Je vous révèle aujourd’hui un de mes secrets ménagers les plus secret.
Chez moi il y a 4 éponges: une pour la vaisselle, une pour l’évier/la paillasse/la table, une pour le lavabo/la baignoire et une pour les WC. Je les change tous les 3 mois lors du changement de saison (il faudra que je vous raconte mes repères temporels) sauf celle de la vaisselle qui dégage selon son état (genre quand elle commence à se déchirer).
Je suis une grande adepte de la méritocratie, la vraie. En effet quand je grignote ou entame un truc initialement prévu pour autre chose (typiquement la tablette de chocolat qui aurait dû servir à faire un brownie) je justifie mon comportement et m’auto-convaincs en me disant: « Je le mérite ». J’imagine que je ne pourrais pas tenir un régime avec cette méthode.
Néanmoins j’essaye d’être économe et « raisonnable » et de ne pas tout m’empiffrer d’un coup. C’est difficile mais pas impossible (typiquement la tablette de chocolat dans laquelle j’avais tapé mais que j’ai quand même utilisé pour faire un brownie alors qu’il manquait 40 grammes).
L’autre jour Père m’a apporté un paquet de palets bretons. À savoir que je raffole de ces biscuits.
Je suis un petit parasite de la société n’ayant aucune activité salariale et dépendant d’aides financières. La belle vie, quoi.
Sauf que je me suis imposé un petit rythme pour que tous les jours ne ressemblent pas à un dimanche sans fin. Donc du lundi au vendredi j’ai un réveil qui sonne à 7h30. L’idée c’est vraiment de structurer la semaine et d’avoir un minimum l’impression qu’elle est structurée (CQFD). Samedi et dimanche sont un vrai week-end car je ne programme pas de réveil. Je peux dormir plus longtemps le matin.
C’est un peu de sa faute si je me suis tordue la cheville dans la rue car elle a guidé n’importe comment en ne me signalant pas le rebord meurtrier. Le lendemain des faits elle est allée chez Père dans le cadre de mon rétablissement, afin que je n’ai pas à trop bouger de mon appart.
Il était armurier: je crois que ça veut dire qu’il fabriquait des armes pour le cinéma. C’est ainsi qu’un jour il avait coupé la chique à Alain Delon qui n’arrivait pas à faire fonctionner une de ses armes. J’avais raconté l’anecdotes à mes copines en 2de et l’une d’entre elles avait sous-entendu que j’étais une grosse menteuse. Ça m’avait sacrément blessée. Je n’ai aucun intérêt à raconter des anecdotes fausses. Tout ce que je raconte ici est vrai, même quand il s’agit de dialogues avec Stella ou Manille (car les répliques qu’elles formulent viennent de ma tête).
J’étais dans le bureau en train de remplir la gamelle à croquettes de Stella quand en relevant la tête je l’ai aperçue. Elle était assise droite comme un I devant moi.
– Coucou mon petit chat! me suis-je joyeusement écriée.
Désormais dans mes déplacements il y a Manille à ma gauche et ma canne blanche à ma droite.
Je l’ai déjà un peu expliqué mais Peanut Butter est une militante d’1m50 qui ne se plie pas. Quand je marche avec Manille je la tiens simplement contre moi. À l’arrêt debout je la garde à côté de moi tel un bâton de sorcier. Quand je m’assois soit il faut la caler contre un mur soit il faut l’allonger par terre. Toute une gymnastique mais il y a une vraie réflexion derrière le fait qu’elle ne se plie pas.
J’ai entendu cette phrase de la bouche de personnes voyantes ou dont la vue baissait qui n’étaient pas braillistes.
Je peux comprendre que l’apprentissage du braille fasse peur lorsqu’on est adulte. Par contre je trouve ça détestable de tenir de tels propos quand on ne connait rien à ce système et qu’on ne se donne pas la peine de le connaître.
En fait je pense à cette phrase à chaque fois que je reçois mes courses du mois et que je dois tout étiqueter pour me repérer ensuite dans mes placards. Ça veut dire que sur du papier je tape en braille (à la machine 8 écrire) le nom du produit, la date à laquelle je l’ai reçu et parfois la date à laquelle je l’ai ouvert. Ensuite je découpe « mes étiquettes » et je les colle avec un bâton de colle (ne me parlez pas des étiqueteuses numériques ou plastiques s’il vous plait, déjà car dans les deux cas ça rime avec « merdique » et puis parce que y a un truc fabuleux qui s’appelle le handicap business et je crache dessus).