Dialogue de l’espace avec Père #6 : Pris pour une courge

Mon père passe chez moi, j’en profite pour lui proposer un peu de soupe que j’ai préparé…

Moi: Tu veux de la soupe à la courge?

Mon père: Non ça ira.

Moi, rangeant mon bocal de soupe: Dommage, elle est bonne.

Mon père: J’aime pas la courge.

Moi: Même en soupe?

Mon père: Oui, j’aime pas le nom.

Flagrant délit de mépris sur la courge d’autant que, après vérification, il semblerait que je n’avais pas su faire la différence entre une courge et un butternutt pour préparer mon potage.

Soyez pas lourde

Hier matin à l’entrée de l’hôpital Bicêtre, alors que ça fait des mois que Manille m’accompagne dans les couloirs du service ORL, la gardienne chipote à nous laisser entrer parce que « les chiens sont interdits ».
Mon père a essayé de lui expliquer que (oui non moi une fois de plus j’ai fait le mollusque à pas comprendre ce qu’il se passe) ce n’était pas un simple labrador couché à mes pieds, mais bien un véritable chien guide certifié par l’école de chiens guides de Paris (avec les félicitations du jury).
J’ai pas tout saisi ce qui se disait (je suis une coquille St-Jacques souvenez-vous), mais il me semble que mon père m’a désigné en disant: « Elle a un petit souci. ».
Doux euphémisme, Papa.

Dialogue de l’espace avec Père #4 : Casser laaa joie

Dimanche dernier mon papa m’a accompagnée voter pour les législatives.

En sortant du bureau de vote il m’a dit tout content:

« C’est rigolo, sur la liste électorale tu as signé juste sous ma signature! »

« Ha oui, c’est marrant! » me suis-je exclamée en souriant.

Et tout de suite après très sérieuse:

« Ben non c’est pas marrant en fait c’est logique, on a le même nom de famille. »

Et c’est comme ça que j’ai cassé la joie de mon pauvre petit papa!

Dialogue de l’espace avec Père #3 : Papa Obvious

Tout à l’heure dans la voiture avec mon père, en ce radieux matin ensoleillé. La climatisation est cassée et nous roulons les fenêtres fermées pour que j’arrive à l’entendre avec mon implant cochléaire…

Papa: Il fait chaud.

Moi: Oui.

Papa: On sent bien que la clim’ elle ne marche pas.

Effectivement.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #10: catastruffe

La veille de leur départ, Manille eut une petite indigestion. En fin d’après-midi, elle vomit courgettes et croquettes sur un petit chemin de terre puis sur la pelouse de Nany.

Le soir il fut décidé qu’elle dormirait dans la salle à manger, au cas où il y aurait un 3e assaut gastrique. Mieux valait dégobiller sur le carrelage de cette pièce que sur le parquet de la chambre. Toutefois, Manille suivie Bibi quand elle alla se coucher et Maman installa son tapis près du lit, comme d’habitude.

« Ne t’en fais pas, je laisse la porte ouverte. Si elle a envie de vomir, elle voudra s’éloigner de là et ira sur le carrelage du couloir. » la rassura Bibi.

Maman tourna les talons. C’est alors que Manille, couchée sur son tapis, tendit le cou.

« Beeeeuuuaaaah! » fit-elle, renvoyant sur le parquet eau et bile qui lui restaient dans l’estomac.

« Râh! Râh! » toussa-t’elle le lendemain, le gosier tout irrité.

Ainsi s’achevèrent les vacances champêtres de Manille Delatuile, et de Bibi. Papa vint les chercher en voiture et ils rentrèrent sur Paris dans un concerto de râclements de gorge cannins. Maman quant à elle resta auprès de Nany. Après le départ de Manille et Bibi, elle alla à la poste et en rentrant elle roula sur un clou.

Quelle tuile.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #8: le gros fauteuil

C’était la deuxième fois que Manille venait passer quelques jours de vacances ici. La première fois, c’était lors de la Toussaint 2019. Elle avait ainsi fait la connaissance de Papy et Nany.

Papy, qui passait la plupart de son temps dans le gros fauteuil du salon, était ravi de voir cette petite labrador toute noire. Elle venait se coucher à ses pieds ou lui apporter son jouet.

« Hop! » criait Papy, redressé sur son gros fauteuil, en lui lançant le jouet dans le salon.

« Papy! Arrête de crier! », « Ne crie pas Jean! » râlaient Maman et Nany.

Et Papy continuait de lancer le jouet en criant « Hop! » malgré tout. Cela ammusait beaucoup Bibi.

Alors forcément, de voir Manille couchée près du gros fauteuil désormais vide, Bibi eut le coeur un peu serré. Mais quel beau souvenir.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #7: au régime…

La vétérinaire avait préconisé de baisser la ration de croquettes de Manille le temps de sa guérison afin qu’elle ne prenne pas plus de poids. Elle avait suggéré de lui donner de la courgette, peu calorique, pour qu’elle n’ait pas faim.

Manille était enchantée d’avoir de la courgette cuite. Servies dans deux gamelles au moment de ses repas, elle s’attaquait d’abord à la moitié dees croquettes, puis elle engloutissait ses courgettes avant de finir les croquettes. Quel régal, cela valait bien le coût de se faire une entorse dès le premier jour!

Néanmoins, le gras labrador était interdit d’« à-côté ». Si Bibi avait un coeur de pierre et ne cédait pas aux supplications de Manille, Maman quant à elle avait bien du mal à résister aux grands yeux papillonnans de labrador triste qui lui étaient servis.

« Oh! On peut pas lui donner une petite croûte de fromage? » tenta un soir Maman.

« Non, elle est au régime. Moi je lui fais lécher mes doigts, comme ça elle est contente » répondit Bibi, inflexible.

« Oh c’est cruel! » s’indigna Maman.

« bon d’accord, mais un tout petit morceau alors » céda Bibi.

Un peu plus tard au cours du repas, Maman trouva de bonnes raisons pour avoir donné de la croûte de fromage à Manille.

« Si elle ne s’était pas blessée en arrivant, tu serais repartie en train demain et vos vacances n’auraient pas été prolongées de deux jours. Elle méritait bien de la croûte de frmage! » plaida-t’elle.

« Une miette de croûte de fromage. » dit Bibi.

« Ouuuuiii. » répondit Maman.

Puis elle tourna la tête vers Manille.

« Une grosse croûte… » souffla-t’elle, pensant que cet aveu tomberait dans l’oreille de la sourde.

Dommage pour elle, même si Bibi avait les Portugaises ensablées elle avait parfaitement entendu. Méfiez-vous donc des implantés cochléaires, on ne sait jamais vraiment ce qu’ils entendent…

Je vous invite à liker cet article si vous ne connaissiez pas l’expression « avoir les Portugaises ensablées ».

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #6: « la solitudine fra noi »

En journée, le tapis de Manille trônait dans la salle à manger. Chaque soir, Bibi le ramenait dans sa chambre pour que Manille dorme avec elle. Cette habitude avait été prise lors de sa première visite avec sa chienne en octobre 2019, pour ne pas risquer que Manille se mette dans les jambes de Papy et ne le fasse tomber s’il se levait la nuit. Et puis, c’était plus rassurant pour Manille de rester avec sa Bibi dans cette maison qu’elle ne connaissait pas.

Le deuxième soir de leurs vacances pourtant, Manille était si fatiguée qu’elle semblait déjà ronfler dans la salle à manger. Bibi l’appela mais elle ne se leva pas.

Bibi alla dans sa chambre. Elle ferma puis rouvrit la porte plusieurs fois, mais la chienne ne vint pas.

Puis Nany et Maman allèrent se coucher à leur tour.

Bibi bricolait sur sa plage braille quand elle repensa à son Goui-Goui. Elle décida d’ouvrir sa porte une nouvelle fois. Manille attendait derrière la porte, et vu comment le carrelage était tiède à cet endroit-là cela faisait un petit moment.

Bibi alla chercher le tapis dans la salle à manger, et Manille pu passer une bonme nuit auprès de sa Bibi.