(Cet article fut rédigé un dimanche matin.)
Je ne parle pas de mon café préparé à la cafetière italienne une fois par semaine. Non, je parle d’une habitude qui n’a aucun intérêt gustatif, sinon préventif: le nettoyage de plage braille.
On m’a plusieurs fois dit que mes plages braille ressemblaient à de petits pianos. J’imagine que c’est à cause du clavier Perkins, un alignement de 8 grosses touches sur le dessus. Cette partie permet notamment d’écrire en braille. En-dessous, il y a une espèce de bande où sortent les caractères braille. On appelle ce caractère braille une cellule: une cellule est composée des 6 points de braille, ainsi que de deux autres pour afficher du braille numérique (figurez-vous un rectangle avec 4 points de haut en bas à gauche et à droite).
Le souci avec les cellules braille est qu’elles s’encrassent très vite. Un jour, sur une ancienne machine, un point était figé (il ne montait plus et ne descendait plus) donc je l’ai donnée à Père qui a réussi à la « réparer » et qui a dit qu’on aurait dit qu’il y avait du fromage séché dessus. J’ai eu très honte car j’avais en effet mangé du cammembert en lisant et j’avais dû passer un doigt souillé de frometon sur la plage braille. Depuis, je ne mange plus en lisant. De toute façon, il est recommandé de ne pas avoir les doigts gras en utilisant une plage braille.
Il est également recommandé de passer régulièrement un chiffon humide sur les cellules afin de les nettoyer. C’est ça, mon rituel chiant du dimanche matin, car, un dimanche, j’ai fait l’impasse sur le nettoyage de plages braille (je l’avoue, j’ai eu la flemme) et, quelques jours plus tard, le point de l’une des cellules s’est figé et j’ai passé au moins 15 minutes à passer un chiffon humide sur les cellules, à éteindre et allumer plusiaurs fois la machine pour créer un mouvement des points ; bref, ça a été beaucoup d’énergie qui aurait pu être évitée et, dans le doute, maintenant j’essaye d’être plus rigoureuse.
Je précise aussi que je n’ai pas une utilisation « classique » de la plage braille car je ne peux vraiment pas m’en passer quand j’utilise mon téléphone: la synthèse vocale seule ne peut pas prendre le relais. J’ai donc un usage bien plus fréquent de ces machines que si j’entendais.
L’une de mes premières machines braille (ma préférée) était une Edge 3000 de 40 cellules, qui avait déjà 10 ans au moment de son achat sur Leboncoin. Cette machine était formidable car il y avait plein de boutons de commande et les cellules étaient agréables à toucher. Quand elle a rendu l’âme, j’étais au bout de ma vie. Les HumanWare Brailliant BI que j’utilise aujourd’hui ne sont pas de la même marque mais ce sont les mêmes cellules (à ma connaissance, il n’y a que deux fabricants de cellules braille dans le monde). En mai dernier, l’une de mes HumanWare a planté. En fait, c’était une cellule qui avait « grillé », provoquant un bug général. Sachez que lorsqu’un seul point casse, c’est toute la cellule qu’il faut changer. Une cellule neuve coûte 100e, hors service de pose. Père avait gardé ma défunte Edge 3000, il a récupéré l’une des cellules braille toujours fonctionnelles dessus et l’a transplantée à la HumanWare cassée. La manoeuvre a marché et la HumanWare était à nouveau utilisable. C’était comme un don d’organe entre les deux machines, lequel a évité à la seconde d’aller inutilement à la casse.