Je suis retournée en vacances chez Nany avec ma mère et Manille. On devait. partir le dimanche matin.
Samedi soir j’ai fini de boucler mes sacs. Manille a compris. Elle était survoltée, surtout quand elle m’a vue préparer ses sachets de croquettes pour la semaine. J’ai terminé de faire les sacs et je suis allée me coucher.
Je me suis réveillée au milieu de la nuit et j’en ai profité pour aller aux toilettes. Je me suis heurtée à Manille qui, assise droite comme un I à côté du lit, la truffe sèche de sommeil, avait l’air de dire: « Vacances ».
Rééducation orthophonique. L’orthophoniste me donne des séries de trois mots appartenant à la même catégorie.
Arrivée à la catégorie des instruments je confonds le mot « tambour » avec « kazoo ». Pas grave me direz-vous, on est là pour ça. Sauf que moi quand j’entends (crois entendre) le mot « kazoo » je ne peux pas m’empêcher de penser au live de Ghost (mon groupe préféré) avec le chanteur qui interprète Zombie Queen en jouant du kazoo. Je précise que Ghost est un groupe de metal, que Tobias Forge (le chanteur) se déguise en pape sataniste et que les musiciens sont en goules (et sur la vidéo il y en a une qui essaye de ne pas rire en fond). Et que, dans ce live, quand Tobias Forge chantait il reposait solennellement son kazoo sur un piédestal.
Croyez-bien que je mets toute la bonne volonté du monde pour rester concentrée pendant mes séances d’orthophonie.
J’ai commencé et abandonné ce roman à l’automne 2021 avant de le reprendre récemment. J’avais fait pareil avec Mr Mercedes (enfin lui c’était folklo: entamé en noir et blanc papier, poursuivi en version audio et achevé en braille papier). Je ne sais pas si je suis condamnée à faire des pauses quand je lis Stephen King. J’ai chez moi L’institut en papier-braille, nous verrons bien…
J’ai beaucoup aimé ce roman. Je précise toutefois que j’ai repris ma lecture exactement là où je m’étais arrêtée presque 2 ans plus t4t. On est vraiment plongé dans une atmosphère foraine. J’étais à Joyland, dans ses manèges et ses coulisses. On est encore plus dans l’ambiance avec la « parlure », la langue secrète des forains que l’auteur a inventé en mélangeant du vrai argot forain avec des créations de sa personne (j’ai rigolé en lisant sa note à la fin du livre, quand il s’adresse aux puristes du monde forain qui seraient tentés de lui écrire pour se plaindre de cette langue soit disant foraine qui n’existe pas et qu’il conclut par: « Écoutez les gars, c’est pour ça que ça s’appelle de la fiction ». Et vlan).
Je me suis complètement faite avoir concernant le dénouement et très honnêtement je ne m’en remets toujours pas. Je ne m’y attendais absolument pas et, même si mon pauvre petit coeur a été ébranlé, je dois reconnaître que Stephen King est un sacré génie.
Je vous glisse la quatrième de couverture en fin d’article mais j’aimerais préciser qu’elle est un peu mensongère et se la joue un peu trop sensationnaliste. Il y a certes du surnaturel et un meurtre qui s’est déroulé dans le parc AVANT l’arrivée du narrateur mais ça s’arrête là. Ce n’est pas un roman d’horreur, il n’y a pas de méchant clown ou de « parc diabolique » (comme j’ai pu le lire sur internet, et ça m’a grandement énervée). À mon avis c’est Michmiche qui s’est dit: « Tiens, on a un nouveau Stephen King, ça se passe dans un parc d’attraction donc on va faire un résumé tout pété genre ça fait peur, ça se vendra meilleur ». Il s’agirait de pas prendre vos lecteurs et lectrices pour des cons, Michel.
Si je devais vous résumer le livre (puisque cette tâche a été complètement bâclée): Devin Jones, 21 ans, est engagé à Joyland comme saisonnier. Il apprend que ce parc a une légende. Le train fantôme serait hanté par une jeune femme y ayant été tuée quelques années plus tôt. Ohlala! MAIS que va-t’il donc se passer?! Alors. Oui je suis une frite en résumé littéraire mais ce roman est chouette (best argument de vente, Michel engagez moi). J’ai vu qu’il s’agissait d’un roman policier. Je suis moyennement d’accord. Il y a du fantastique dans ce livre, du policier bon pourquoi pas de l’horreur non certainement pas. Beaucoup de nostalgie car le narrateur raconte en fait ses souvenirs.
Une bonne petite lecture de fin d’été/début d’automne.
Les clowns vous ont toujours fait peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…
Manille déteste poser la patte sur une plaque d’égout. Quand on en croise une, elle la contourne soigneusement. parfois ce n’est pas possible et ça devient un problème: nos besoins à l’une et l’autre rentrent en conflit. C’était le cas de cette rue pour aller au marché. Il y avait une maison avec une haie très mal taillée. J’ai pris une branche dans la figure. Là j’ai fait ce qu’on m’avait appris à l’école des chiens guides et j’ai attrapé la branche, l’ai secouée comme un prunier sous le museau de Manille en répétant: « Attention! ». Puis j’ai fait un petit demi-tour pour que Manille refasse le chemin en évitant la branche. Ça s’appelle le contournement d’obstacle en hauteur. On est reparties mais j’ai à nouveau pris la branche dans la figure et Manille ne s’est absolument pas décalée pour l’éviter. Je l’ai reprise deux fois encore mais à chaque fois c’était pareil. Plus tard, en faisant le chemin inverse, j’ai compris que Manille ne m’avait pas fait contourner la branche pour ne pas avoir à poser les pattes sur une plaque d’égout.
L’autre jour on allait au marché. Habituellement on prenait cette rue pour y accéder cependant Manille a proposé avec conviction de prendre un autre chemin. On a fait un énooorme détour qui a rallongé notre temps de parcours mais au moins on a évité la satanée plaque d’égout et les branchages. C’est la preuve que Manille est très intelligente et qu’elle a un grand sens des priorités.
L’autre jour en rééducation orthophonique, « la petite fille est blottie sous la couette » s’est transformé en « Martine est bloquée sous la couette ». Une pensée émue à Martine qui n’a pas réussi à se dégager et qui à ce jour est toujours coincée sous son édredon.
En vue de l’article de jeudi je me suis replongée dans un livre en braille papier. Sous ma couette, le bouquin posé contre mes genoux, j’étais à fond dans ma lecture. C’était sans compter sur Stella qui a vu là une place de choix. Elle s’est installée sur mon ventre, un coup pour demander des câlins, un coup pour regarder par la fenêtre (tiens, un pigeon sauvage à tête de moine), m’empêchant ainsi de lire mon livre.
(je suis désolée pour mon lectorat qui me suit par mail et qui a reçu cet article mercredi dernier. C’était une bourde de ma part, gloups)
Stella et moi on a un petit jeu. Quand elle est sur le rebord de sa fenêtre je me mets de l’autre côté de la vitre en haussant les sourcils. Elle penche la tête et sa petite patte s’abat sur le carreau, comme si elle cherchait à m’atteindre.
Mais cette chatte est loin d’être bête. Elle a compris le truc.
Maintenant quand je fais l’andouille derrière la vitre elle passe sa patte en-dessous, dans l’espoir sans doute d’arriver à me toucher. La saleté.
L’autre jour au parc avec Père et Manille qui porte son gilet orange fluo « chien guide en détente ». Manille démoule un énorme cake dans l’herbe et Père s’empresse de le ramasser. Il se relève pour me dire quelque chose sans avoir noué le sac à crotte.
– Chwawawa! dit Père.
– Hein? réponds-je.
– Chwawawa.
– Quoi?
– Cwawawa!
– Qu… Argh non ça pue trop, j’arrive pas à me concentrer! dis-je avant de partir dans un grand éclat de rires.
C’est à ce moment précis qu’un autre promeneur s’approche de nous pour nous demander si Manille guide bien.