Je ne veux accuser personne mais cette lampe était parfaitement droite avant.

Si j’étais mauvaise langue je dirais qu’un affreux chaton a dû jouer à Tarzan.
Brèves (pas toujours brèves) d’une nana SourdAveugle.
Je ne veux accuser personne mais cette lampe était parfaitement droite avant.

Si j’étais mauvaise langue je dirais qu’un affreux chaton a dû jouer à Tarzan.
Dans la vie je tâtonne beaucoup et parfois il m’arrive de poser la main sur Stella. C’est comme un réflexe, je ne peux pas m’empêcher de m’écrier: « Oh bah c’est le chat! ». à chaque fois la chatte semble hyper blasée. Si elle pouvait parler elle dirait probablement: « Bah oui c’est le chat, c’est pas le chien Einstein ».
Ma soeur est malheureusement l’une des personnes que je comprends le moins bien avec mes implants cochléaires. Je dois souvent la faire répéter et lui faire écrire dans ma main.
L’autre jour, en pleine discussion avec Père et elle. Je faisait un monologue introspectif sur ma vie..
père, à la fin de ma tirade: Ta soeur est d’accord avec ce que tu dis.
Moi, me mettant à pleurer: Oh je l’entends pas beaucoup ma soeur…
père: Elle n’a pas parlé.
En fait elle venait seulement d’hocher la tête.
Les moustachues ont un espèce de rituel quand je pars avec Manille. Stella s’installe sur le canapé pendant que je mets son collier et son harnais à Manille. Ensuite, tandis que je mets mes chaussures, la chienne va voir la chatte. Stella lui flanque une tape sur le museau et Manille se met à faire la toupie. C’est quasiment ça à chaque fois. Je sais même pas si ça les amuse en vrai.

On appelait le hall de la résidence « la place du village ». C’était un endroit commun où les résidents pouvaient se retrouver et où on organisait parfois certaines activités.
Un jour, Madame Fusée qui y était , commencé à me parler pipi. Je ne me souviens plus exactement mais il était question de la couche qu’elle portait. Elle a voulu me montrer et s’est mise à déboutonner son pantalon.
– Mais non Madame Fusée, ai je protesté, vous ne pouvez pas vous déshabiller sur la place publique enfin!
Quel beau lapsus.
Père: Tu considères que ton handicap c’est une épreuve ou une expérience?
Moi: Une expérience.
Père: T’es sûre?
Moi: Ouais, épreuve j’aime pas. Ça impliquerait qu’il faut toujours se battre et c’est moche.
Père: …
Moi: Bon heu c’est vrai qu’il faut quand même tout le temps se battre.
J’inaugure avec cet article une nouvelle série d’anecdotes: les souvenirs d’EHPAD. Il y a en effet 4 ans j’ai réalisé un service civique en tant qu’animatrice dans un EHPAD, du 5 octobre 2019 au premier confinement en mars 2020 (ma mission a été prématurément arrêtée). Je garde de cette expérience plein d’anecdotes que j’aimerais vous partager ici. À cette époque je n’étais « que » malvoyante et Manille m’accompagnait tous les jours dans cette résidence en région parisienne. Je n’y suis pas retournée quand les mesures sanitaires l’ont permis car j’ai enchaîné avec ma perte auditive (ce qui rend les choses assez compliquées) et malheureusement je pense qu’avec le temps les résidents m’ont oubliée (ou sont carrément morts). Travailler avec un public vieillissant et dépendant est assez particulier. Je me souviens de Madame Johnson (avec qui je m’entendais très bien) qui avait dit un jour: « Ici on se réveille le matin et on se demande qui est encore en vie ». C’est un peu glauque mais c’est ça. Et, même si j’ai essayé de raconter des petits moments drôles ou tendres que j’ai pu vivre là-bas, psychologiquement être confrontée à des gens parfois très atteints cognitivement c’est pas évident. Voilà pour cette introduction. Il va falloir faire une petite gymnastique mentale et m’imaginer entendante. Et imaginer Manille avec quelques kilos en moins (oups oups).
Bonne lecture!
Une chronique littéraire un peu particulière puisque ce témoignage se trouve sur le blog Partir en cacahuète. Si vous m’avez lue attentivement (ou n’êtes pas passé à côté de cet article, je vous laisse le bénéfice du doute) vous vous souviendrez peut-être que j’ai déjà évoqué ce blog. J’aime beaucoup le style de Nathalie qui y raconte (entre autres) ses petites mésaventures avec beaucoup d’humour.
Pour Le ver est dans la pomme, elle a repris certains de ses articles et en a fait un témoignage prenant la forme d’un journal s’appelant Gary (ce détail a son importance). Nathalie a été en arrêt maladie pour burn-out et dépression puis elle a découvert qu’en fait elle était aussi atteinte d’une maladie cousine de la maladie de lyme. Son témoignage est une chronologie de sa dépression avec tous ces maux à traiter. La vie continue en parallèle avec son lot de moments joyeux et de mauvaises nouvelles.
J’ai été contente de redécouvrir son histoire que j’avais entraperçue dans ses articles. C’est un témoignage que je recommande car il aborde des sujets sérieux tels que la santé mentale, la mort, la maladie, mais c’est raconté avec beaucoup d’autodérision et de couleurs. Y a tout un monde chouette qui gravite autour de Nathalie et son récit en est hyper vivant. Bref, à découvrir (et si c’est pas déjà fait allez lire son blog).
Cette fois, le docteur Jivago est formel : je fais une dépression et un burn-out. C’est bien ma veine, de choper une double maladie. C’est donc avec une énorme boîte d’antidépresseurs que je rentre à la maison. Aussitôt, l’envie de coucher sur le papier mes états d’âme me taraude, et voilà que je me confie au jour le jour à Gary, un vieux carnet rouge qui traîne depuis un moment dans mon atelier.
Quand on joue au jardin, je préviens toujours Manille quand je lui lance son jouet pour la dernière fois. Je dis « La dernière » et elle semble se concentrer doublement. Je lui lance le jouet et quand elle revient je lui dis « donne » en tendant la main afin qu’elle me le rende directement dans la paume. Des fois elle le fait mais des fois cette peau de vache le dépose par terre et je suis obligée de tâtonner pour le récupérer parce qu’elle refuse de le reprendre en gueule. Vraiment sympa de sa part.
L’autre soir elle m’a fait le coup.
– C’est pas bien ce que tu fais! ai-je protesté.
J’ai tâtonné le sol mais je n’ai rien trouvé. Je m suis dit que j’avais peut-être mal vu et qu’elle ne m’avait rien rapporté car le jouet était parti chez les voisins. Je me suis levée et j’ai fait quelques pas sur l’herbe. Manille, qui en fait n’avait absolument pas envoyé son jouet chez les voisins, m’a joyeusement suivie avec celui-ci dans la gueule. Youpi du rab de jeu, devait-elle penser. Je le lui ai repris en pestant:
– Non, non, c’est fini! T’as pas voulu me donner le jouet, t’es pas belle!
Manille s’en est fichue de mes remontrances, bien évidemment.
Rééducation orthophonique (le même jour que la semaine dernière). L’orthophoniste me donne des séries de trois mots appartenant à la même catégorie.
On arrive à la catégorie fromage avec « camembert, gruyère et roquefort ». J’ai tout bien compris, pourtant répéter me demande un gros effort. Pourquoi?
Tout simplement parce qu’en temps normal je ne sais pas prononcer « gruyère » correctement. Ma mère m’a appris à dire « grouyère » quand j’étais petite, sans doute parce que c’était plus mignon, et quand j’ai appris vers mes 18 ans que cette prononciation était fausse il était trop tard. Le mal était fait, le grouyère était devenu un automatisme chez moi. J’ai dû trouver des subterfuges, comme de dire « emmental » à la place de « gruyère » (les puristes du frometon en sueur), mais je n’ai jamais pu corriger ce tic de langage qui m’a valu bien des moqueries.
Apprenez à vos enfants à parler correctement par pitié. Dire « grouyère » à 5 ans c’est peut-être choupi mais à 25 au mieux ça fait pèquenaud, au pire ça fait peur.