On a fait une descente à Franprix (en mode kassélagueule)

Avertissement: il se peut que ce titre soit légèrement racoleur voire putaclic. Mes excuses, vous connaissez mon amour pour l’exagération.

Ma mère était venue chez moi pour qu’on fasse un repérage du centre-ville ensemble. On avait profité de cette balade pour racheter des croquettes à Manille chez Monoprix.

On galérait un peu à trouver le fameux sac dans les rayons. Il y avait urgence, notamment car cela faisait 30 minutes que Manille attendait son goûter. La chienne était si désespérée et affamée qu’elle était à deux doigts de se pendre avec sa laisse. « T’es sûre qu’Eren les achète ici? », m’a demandé Maman. J’ai répondu: « Oui, avant il allait au Franprix plus loin mais depuis le jour où leur manager nous a BRUTALISÉ Manille et moi il ne veut plus y aller ». Et elle m’a répondu: « Oh, on peut aller là-bas après! ». Elle est comme ça Maman.

L’histoire remonte à il y a un peu plus d’un an. J’étais allée à Franprix avec Manille et une copine à l’époque. On voulait acheter des gâteaux et du thé pour le goûter (pas celui de Manille cette fois). J’étais rentrée avec mon petit masque fleuri sur le nez et j’avais pris grand soin de m’arrêter à l’entrée pour me passer les mains au gel hydroalcoolique car c’est HYGIÉNIQUE. Je savais où se trouvait le fameux rayon où se trouvait notre bonheur. J’avais dit à Manille: « Allez, devant! », et Manille s’était engagée dans les rayons en mode très professionnelle, comme toujours.

Plus

Manillpulatrice

Je propose à Manille d’aller jouer dans le jardin. Alors que je mets mes chaussures, elle part comme une fusée dans le salon. En fait elle va chercher une de ses peluches alors qu’elle sait qu’elle n’a pas le droit de les emmener au jardin (non mais c’est pas elle qui se tape la lessive derrière quoi). Je l’appelle: « Manille! ». La chienne revient l’air de rien, elle faisait juste une promenade de santé sur le carrelage promis. Je me lève, et le temps que je tourne la clé dans la serrure elle part et revient avec Carlos BirthdayDog, un teckel coiffé d’un chapeau pointu (je sais, le marketing finira par me tuer). Je l’ai grillée: « Manille, non pas Carlos! ». Manille le repose l’air de dire « bon, bon, pardon je croyais! ». J’ouvre la porte, elle reprend le jouet en gueule. « Non Manille! ». Elle le repose et fait mine d’avancer, « ah bon tant pis alors ». Je sors la première pour être certaine qu’elle ne le reprenne pas. Non seulement si, mais en plus elle commence à descendre tranquillement les marches avec et boude quand je le lui reprends.

Ne vous fiez pas à sa tête d’adorable petit labrador mignon, elle est très fourbe en réalité. Elle a bien compris que son humaine voit pas très clair et qu’il y a moyen d’en profiter. Elle est capable de prendre son jouet, le lâcher au moment où je la touche pour vérifier qu’elle ne l’a pas, et le reprendre une fois le contrôle passé. Qui sait ce dont elle est capable encore?

Paye ta vie de chien guidef (feat la plaque à induction)

Je suis devant ma plaque à induction en train de faire cuire des crêpes. Ma plaque s’éteint, je la rallume et comme j’ai un doute je demande à Eren si elle est bien sur 6. « Elle est sur 5 » me répond Eren. J’augmente d’un cran. « Là elle est sur 7 » me dit Eren. Agacée j’éteins la plaque, la rallume et la mets sur 6 en comptant bien les bips. « T’es sur 5 là » dit Ereen. « Mais c’est pas possible! » je râle en augmentant d’un cran. Ereen se met à rire: « là t’es sur 7, en fait depuis tout à l’heure t’étais bien sur 6 je me moque de toi ». Pour me venger je lui envoie un coup de torchon sur le bras. C’est précisément à cet instant que Manille s’interpose entre nous et se prend le torchon dans la gueule. pauvre labrador.

Lancer de bûche

Hier avec Manille on est allée au parc. Elle m’a ramené un beau bâton. Une bûche plutôt. C’était peut-être une invitation au jeu, ou bien une manière de tester les réflexes de mes genoux, en tout cas c’est sans aucune retenue qu’elle est venue m’exploser les rotules avec son gourdin.

Et si vous vous posiez la question: oui j’ai joué avec elle et oui j’ai de bons réflexes, aïe.

La rallonge

J’ai enfin compris comment mettre et enlever la rallonge de la table à manger. Je l’ai repliée, dépliée, puis repliée à nouveau. Cette découverte était tellement incroyable qu’en la re-dépliant j’ai commencé à chantonner la bande-originale d’Indiana Jones sans m’en rendre compte.

Huile de coco, ego trip et exploration pour les (très) nuls

J’avais demandé à Eren de m’acheter de l’huile de coco sur Aroma’Zone. Je lui avais donné mon identifiant et mon mot de passe, l’accès à mon ordinateur m’étant encore difficile. Vous vous doutez bien que s’il m’avait acheté de l’huile de coco, il n’y aurait pas cet article.

Je savais qu’il y avait un magasin bio dans mon centre-ville, en face de la poste. C’était mon instructrice en locomotion qui me l’avait dit lors d’un repérage de quartier. Je marchais dans les rues avec ma canne blanche, elle m’apprenait à m’en servir correctement et me décrivait ce qu’il y avait dans les alentours: passages piétons, commerces, cafés… C’était à l’époque lointaine où je n’avais pas encore Manille, alors jeune labrador à la carrière fort prometteuse. Pour être plus précise, ce repérage datait de 2018. Autant dire que non seulement je ne savais plus exactement où était situé le magasin, mais en plus depuis le temps il pouvait très bien avoir disparu. Pour preuve, il y a 3 mois de ça, j’étais rentée dans ce que je croyais être la librairie en face de la Poste. Je n’y avais jamais mis les pieds avant, mais comme pour le magasin bio je savais qu’il y avait une librairie en face de la poste. J’étais rentrée dans la boutique donc, en ayant un gros doute car je n’avais vu aucun livre dans la vitrine: « Heu bonjour, je cherche la librairie mais je crois que je me suis trompée ». Il y avait des gens autour d’une grande table ronde (le cercle des poètes disparus, comme les bouquins et les étagères d’ailleurs). Mon intervention avait provoqué un grand silence. Ou peut-être bien que c’était ma surdité, difficile à dire. Une fille avec un pull marinière avait proposé de m’accompagner. Elle m’avait donné son bras, on avait remonté la rue, puis traversé un passage piéton, puis encore remonté une rue. « Ohlala je ne comprends vraiment pas pourquoi je croyais que c’était là-bas », j’avais dit un peu gênée. Je n’avais pas entendu sa réponse à cause de la circulation. Le soir, Eren m’avait dit: « C’était bien la place de la librairie avant, ils l’ont déplacée lol ». Autant dire que potentiellement le magasin bio avait pu s’être volatilisé lui aussi.

« Il faut que j’aille au magasin bio mais j’ai peur », j’avais dit à Eren. Les lieux inconnus, les gens inconnus, les gens tout court, ça m’angoisse. Ça date de bien avant ma surdité et ma malvoyance, mais disons que ça ne s’arrange pas avec le temps. Eren a répondu: « Je peux y aller si tu veux ». C’était tentant de déléguer cette tâche, mais j’avais envie de me débrouiller. C’était mon défi: aller dans le centre-ville, trouver la boutique bio et acheter mon huile de coco.

Plus

42

j’ai raté une marche alors que je descendais ma corbeille à papier; j’ai dévalé les escaliers sur le cul avec cette dernière dans les bras, les déchets s’éparpillant sur mon passage; puis j’ai terminé ma course contre le mur du bas, à m’interroger sur le sens de la vie au milieu des rouleaux de PQ vides.

Mes gardes du corps

Eren jouait sur sa console dans le salon, à côté de Manille qui ronflait paisiblement sur son pouf. La chienne s’est levée d’un bond et s’est précipitée dans la chambre où je me trouvais. C’était si brutal qu’Eren a eu peur, il l’a suivie et a allumé le plafonnier d’un coup pour vérifier que j’allait bien. Moi j’étais pépouze dans le lit en train de lire un bouquin avant qu’il m’éclate la rétine avec sa lampe. Ils sont adorables mais il faut qu’ils retravaillent leur technique je pense.