Détails
- Roman
- Flammarion (14 août 2017)
- 511 pages
- lu au format ebook (Apple Books)
Retrouvez ici la fiche BookBuddy de L’art de perdre.
Quatrième de couverture
L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.
Mon avis
Un roman que j’ai beaucoup aimé.
Un peu difficile de rentrer dedans, mais une fois passé le prologue, l’histoire est passionnante. La partie 1 est plutôt centrée sur Ali et la vie en Algérie, la partie 2 sur Hamid, l’arrivée de sa famille en France et sa jeunesse. La partie 3 est cetrée sur Naïma qui va être amenée à creuser l’histoire de sa famille et de l’Algérie (même si, en réalité, elle fait des apparitions très rapides dans les deux premières parties).
Ce qui m’a plu, c’était la variété de personnages, notamment dans la partie 3. Il n’y a pas un profil type de protagoniste, il y a beaucoup de personnalités et de points de vue différents.
C’est écrit dans les remerciements: l’autrice a fait un gros travail de recherche, faisant même appel à des historiens et des sociologues. Ce roman est intéressant car il retrace l’histoire d’une famille sur trois générations mais en réalité il explore beaucoup l’histoire de l’Algérie, de son indépendance à nos jours. Très complexe.
Bon alors malheureusement, il y a des points négatifs selon moi: si la première partie m’a parue très bien travaillée, dans la seconde il y avait des erreurs de syntaxe (mots en double ou mauvais pronom). Ça a été pareil pour la partie 3, avec en plus quelques incohérences dont un prénom changé. Ça me fait franchement mal au coeur de le relever car le travail d’écriture d’Alice Zeniter est très fourni mais par moments j’ai presque eu l’impression que la partie 3 avait été « torchée ».
Et j’accorde un point au jeu du Envole-moi. Beaucoup, beaucoup d’expressions liées à la surdité ou à la cécité (dès la partie 2). Alors bon, il y en a certaines pour lesquelles ce n’est peut-être pas si grave (« un mur aveugle », étant donné que »aveugle » veut dire « sans la vue » et que là il était question d’un mur sans fenêtre, oui bon oui pourquoi pas) MAIS!!! Dans la partie 2, il était écrit: « dialogue de sourds ». Je HAIS cette expression. Alors oui, certes, on a l’image puisque-là on parle de la famille de Hamid face à l’administration française. Mais tout de même. Un jour, je regarderais d’où vient cette horreur mais en attendant ça ne m’a pas fait plaisir du tout de lire ça.
Autrement, c’était une bonne lecture. Une brique, oui, mais très sympa.
Citations
« Ali prend sa canne au pommeau d’ivoire, il n’en a pas besoin mais elle lui donne de la prestance. Il hésite à passer son uniforme militaire pour envoyer au caïd le signe qu’il n’est pas juste un paysan enrichi mais ces derniers temps, il a du mal à fermer la veste sur son ventre et l’héroïsme se perdrait si l’un des boutons venait à sauter. »
« Il lui envie son enfance que la guerre ne paraît pas avoir mordue. Une enfance pleine de lapins fabuleux et d’aventures à passerelles. Dalila n’est pas comme ça. Elle vient d’avoir huit ans et ressemble davantage à Hamid : la guerre leur a fait tomber une nuit sur le regard qui a sorti leur visage de l’enfance d’un coup. »