It was pain

L’autre jour à la boulangerie, je sors ma carte et l’approche du lecteur de carte bleue pour payer mais la boulangère m’arrête.

Moi, désignant le lecteur: Il marche pas?

La boulangère: Si, si, mais ça c’est votre carte vitale.

OUI MAIS LE PAIN C’EST VITAL POUR MOI MADAME.

Éducation positive

Stella ne griffe jamais. Les deux seules fois où c’est arrivé elle était encore chaton. Elle m’a griffé le mollet un soir alors que j’allais dans mon lit sans avoir vu qu’elle était déjà dessus. Elle a dû avoir peur. Une autre fois, elle m’a griffé la main car elle était sur le rebord de la fenêtre, je lui ai demandé de descendre et comme elle n’a pas bougé j’ai avancé la mimine vers elle. Elle était dans sa période « adolescence de chat » donc c’était peut-être pour défier mon autorité, je ne sais pas. Aujourd’hui j’ai juste à lui dire: « Tu descends mon chaton? » et elle file droit hors de la fenêtre.

Quel est mon secret? Comment suis-je parvenue à un tel résultat? Comment ai-je réussi à mater cette saleté de chat griffu?

Tout simplement, un jour alors que je lui avais demandé de descendre, j’ai (sans faire exprès, je le jure) claqué la fenêtre sur sa queue. La chatte a eu peur et mal, elle a assimilé qu’il valait mieux se casser de là à mon approche. Réflexe Pavlovien. Voilà. Ma méthode est discutable éthiquement mais redoutablement efficace.

Le professionnalisme

Pour écrire mon chef d’oeuvre d’article nommé Escitalopram, j’ai voulu vérifier le nom du médicament afin de l’orthographier correctement. J’ai donc pris ma boîte d’antidépresseurs et me suis accroupie dans la cuisine pour lire le braille inscrit dessus. J’aime bien être accroupie car je ne tangue pas (c’est un peu étrange mais j’ai un meilleur équilibre comme ça que debout à rien faire). Stella est venue voir ce que je faisais. Pour l’amuser j’ai lancé la boîte sur le sol à la manière d’une boule de bowling. La chatte en a eu rien à péter. Elle s’est contentée de rester assise devant moi sans bouger.

Et maintenant essaye de retrouver ta boîte de médicaments, bouffonne d’aveugle.

Jouer avec la nourriture

Avant je n’avais qu’un scotome central. Il m’arrivait de faire tomber de la nourriture sur le sol de la cuisine mais l’histoire en restait là.

Maintenant j’ai aussi un affreux chaton et je retrouve fréquemment des pâtes séchées ou des feuilles de coriandre rabougries sous mon lit.

Miche tôt

L’autre jour, je me suis présentée à la boulangerie avec mon petit cabas à roulettes pour acheter trois baguettes et une viennoise. Je tiens à préciser que moi à la base je dis « pain viennois », mais dans cette boulangerie on dit « viennoise » du coup je fais un effort langagier pour éviter tout malentendu. D’ailleurs on ne sert pas de pain suisse dans cette boulangerie, une fois j’ai essayé d’en acheter un pour mon goûter mais on ne s’est pas comprises avec la boulangère et je suis repartie avec un vieux pain de campagne tout sécos (je vous laisse imaginer ma déception en arrivant chez moi: il était bien lourd ce pain suisse mais en fait c’était pas un pain suisse, étouffe(toi bien pour ton 4h espèce de dindasse va). Comme elles étaient deux ce jour-là, l’une s’est occupée de glisser elle-même ma commande dans mon cabas pendant que l’autre me faisait payer (en m’assommant à coup de pain de campagne, non en fait elle m’a juste indiqué le lecteur de carte bleue). Des clients sont arrivés et comme d’habitude j’ai rien vu rien entendu. La boulangère à la caisse a posé une baguette sur le comptoir que je me suis empressée de fourrer avec le reste de mes courses en lui disant au revoir.

Ce n’est qu’une fois chez moi, en déballant mes courses, que j’ai compris qu’en fait j’avais embarqué le pain du client derrière moi. Oups.

Drôle d’oiseau

Hier au marché, un monsieur qui passait dans les allés s’est figé pour me regarder. Je sais pas si c’était à cause de la canne blanche, des implants cochléaires, des bras bariolés d’encre ou de l’aura intersidéral. Peut-être bien que c’était l’ensemble.

Les gens me regardent souvent comme si je les voyais pas. Or, c’est vrai que je vois pas très bien mais je vois un peu quand même.

Dialogue de l’espace avec Père #7 : Crotte alors!

Alors qu’on se balade dans un parc de Seine-Saint-Denis’ mon père me fait savoir qu’il y a plein de crottes sur le chemin mais j’ai visiblement du mal à comprendre de quel animal il s’agit…

Moi: Il y a des crottes de chameau?!

Papa: Non, des crottes de ch*****!

Moi: Des crottes de chamois!!

Papa, cavalant sur place (un peu désespérément): Non, des crottes de cheval!

Moi: Aaaaah, des crottes de cheval!

Papa: Oui. Tu veux toucher?

Ça ira merci.

Le nouvel auxiliaire vétérinaire

Manille a deux boules sur les flancs. Je suis allée voir ma vétérinaire il y a 3 semaines qui m’a dit de revenir prendre un rendez-vous pour l’opérer d’ici la fin du mois. Je ne suis pas inquiète car il y a 2 ans la chienne a fait un lipome sous une aisselle, une tumeur bénigne de graisse (Manille qui fait des tumeurs de gras, ça étonne qui?). C’est une pathologie courante chez les labradors surtout femelles et les récidives ne sont pas exclues.

Hier je suis allée chez la vétérinaire pour racheter son antipuce et son silicure (un médicament qu’elle prend car elle a un souci avec son foie) et aussi pour programmer l’opération. Les vétérinaires et les auxiliaires vétérinaires dans ce cabinet nous connaissent bien moi et ma surdicécité (et ma chienne guide intenable parce que c’est le festival du biscuit là-bas). Niveau communication on alterne entre oral et écrit via mon téléphone connecté à ma plage braille. Elles ont l’air globalement à l’aise avec moi.

Hier pourtant il m’a semblé qu’il y avait un nouvel auxiliaire à l’accueil et il a eu l’air assez déstabilisé par ma présence. En fait je suis rentrée dans le cabinet et me suis assise sur une chaise en attendant mon tour (et en demandant 15 fois à Manille de se calmer). Un jeune homme brun à lunettes (c’est tout ce que ma vision me permet de décrire) a fait son entrée dans la salle d’attente. Il y avait quelques personnes déjà. Il est allé voir un monsieur puis il est venu vers moi. J’imagine qu’il m’a dit un truc et que j’ai laissé passer ma chance parce qu’ensuite j’ai attendu 10-15 minutes et même les gens arrivés après moi sont passés avant moi (décidément ça m’arrive souvent ces temps-ci). Le brun est revenu me voir plus tard et je lui ai tendu mon téléphone en disant: « Désolée je comprends rien. » (sans déconner René). Je lui ai expliqué pourquoi je venais. La vétérinaire est venue palper les boules de Manille (qui faisait subitement moins la maline) et il m’a écrit qu’il fallait lui faire un bilan sanguin pour son foie avant de l’opérer.

Là j’ai tilté que le brun n’était pas auxiliaire vétérinaire car il avait l’air un peu perdu et m’a posé des questions bizarres. Je me trompe peut-être mais on va partir du principe que c’est ça, je pense qu’il était en 3e et qu’il faisait son stage. Il avait la voix grave mais on faisait à peu près la même taille (t’inquiète Brun je triche un peu avec mes Rangers, moi je suis québlo à 1,59 m depuis que j’ai 14 ans mais toi tu peux encore grandir, et au pire c’est pas grave la vie est belle en bas tu sais) et il m’a demandé comment ça se passait habituellement lors des prises de sang, est-ce que je nourrissais Manille avant ou pas. Et en effet quand il est venu m’apporter les médicaments il avait l’air un peu jeune, Brun. Il avait l’air en galère mais au final je trouve qu’il s’est très bien débrouillé et il s’est détendu au fur et à mesure de l’échange. Ça fait plaisir.

Bref Manille a rendez-vous jeudi matin prochain pour faire une prise de sang.

À sa mutuelle qui refuse de me rembourser son Silicure car selon eux c’est « un médicament de confort » alors que (vous l’aurez compris) son problème de foie nécessite une analyse avant de l’opérer: allez bien vous faire cuire le cul.

Chtunk

Au parc hier avec Manille. Aveuglée par le soleil et mon scotome central je lui lance son bâton au hasard, évitant quand même le sentier pour pas assommer un promeneur avec). On s’amusait bien jusqu’à ce que le bâton fasse « chtunnk » en retombant.

Quelle était la probabilité qu’en le lançant à l’aveugle je l’envoie pile dans une poubelle?

Manille s’est alors mise debout sur ses pattes arrières tout en sautant vainement autour de la poubelle, « Mon bâton, mon bâton! ».

(elle ne le reverra jamais)

Manille le ramasse-miettes

Je n’achète plus de fromage râpé, je prends de l’emmental au marché et je le râpe moi-même. L’autre soir je râpais donc mon emmental à la table de la cuisine. À la fin, comme à chaque fois, il y avait des copeaux de fromages tombés sur la nappe. J’avais la flemme de ramasser. J’ai vu q1e Manille avait vu. J’ai fait tomber les miettes par terre l’air de rien.

La suite tout le monde la connait, Manille a passé l’’aspirateur. Qu’on ne me blâme pas: la chienne le fait même sans intervention volontaire de ma part.