il y avait une deuxième signature, celle de la vente. Pour celle-ci, j’ai demandé au notaire de l’une de mes témoins de reprendre mon dossier (marrant le destin des fois, elle avait rendez-vous avec lui pile après moi). Il a accepté et m’a demandé de prévenir mon premier notaire de ce changement de notaire. J’ai donc rédigé un mail cordial mais allant droit au but à mon premier notaire et à sa clerc. Pensez-vous que j’ai eu une réponse??
Franchement c’est affligeant ce genre d’attitude, ni très professionnel ! Franchement vous leur aviez tout indiqué à l’avance et c’est bien vous l’acquéreur du bien immobilier quand même…
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Oui, vraiment la partie achat a été bien amère. Je me focalise sur mon appartement maintenant que c’t fini mais sur le moment ça a été assez dur.
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C’est éculé, mais… il y a le bon notaire et le mauvais notaire… Le deuxième est aussi valide d’un pont de vue légal que le premier, mais au niveau du travail de vérification ou de la relation avec le client ça n’a rien à voir…
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Tout à fait. Ça, je l’ai pas précisé mais il avait délégué tout le dossier à sa clerc je crois. Comme quoi il ne faut pas se précipiter.
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Faire faire le travail par le clerc, je crois que c’est assez classique, en tout cas sur un dossier immobilier. Le notaire intervient comme conseil — c’est gratuit —, ou pour enregistrer des actes (c’est là qu’il y a des frais).
Tout le travail de rédaction et, je pense, de vérification, est à ma connaissance fait par les clercs.
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Ben pour le premier, tout passait par sa clerc. Pour le second, évidemment il était aidé par des clercs mais j’avais quand même un contact avec lui. C’était ça mon propos, et le premier notaire a découvert des éléments de l’acte en même temps que nous. Donc bon…
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J’avoue que le processus me laisse un peu perplexe, car j’entends parler que les notaires sont des avocats, mais aux États-Unis, il n’y a pas besoin d’un avocat pour ces contrats, juste un agent immobilier. Celui dit « notary », très proche de notaire, n’est qu’un type qui a payé 100 $ à l’État pour son tampon et son livre de signatures. Il n’est pas l’employé de l’acheteur, ou du vendeur, c’est juste là pour vérifier les signatures sur le contrat.
Quant au comportement du premier notaire, ça me rappelle pourquoi on conseille aux américaines de toujours aller avec un homme chez les concessionnaires pour acheter une voiture. C’est très désagréable, mais on peut compter sur la malhonnêteté au maximum s’il n’y en a pas. Je viens de vivre exactement ça avec ma mère la semaine dernière, mais je dois ajouter que ça ne sert à rien si vous faites venir un homme pour jouer le saligaud, puis le gronde devant le vendeur pour avoir fait exactement ça. J’imagine que c’était encore pire vu les moyens de communiquer dans ce cas et l’attitude que vous avez décrite.
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Le notaire en France est apparemment très proche de votre notary : un contrat signé en sa présence sera considéré comme officiel, à l’opposé d’un papier signé hors de sa présence, dit : « sous seing privé ».
Lors de mon divorce en 2008, mon ex et moi étions propriétaires d’un appartement que nous ne pouvions pas vendre sur le moment. Notre avocate (qui était commune) nous avait recommandé de faire établir par un notaire un document définissant la façon dont nous gérerions cet appartement une fois le divorce prononcé, pour en faciliter la validation par le juge. Pour la petite histoire, ce document n’a servi qu’à ça. Le même document sous seing privé n’aurait pas eu la même valeur.
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Je crois que les études des avocats et notaires sont les mêmes au début puis il faut se spécialiser pour l’un ou l’autre de ces métia´rs (une ca/arade d’école était en fac de droit et etst devenue notaire). Le notaire n’est pas vraiment l’employé du vendeur ou de l’acheteur, enfin on passe par lui de façon obligatoire pour acheter mais c’est plutôt un service.
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Etape numéro 1 : trouver le « bon » notaire, à l’écoute, à qui l’on fait totalement confiance etc… Oui il existe ! Certains se déplacent même chez vous. Et personnellement, si problèmes médicaux ou éloignement géographique important, j’aurai tout délégué grâce à une procuration. Je suis du genre à me simplifier la vie au maximum !
Enfin, tout est bien qui finit bien, vous êtes PROPRIETAIRE malgré les embûches !
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