Daao

Le Danao pêche-abricot était une boisson dont je raffolais enfant. J’en prenais parfois lors de mon petit-déjeuner. Je m’en suis acheté l’autre jour, uniquement pour me faire plaisir (c’est là le seul avantage de la vie d’adulte: semée de tuiles mais au moins on peut boire tout le Danao pêche-abricot qu’on veut sans raison particulière, cela compense un peu le fait que l’enfance est une sombre arnaque qui un jour prend fin).

La bouteille a un peu changé. Avant, c’était un espèce de pavé cartonneux avec un petit opercule en caca-plastique blanc sous le bouchon qu’il fallait retirer en tirant sur une sorte d’anneau, lui aussi en caca-plastique blanc. Maintenant, la bouteille a juste l’air d’une bouteille en caca-plastique.

J’ai dévissé le bouchon et humé son contenu mais ça ne sentait rien. J’ai fini par passer le doigt dessus et par comprendre qu’il y avait un opercule.

– Oui bah voilà, ai-je pensé, tu vas pas sentir grand-chose s’il y a un opercule.

Puis, comme j’étais un peu dans le pâté ou que j’ai juste un raisonnement à deux balles:

– Ce truc doit être sacrément étanche pour masquer l’odeur du Danao!

L’opercule était un machin classique en aluminium avec une languette pour le retirer. Sauf que je n’ai pas trouvé la languette sur le coup et ai fait tourner la bouteille à la recherche du meilleur angle pour arracher l’opercule.

– De mon temps, ai-je pesté intérieurement, il suffisait de tirer sur le bidule-chouette blanc et après ça faisait une bague.

Je SAIS que je n’étais pas la seule gamine à faire ça avec l’opercule blanc du Danao (puis de trouver ça stylé).

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