Des fois, j’aimerais pouvoir m’asseoir sur un banc public (« bancs publics, bancs publics »). Le problème est que ça n’a pas l’air de plaire à Manille. Elle va « explorer » les alentours du banc durant une dizaine de secondes, puis elle va relever la tête et regarder dans le vide, signe qu’elle a terminé ce qu’elle avait à faire. La voir fixer (fixer quoi au juste, je ne sais pas), c’est pour moi le signal qu’il faut partir, et c’est ce que je fais car je ne veux pas qu’elle s’ennuie. Ainsi, il est rare que je reste bien longtemps assise sur un banc quand Manille es avec moi.
L’autre jour, après les besoins de Manille, je me suis assise sur un banc devant un immeuble de la résidence.
Moi, pointant du doigt le sol à droite du banc: Oh! Qu’est-ce que c’est?!
Manille, fixant au loin après avoir reniflé cinq secondes: Ouais. On rentre?
Moi, pointant du doigt le sol à un autre endroit à côté du banc: Qu’est-ce que c’est?!
Manille, ne se donnant même pas la peine de renifler: Il n’y a rien.
Moi, me contorsionnant pour pointer du doigt le sol à l’arrière du banc: C’est quoi, ça? Regarde! Ohlala!
Manille, allant voir: OH MAIS OUI, C’EST VRAI ÇA, COMME C’EST INTÉRESSANT!!!
À chaque fois, il faut m’imaginer désigner quelque chose sans le regarder et avec ma canne blanche coincée sous le bras.