Regarder la vérité en face

J‘étais en pleine discussion avec ma mère quant au fait de « relativiser » sa vie face au handicap des autres. Je lui expliquais que je n’appréciais pas du tout que les gens me disent qu’en me voyant ils réalisaient qu’ils n’avaient pas à se plaindre. Si vous pensez que je m’empêche de râler quand la putain de pince à salade vient bloquer le tiroir à couverts de merde, tout ça parce qu’il y a bien plus grave dans la vie (par exemple, être moi-même), alors vous vous fourrez le doigt dans l’oeil jusqu’au coude.

« Je ne peux empêcher personne de raisonner comme ça, par contre je ne supporte pas qu’on me le dise. Tiens par exemple, un jour y a un inconnu qui m’a dit: « Ta vie est une épreuve, si je peux me permettre ». Et bien non monsieur, ne te permet pas, tu ne me connais pas et ce n’est pas à toi de juger si oui ou non ma vie est une épreuve! » j’ai dit, remontée comme une pendule à coucou.

Sitôt dit j’ai eu envie de me moucher et j’ai tourné les talons pour aller prendre un mouchoir dans ma chambre; le menton relevé et la tête haute, la démarche d’une reine comme si je venais de rabaisser le caquet de ce type pour de vrai.

Cette sortie du salon post-clash aurait pu être parfaite si je ne m’étais alors pas pris les jambes dans une chaise en chemin.

Alors bon. Non ma vie n’est pas une épreuve mais je dois bien admettre que je suis souvent confrontée à des obstacles, au sens propre comme au figuré.

Tartine d’ego

Vacances chez ma grand-mère.

Ce matin durant le petit-déjeuner j’ai vu que Nany m’observait, alors j’ai voulu l’impressionner en lui montrant que même malvoyante je savais étaler de la confiture sur ma tartine grillée. Chose qui s’est soldée par un échec cuisant puisque j’ai trop pris de confiture d’un coup et que la moitié de la cuillérée s’est lamentablement écrasée dans mon assiette.

Pour ma deuxième tartine ma mère m’a tendu le beurrier et là j’ai commencé à claquer des genoux.

Non, moi j’aime pas les Gnocchi.

Le drame de ma vie c’est pas d’être devenue sourde.

Non, le drame de ma vie c’est d’avoir été entendante suffisamment longtemps pour entendre passer à la télé la pub des Gnocchis à poêler et avoir dans la tête depuis ce matin: « J’aime les Gnocchiiiis, croustillants et moelleux!! ».

Bavardages

J‘étais posée sur une chaise dans ma cuisine, Stella à ma gauche couchée en haut de son arbre à chat, Manille devant moi assise sur le carrelage à me lorgner avec amour.

J’ai lancé à Manille en désignant Stella du doigt: « Regarde, c’est le petit chat! ».

La chatte a tourné la tête vers moi et m’a lancé un drôle de regard l’air de dire: « Non mais t’es complètement fêlée ma pauvre vieille¿ ».

Des fois je me demande si je manque pas un peu de contact humain à faire la conversation avec deux quadrupèdes moustachues…

Psychose

Alors que je prenais ma douche, j’ai senti un grand courant d’air. J’ai coupé l’eau et ai ouvert le rideau de douche. La porte de la salle de bain était grande ouverte.

La petite tête noire de Stella m’épiait sournoisement de derrière la porte, mais ça me semblait bizarre qu’elle ait été capable de l’ouvrir autant. Je me suis enroulée dans une serviette et j’ai rejoint le couloir pour comprendre ce qui se passait.

Eren m’attendait caché derrière le mur, l’air menaçant, levant sur moi un couteau à bout rond. Heureusement Manille, fidèle compagne à quatre pattes, a volé à ma rescousse en se précipitant… sur ma main pour lécher l’eau qui en dégoulinait.

Un terrifiant tableau à faire pâlir maître Hitchcock n’est-ce pas.

Edit: Eren avaait mis la BO du film, mais comme je n’avais pas mon implant cochléaire la blague tombe à l’eau (enfin, c’était le cas même sans).

Cat-apulte

Ce matin dans le lit, Stella s’est mise à escalader mon dos pile au moment où je ramenais (un peu trop brutalement) la couette sur mon visage. Elle a été catapultée dans les airs, boulet de canon à moustaches.

« Forget your troubles come on get happy »

Tout à l’heure à la pharmacie pour racheter mes anti-dépresseurs et prendre de la vitamine A, prescrits sur 2 ordonnances différentes….

La pharmacienne, me mettant une boîte dans les mains ainsi que mes 2 ordonnances: voilà les anti-dépresseurs, et il faudra aller au laboratoire.

Moi: Mais… C’était pas une ordonnance pour de la vitamine A?

La pharmacienne: si, si, mais pour contrôler votre taux de vitamine A.

Moi: Heu… C’est une ordonnance pour que j’aille faire une prise de sang pour la vitamine A, c’est bien ça?

La pharmacienne: Oui c’est ça! Ça va le dosage de vos anti-dépresseurs sinon?

Moi: Oui, oui. Vous n’avez pas besoin de la carte de mutuelle pour le paiement?

La pharmacienne: Non, elle a été enregistrée la dernière fois que vous êtes venue!

Moi, comme si c’était la plus grande avancée technologique de l’humanité: Oh mais c’est génial!

La pharmacienne: Oui! Au revoir, bonne journée!

Moi: Merci, au revoir!

La pharmacienne, parce que Manille marche droit vers le mur: Attention, la porte est à côté!

Je suis SYSTÉMATIQUEMENT à l’ouest quand je vais à la pharmacie chercher mes anti-dépresseur. Je sais pas trop ce que la pharmacienne doit se dire à force, elle dot se demander comment j’arrive à retrouver ma maison.

Elle m’a eue

Hier j’ai dit à Manille: « tu vas voir Papa ». Elle était contente.

Elle était plus qu’heureuse quand Papa est arrivé. Elle a grimpé dans la voiture et s’est couchée à mes pieds. Encore une fabuleuse aventure avec le Papa!

Papa a roulé. Il a emprunté une rue. Puis une autre. Dès lors, Manille a su. Elle s’est redressée et s’est assise tout en fixant Papa. Ça sentait l’embrouille.

Ça sentait l’embrouille et c’était le cas: Papa s’est garé sur le parking d’emmaûs.

« Allez Manille, force et courage! » j’ai lancé. Manille qui regardait par la fenêtre, comme cherchant une issue, a tourné la tête vers Papa en lui servant de grands yeux blancs de chien battu. see

C‘est l’heure de jouer !!!

Il y a deux jour, Stella s’est couchée sur le dossier du canapé pour observer Eren mettre son collier à Manille pour sa sortie du soir.

La porte a claqué derrière eux et la chatte a instantanément tourné la tête vers moi, comme une chouette.

C’était le moment le plus complice (et très hilarant) avec ma Stella depuis son arrivée chez nous.