J’étais dans mon lit quand Stella est venue se frotter contre mon visage.
Stella: Je viens d’aller aux toilettes.
Moi: Oui je sais, tu sens la litière.
Stella: Miaou ronron!
Brèves (pas toujours brèves) d’une nana SourdAveugle.
J’étais dans mon lit quand Stella est venue se frotter contre mon visage.
Stella: Je viens d’aller aux toilettes.
Moi: Oui je sais, tu sens la litière.
Stella: Miaou ronron!
Je me suis dit qu’il fallait que j’explique le processus créatif derrière mes articles et l’emploi du temps de ministre qu’ils me demandent.
Petit message à l’adresse du fan-club de Manille.
C’est un peu de sa faute si je me suis tordue la cheville dans la rue car elle a guidé n’importe comment en ne me signalant pas le rebord meurtrier. Le lendemain des faits elle est allée chez Père dans le cadre de mon rétablissement, afin que je n’ai pas à trop bouger de mon appart.
Mon grand-père maternelle était très bricoleur.
Il était armurier: je crois que ça veut dire qu’il fabriquait des armes pour le cinéma. C’est ainsi qu’un jour il avait coupé la chique à Alain Delon qui n’arrivait pas à faire fonctionner une de ses armes. J’avais raconté l’anecdotes à mes copines en 2de et l’une d’entre elles avait sous-entendu que j’étais une grosse menteuse. Ça m’avait sacrément blessée. Je n’ai aucun intérêt à raconter des anecdotes fausses. Tout ce que je raconte ici est vrai, même quand il s’agit de dialogues avec Stella ou Manille (car les répliques qu’elles formulent viennent de ma tête).
J’étais dans le bureau en train de remplir la gamelle à croquettes de Stella quand en relevant la tête je l’ai aperçue. Elle était assise droite comme un I devant moi.
– Coucou mon petit chat! me suis-je joyeusement écriée.
Désormais dans mes déplacements il y a Manille à ma gauche et ma canne blanche à ma droite.
Je l’ai déjà un peu expliqué mais Peanut Butter est une militante d’1m50 qui ne se plie pas. Quand je marche avec Manille je la tiens simplement contre moi. À l’arrêt debout je la garde à côté de moi tel un bâton de sorcier. Quand je m’assois soit il faut la caler contre un mur soit il faut l’allonger par terre. Toute une gymnastique mais il y a une vraie réflexion derrière le fait qu’elle ne se plie pas.
J’ai entendu cette phrase de la bouche de personnes voyantes ou dont la vue baissait qui n’étaient pas braillistes.
Je peux comprendre que l’apprentissage du braille fasse peur lorsqu’on est adulte. Par contre je trouve ça détestable de tenir de tels propos quand on ne connait rien à ce système et qu’on ne se donne pas la peine de le connaître.
En fait je pense à cette phrase à chaque fois que je reçois mes courses du mois et que je dois tout étiqueter pour me repérer ensuite dans mes placards. Ça veut dire que sur du papier je tape en braille (à la machine 8 écrire) le nom du produit, la date à laquelle je l’ai reçu et parfois la date à laquelle je l’ai ouvert. Ensuite je découpe « mes étiquettes » et je les colle avec un bâton de colle (ne me parlez pas des étiqueteuses numériques ou plastiques s’il vous plait, déjà car dans les deux cas ça rime avec « merdique » et puis parce que y a un truc fabuleux qui s’appelle le handicap business et je crache dessus).
Je me suis blessée stupidement à la cheville. Le lendemain je suis restée au lit à glander, lire et dormir.
Stella a passé la journée à venir me voir et me faire des câlins (car se jeter avec amour contre mon visage et m’asphyxier avec ses poils s’en est).
Mardi 12 novembre fut un jour nul.
Gary m’avait proposé de venir sur Toulouse durant la mi-décembre pour le projet X. Le projet X étant une journée immersive SourdAveugle avec d’autres SourdAveugles pour initier l’une d’elles au protactile (le feu ce projet X). J’ai donc regardé les trains sur Trainline. Pour une raison obscure je n’ai rien compris à ce qu’affichait l’app et n’ai donc pas pris de billet.
À 14h j’avais pédicure avec Mme Sourire.
Stella me faisait un câlin.
À un moment elle a appuyé sa petite patte sur ma main et tous ses doigts se sont comme dépliés.