C’est un peu la révolution, cette découverte. Longtemps, j’ai cru que j’étais insomniaque car je me réveillais dans la nuit et avais du mal à me rendormir (à présent, je pense qu’il m’arrive d’avoir des insomnies, mais pas tant que ça). C’était curieux: vers 22h-22h30 je tombais de sommeil pour me réveiller vers 2-3h et me recoucher vers 5h. Et je faisais SOUVENT des siestes en journée. Je n’avais pas de contrainte horaire pour me réveiller (hormis pour la gamelle et les besoins de Manille) mais je m’obstinais à mettre un réveil en semaine pour simuler un rythme « classique ».
Je pense que ce type de sommeil a naturellement repris le dessus, justement car je n’avais pas d’obligations liées au travail ou à l’école (j’ai des souvenirs à la fac ou même au lycée où je peinais à rester éveillée en cours). Apparement, avant l’ère industrielle, les gens avaient un sommeil « cassé »: ils se couchaient un peu plus tôt, se réveillaient vers minuit, avaient une petite période d’activité puis se rendormaient jusqu’au matin. Puis, une petite sieste dans la journée. Mais ce rythme n’était pas assez productif et on a demandé aux gens de faire des nuits complètes.
Ça fait quelques semaines que j’ai pris conscience de ce rythme et que j’essaye de l’écouter. Quand je me réveille la nuit, j’en profite pour faire quelques tâches que j’aurais à faire dans ma journée: partager le lien de l’article du jour sur mes réseaux sociaux, faire mes courses, plier du linge, faire la vaisselle (ça, je profite étant donné que je suis en rez-de-chaussée et que de toute façon l’appartement est insonorisé, m’enfin je ne passe pas non plus l’aspirateur, hein). En gros, ce n’est pas du temps perdu. Je mets cette période d’éveil à profit pour certaines activités. Je me rendors vers 5h, suis à nouveau éveillée vers 7h30, fais une petite sieste après le repas du midi.
Ce rythme est toujours en cours d’expérimentation pour moi. J’ai l’impression que j’ai davantage besoin de dormir (notamment pour la sieste de l’après-midi qui classiquement dure 20 à 30 minutes mais qui est parfois plus longue pour moi). Et peut-être aussi que certaines activités ou interactions sociales vont me fatiguer plus vite. Connaissant mon rythme, je trouve que j’arrive mieux à anticiper ma fatigue. Ce n’est pas non plus figé dans le marbre: si j’ai quelque chose de prévu dans l’après-midi, j’anticipe mon niveau d’énergie et au besoin je fais ma sieste après mon petit-déjeuner; des fois, je ne fais pas de sieste (jusqu’à présent, à chaque fois j’ai fini par le regretter, mais c’était peut-être dû à l’activité, du coup maintenant je me « force » à aller à la sieste, oui comme pour les enfants); au moment où je rédige cet article, je me suis couchée tard et n’ai pas eu mon « réveil nocturne », je suis debout depuis 5h30, là il est 11h01 et je pense qu’après manger je vais faire UN GROS DODO.
Je ne suis pas du tout en train de dire que c’est la vérité absolue et que vous devriez faire comme moi. Je sais que c’est bien plus compliqué que ça et que les personnes n’ont pas le choix que de dormir en bloc, ont un sommeil tronqué ou un rythme décalé. Donc non, c’est juste ma vérité à moi. Et franchement, ça fait un bien incroyable de faire les choses comme ça. Je ne subis plus ni ma fatigue ni le fait d’être éveillée la nuit. Par rapport à mes besoins, avoir un sommeil biphasique est adapté.
Il y aura sûrement une suite à cet article pour faire le point et voir si ce rythme me conviet toujours (mais je pense que oui).