J’expliquais dans cette vieille anecdote que l’implant cochléaire stimule mon nerf facial (des deux côtés). Au quotidien j’ai quelques spasmes mais rien d’embêtant. En fait, mon régleur fait en sorte de limiter ces stimulations. Il m’avait expliqué qu’il fallait répartir le courant, un peu comme un tapis de clous: quand le poids du corps est correctement réparti on ne s’embroche pas (c’est pas exactement ce qu’il avait dit mais globalement c’est l’idée). Pendant le réglage par contre il doit activer chaque électrode une à une (j’en ai 12 à droite et 8 ou 9 à gauche). Ça me provoque de forts spasmes au visage. C’est pas douloureux mais c’est très désagréable. Les muscles se contractent tous seuls: cela va du petit tressautement répétitif de la paupière à une espèce d’éclair qui vous traverse la gueule du sourcil au menton. Je le répète, c’est pas douloureux mais c’est franchement désagréable. J’essaye de rester stoïque en me mordant la langue, en serrant mes doigts et en arrêtant de respirer tout en marmonnant: « Ouais, ça va. Ça va ».
L’autre jour j’ai repensé à une pub qui passait à la télé quand je n’étais ni sourde ni malvoyante. C’était la pub pour le parfum Kenzo world. On voyait une fille à une soirée mondaine. Elle portait une très jolie robe verte. À un moment elle partait s’isoler dans le couloir et commençait à faire des grimaces de façon incontrôlée. Elle se mettait ensuite à danser, à courir dans les escaliers, à lécher une statue et à faire n’importe quoi. Une fois dehors, elle était comme transportée à travers un oeil géant (composé de fleur?). Elle atterrissait ensuite au sol, se relevait puis se frappait la poitrine avant de jeter un regard mi-satisfait mi-exténué à la caméra, un peu décoiffée. La musique de fond était très dynamique et rythmée. Cette pub de parfum était très originale et ne plaisait pas à tout le monde. Moi je la trouvais absolument géniale et j’adorais la chanson.
Bon, eh bah du coup quand j’essaye de gérer mes spasmes faciaux lors des réglages je pense qu’intérieurement je ressemble à cette fille (extérieurement aussi, sans doute).
J’ai nommé cet article comme le titre de la chanson de la pub. Avouez qu’il est drôlement évocateur pour une histoire d’implant cochléaire.