Dialogue de l’espace avec Père #7 : Crotte alors!

Alors qu’on se balade dans un parc de Seine-Saint-Denis’ mon père me fait savoir qu’il y a plein de crottes sur le chemin mais j’ai visiblement du mal à comprendre de quel animal il s’agit…

Moi: Il y a des crottes de chameau?!

Papa: Non, des crottes de ch*****!

Moi: Des crottes de chamois!!

Papa, cavalant sur place (un peu désespérément): Non, des crottes de cheval!

Moi: Aaaaah, des crottes de cheval!

Papa: Oui. Tu veux toucher?

Ça ira merci.

Le ravin

Au parc l’autre jour avec mon père et Manille.

Alors que nous sommes sur un sentier, me donnant son bras pour me guider, mon père décide de couper à travers les arbres pour emprunter un chemin plus bas. Une petite pente de terre sablonneuse sépare les deux sentiers. Mon père s’arrête un instant, l’air de réfléchir à la manoeuvre à adopter.

Finalement il me donne les mains pour m’aider à descendre. Quand je dis « pour m’aider à descendre » il faut vous imaginer à une guinguette party un dimanche midi en train d’essayer de faire monter Mémé dans une barque. Bon. Évidemment tout ne se passe pas comme prévu.

Je me mets à déraper, mes pieds glissent sur la terre. Je commence à dégringoler mais mon père s’obstine à me tenir les mains, j’ai peur de l’entraîner dans ma chute.

« Papa, il faut me laisser partir maintenant, c’est trop tard pour moi. Lâche-moi c’est pas grave. Je vais vous ralentir Manille et toi, partez sans moi. Ça ira pour moi t’en fais pas. »

Ce sont les pensées qui défilent dans ma tête, mais tout ce que j’arrive à dire c’est:

« Il faut me laisser… Aaaaaah… Noooon… Hahahaha! »

Je ne me vautre pas mais c’est pas loin, mon pantalon et mes chaussures noirs sont couverts de poussière.

« Mais pourquoi tu m’as fait passer par là? » demande Papa avant d’enchaîner par « C’est la faute de Manille! » puis de relativiser « Faut bien que tes rangers servent à quelque chose. ».

Dialogue de l’espace avec Père #6 : Pris pour une courge

Mon père passe chez moi, j’en profite pour lui proposer un peu de soupe que j’ai préparé…

Moi: Tu veux de la soupe à la courge?

Mon père: Non ça ira.

Moi, rangeant mon bocal de soupe: Dommage, elle est bonne.

Mon père: J’aime pas la courge.

Moi: Même en soupe?

Mon père: Oui, j’aime pas le nom.

Flagrant délit de mépris sur la courge d’autant que, après vérification, il semblerait que je n’avais pas su faire la différence entre une courge et un butternutt pour préparer mon potage.

Soyez pas lourde

Hier matin à l’entrée de l’hôpital Bicêtre, alors que ça fait des mois que Manille m’accompagne dans les couloirs du service ORL, la gardienne chipote à nous laisser entrer parce que « les chiens sont interdits ».
Mon père a essayé de lui expliquer que (oui non moi une fois de plus j’ai fait le mollusque à pas comprendre ce qu’il se passe) ce n’était pas un simple labrador couché à mes pieds, mais bien un véritable chien guide certifié par l’école de chiens guides de Paris (avec les félicitations du jury).
J’ai pas tout saisi ce qui se disait (je suis une coquille St-Jacques souvenez-vous), mais il me semble que mon père m’a désigné en disant: « Elle a un petit souci. ».
Doux euphémisme, Papa.

Dialogue de l’espace avec Père #4 : Casser laaa joie

Dimanche dernier mon papa m’a accompagnée voter pour les législatives.

En sortant du bureau de vote il m’a dit tout content:

« C’est rigolo, sur la liste électorale tu as signé juste sous ma signature! »

« Ha oui, c’est marrant! » me suis-je exclamée en souriant.

Et tout de suite après très sérieuse:

« Ben non c’est pas marrant en fait c’est logique, on a le même nom de famille. »

Et c’est comme ça que j’ai cassé la joie de mon pauvre petit papa!

Dialogue de l’espace avec Père #3 : Papa Obvious

Tout à l’heure dans la voiture avec mon père, en ce radieux matin ensoleillé. La climatisation est cassée et nous roulons les fenêtres fermées pour que j’arrive à l’entendre avec mon implant cochléaire…

Papa: Il fait chaud.

Moi: Oui.

Papa: On sent bien que la clim’ elle ne marche pas.

Effectivement.

Les vacances champêtres de Manille Delatuile #10: catastruffe

La veille de leur départ, Manille eut une petite indigestion. En fin d’après-midi, elle vomit courgettes et croquettes sur un petit chemin de terre puis sur la pelouse de Nany.

Le soir il fut décidé qu’elle dormirait dans la salle à manger, au cas où il y aurait un 3e assaut gastrique. Mieux valait dégobiller sur le carrelage de cette pièce que sur le parquet de la chambre. Toutefois, Manille suivie Bibi quand elle alla se coucher et Maman installa son tapis près du lit, comme d’habitude.

« Ne t’en fais pas, je laisse la porte ouverte. Si elle a envie de vomir, elle voudra s’éloigner de là et ira sur le carrelage du couloir. » la rassura Bibi.

Maman tourna les talons. C’est alors que Manille, couchée sur son tapis, tendit le cou.

« Beeeeuuuaaaah! » fit-elle, renvoyant sur le parquet eau et bile qui lui restaient dans l’estomac.

« Râh! Râh! » toussa-t’elle le lendemain, le gosier tout irrité.

Ainsi s’achevèrent les vacances champêtres de Manille Delatuile, et de Bibi. Papa vint les chercher en voiture et ils rentrèrent sur Paris dans un concerto de râclements de gorge cannins. Maman quant à elle resta auprès de Nany. Après le départ de Manille et Bibi, elle alla à la poste et en rentrant elle roula sur un clou.

Quelle tuile.