Quand je sors avec Manille, en rentrant Stella est toujours assise dans l’entrée l’air de dire: « Croyez pas que je vous attendais mais ha, vous voilà rentrées! »
Rééducation trichante
Séance d’orthophonie. On travaille sur le son an/en que j’ai du mal à percevoir. L’orthophoniste me donne un mot que je ne comprends pas alors elle me donne un indice: quelque chose qui a un rapport avec le sang.
Moi: En sang? Glanté?
Raté, c’était « pansement ».
Qu’ils disaient
« Vous verrez, les petits chiens guides ils sont jamais malades! »
Les paroles de l’éducatrice de Manille me reviennent tandis que, de la bave de chien plein les cheveux et le t-shirt, je traîne mon patapouf de labrador qui se la joue poupée-de-chiffon-de-30-kg-en-état-de-décès-avancé sur le sol pour lui mettre de force ses médicaments dans la gueule, action qu’il faut plusieurs fois recommencer car elle les recrache deux coups sur trois.
(étant un traitement contre la diarrhée la prise de cachets dans du Kiri est exclue, merci bien)
Convoi de l’extrême
Lundi matin quand je me suis réveillée une vilaine odeur flottait dans l’air. J’ai pensé que Stella, dont la caisse est dans la salle de bain juste à côté de la chambre, venait de poser sa pêche.
Manille était couchée à côté du lit, la chatte attaquait ma main sous la couette, bref à part le fumet pestilentiel tout avait l’air normal.
Je me suis levée, j’ai pris mon legging et mes chaussettes pour sortir Manille et je suis allée m’asseoir sur une chaise de la cuisine. L’odeur s’est faite plus forte. J’ai pensé que Stella avait eu un accident dans la chambre et que j’avais marché dedans. J’ai inspecté mes pieds: rien. Je suis allée voir dans la salle de bain et le bureau mais ça y sentait moins fort. Je suis revenue m’asseoir sur ma chaise, perplexe.
Et puis je me suis retournée.
Il y avait de grosses flaques sombres sur le carrelage. L’une des quadru avait eu la diarrhée pendant la nuit. Quand je dis « l’une des quadru » je veux dire Manille car vu la taille des flaques ça ne venait pas de la chatte. Et quand je dis « diarrhée », le mot est faible pour décrire la scène d’horreur que j’avais sous les yeux (et le nez).
J’ai sorti Manille en ricanant parce que j’avais laissé Stella enfermée sans ouvrir les fenêtres. Ensuite je suis rentrée et j’ai nettement moins rigolé quand il a fallu commencer à nettoyer.
J’ai contourné la table pour ouvrir les fenêtres sans risquer de marcher dans la mare sans canard (n’aggravons pas la situation). J’ai remonté mes manches et j’ai fait un chignon. J’ai mis le masque de chantier que m’avait donné mon père, celui avec deux gros élastiques et un système de serre-nez. J’étais parée.
Je n’ai trouvé Stella nulle-part et elle n’est pas venue sur le rebord de la fenêtre comme à son habitude. J’en ai déduit qu’elle était restée trop longtemps dans les effluves et qu’elle avait dû faire un malaise sous un meuble.
Un tout petit monde (Rummidge tome 2) | David Lodge | Rivages (2014)
Je suis tombée sur ce roman (ou bien c’est lui qui m’est tombé dessus) un soir où justement je cherchais une lecture pour me remonter le moral. C’est en lisant cette chronique littéraire sur le blog Partir en cacahuète que j’ai eu envie de le lire. Et je n’ai pas été déçue du tout.
Le premier chapitre est peut-être un peu long le temps que tout se mette en place (mais n’en est pas moins sympa). Ensuite tout s’accélère et rebondit entre tout plein de personnages. David Lodge est vraiment très drôle, voire un peu « méchant » pour reprendre la préface d’Umberto Eco. Je crois que j’ai jamais autant ri en lisant un livre (je me suis esclaffée plusieurs fois, pour de vrai de vrai). J’ai vraiment passé un excellent moment avec cette lecture. J’ai eu un gros coup de coeur pour le personnage de Morris Zapp et j’ai donc entamé Changement de décor pour passer encore un peu de temps avec lui (il s’agit en effet de la trilogie Rummidge: Changement de décor est le tome 1, Un tout petit monde est le tome 2, Jeu de société est le tome 3. Les 3 peuvent se lire indépendamment les uns des autres toutefois.).
Je suis très heureuse d’avoir découvert David Lodge et j’ai très envie de lire d’autres de ses romans. Je profite de cet avis lecture pour dire merci à Nathalie pour son partage. Cette lecture est tombée à pic et m’a fait un grand bien. Au passage, je vous invite à aller faire un tour sur son blog Partir en cacahuète qui est l’un de mes préférés.
Où sont les campus d’antan où des profs besogneux erraient comme des âmes en peine entre deux cours, l’intelligence en jachère, la libido en sommeil ? Les médias ont changé tout cela, les arrachant à leur solitude, les amenant à communiquer avec leurs collèges à l’autre bout du monde. L’ère du campus global est arrivée et ses liturgies favorites sont les congrès. D’universités en colloques, de cocktails en salles d’embarquement, étudiants, érudits, écrivains en herbe, grands manitous de la fac, universitaires ratés, têtes pensantes, parfois rêveuses ou volontiers dévergondées, virevoltent, une valise à la main, une coupe de champagne dans l’autre, dans une quête éperdue de reconnaissance internationale, d’amour et de fantaisie. « Un tout petit monde est un des livres les plus amusants et les plus férocement hilares publiés au cours du siècle dernier. Lisez Lodge. Vous aurez conquis un monde et vous vous serez amusés comme cela ne vous était jamais arrivé. » (Umberto Eco)
Uhé uhé uhé
Rééducation orthophonique. L’orthophoniste m’explique qu’il y a des sons que je n’entends pas très bien.
L’orthophoniste: J’ai l’impression que vous avez du mal avec certaines voyelles nasales: 🥳, 🙃 et 🤠.
En effet.
Couscous’est que ça (le titre le plus pourrave de l’histoire de ce blog) p
Une amie algérienne a pris la peine de m’expliquer de façon très détaillée comment préparer du couscous et notamment de la semoule avec une couscoussière.
Sacrilège 1: moi je cuis ma semoule façon Tipiak, dans un bol je verse de l’eau bouillante sur les grains puis je mets un couvercle quelques minutes le temps que ça gonfle.
Sacrilège 2: j’aime bien l’assaisonner avec de la sauce soja salé (« bh11111!!! »).
À cette amie si elle passe par-là: merci d’être là pour moi, j’espère ne pas trop te décevoir (moi j’avoue que j’ai un peu honte de moi).
Vibrations positives
Hier j’ai réussi pour la 1ère fois à me réveiller seule grâce à mon téléphone. En fait je programme une alarme en veillant à choisir des vibrations fortes, je mets le téléphone en mode avion et le pose sur le matelas ou sous mon polochon. Jusque là j’avais tendance à me réveiller un peu en avance et mon système de réveil vibrant ne servait à rien.
Hier matin j’avais prévu d’aller au marché et mon téléphone était programmé pour « sonner » à 8h15. J’étais en train de rêver que je faisais du shopping et que ça faisait pleurer Manille quand j’ai tout à coup ressenti des petits coups. J’ai ouvert les yeux pensant d’abord que c’était Stella qui était en train de me taper mais non c’était bien mon réveil. Ça marche, youpi.
Le nouvel auxiliaire vétérinaire
Manille a deux boules sur les flancs. Je suis allée voir ma vétérinaire il y a 3 semaines qui m’a dit de revenir prendre un rendez-vous pour l’opérer d’ici la fin du mois. Je ne suis pas inquiète car il y a 2 ans la chienne a fait un lipome sous une aisselle, une tumeur bénigne de graisse (Manille qui fait des tumeurs de gras, ça étonne qui?). C’est une pathologie courante chez les labradors surtout femelles et les récidives ne sont pas exclues.
Hier je suis allée chez la vétérinaire pour racheter son antipuce et son silicure (un médicament qu’elle prend car elle a un souci avec son foie) et aussi pour programmer l’opération. Les vétérinaires et les auxiliaires vétérinaires dans ce cabinet nous connaissent bien moi et ma surdicécité (et ma chienne guide intenable parce que c’est le festival du biscuit là-bas). Niveau communication on alterne entre oral et écrit via mon téléphone connecté à ma plage braille. Elles ont l’air globalement à l’aise avec moi.
Hier pourtant il m’a semblé qu’il y avait un nouvel auxiliaire à l’accueil et il a eu l’air assez déstabilisé par ma présence. En fait je suis rentrée dans le cabinet et me suis assise sur une chaise en attendant mon tour (et en demandant 15 fois à Manille de se calmer). Un jeune homme brun à lunettes (c’est tout ce que ma vision me permet de décrire) a fait son entrée dans la salle d’attente. Il y avait quelques personnes déjà. Il est allé voir un monsieur puis il est venu vers moi. J’imagine qu’il m’a dit un truc et que j’ai laissé passer ma chance parce qu’ensuite j’ai attendu 10-15 minutes et même les gens arrivés après moi sont passés avant moi (décidément ça m’arrive souvent ces temps-ci). Le brun est revenu me voir plus tard et je lui ai tendu mon téléphone en disant: « Désolée je comprends rien. » (sans déconner René). Je lui ai expliqué pourquoi je venais. La vétérinaire est venue palper les boules de Manille (qui faisait subitement moins la maline) et il m’a écrit qu’il fallait lui faire un bilan sanguin pour son foie avant de l’opérer.
Là j’ai tilté que le brun n’était pas auxiliaire vétérinaire car il avait l’air un peu perdu et m’a posé des questions bizarres. Je me trompe peut-être mais on va partir du principe que c’est ça, je pense qu’il était en 3e et qu’il faisait son stage. Il avait la voix grave mais on faisait à peu près la même taille (t’inquiète Brun je triche un peu avec mes Rangers, moi je suis québlo à 1,59 m depuis que j’ai 14 ans mais toi tu peux encore grandir, et au pire c’est pas grave la vie est belle en bas tu sais) et il m’a demandé comment ça se passait habituellement lors des prises de sang, est-ce que je nourrissais Manille avant ou pas. Et en effet quand il est venu m’apporter les médicaments il avait l’air un peu jeune, Brun. Il avait l’air en galère mais au final je trouve qu’il s’est très bien débrouillé et il s’est détendu au fur et à mesure de l’échange. Ça fait plaisir.
Bref Manille a rendez-vous jeudi matin prochain pour faire une prise de sang.
À sa mutuelle qui refuse de me rembourser son Silicure car selon eux c’est « un médicament de confort » alors que (vous l’aurez compris) son problème de foie nécessite une analyse avant de l’opérer: allez bien vous faire cuire le cul.
Averoigne & autres mondes (les mondes perdus tome 3) | Clark Ashton Smith | Éditions Mnémos (2018)
Un avis un peu mitigé sur ce recueil de nouvelles d’horreur. J’ai beaucoup aimé la partie « Averoigne » et son ambiance Auvergne mystique. On retrouve bien le style et l’ironie de Smith dans des nouvelles pleine de magie noire. J’avais un peu peur de ne pas retrouver cela dans « Autres mondes » mais non. J’ai même bien aimé les premières nouvelles de cette seconde partie: de viles créatures et des humains à qui il arrive des bricoles (nous on le savait, nous, qu’il fallait pas descendre dans cette étrange grotte martienne, mais qu’est-ce que vous voulez ils y sont quand même allés alors tant pis pour eux). J’avoue néanmoins avoir sauté les 3 dernières histoires car je ne suis pas fan de l’ambiance « délire cosmique et compagnie ». Le côté extraterrestre n’est pas aussi marqué que chez Lovecraft et cosmique ou pas on a droit à de la sorcellerie, du glauque et des entités malfaisantes mais ça m’a un peu fait saturer.
Bref, j’ai préféré Zothique pour son atmosphère un peu plus apocalyptique. Averoigne reste quand même une très bonne lecture et j’ai hâte de découvrir Hyperborée (le receuil entre Zothique et Averoigne).
Avec ce nouveau cycle, Clark Ashton Smith met en scène une Auvergne médiévale fantasmée, comme seul cet auteur pouvait le faire.
Il nous emporte dans une contrée mystérieuse où monastères et cités aux murs crénelés ont émergé des antiques ruines romaines, où des légendes préchrétiennes s’incarnent dans la vaste forêt centrale, où l’ impressionnante cathédrale de la cité de Vyones domine les esprits et où, surtout, une très ancienne famille aristocratique voit ses pouvoirs disparaître, entre corruption et magie noire.
Une nouvelle fois, Clark Ashton Smith, par son style unique, baroque et chatoyant, a forgé les lettres de noblesse de la fantasy.