Pourquoi « Il Est Quelle Heure »?

Je rêve qu’on me pose cette question depuis la création de ce blog mais ça n’arrive jamais (les fois où je vous ai dit que le nom du blog avait un sens et que vous avez voulu savoir lequel ne comptent pas, bande d tricheurs). J’imagine que c’est la banalité de la phrase, une question utilisée couramment bien qu’elle soit incorrecte. En effet, on demande: « Qu’elle heure est-t’il? » et pas: « Il est quelle heure? ». J’aurais aimé que mon grand-père voit ça, lui qui m’avait fait savoir, l’air fort renfrogné, qu’on ne dit pas « je me rappelle » mais « je me souviens », et « ça me rappelle qu’on dit je me souviens ».

Il est quelle heure c’est pas franchement original à première vue pourtant il y a bien une anecdote derrière le nom de mon blog. Je ne m’attendais pas à perdre la vue, encore moins à perdre l’ouïe. Je pense que c’est le genre d’évènement qui surprend tout le monde. En fait j’ai été diagnostiquée d’une rétinite pigmentaire à mes 14-15 ans, je connaissais donc un peu l’issue du truc. C’est tombé quand même très tôt puisque j’ai perdu une bonne partie de ma vue l’été de mes 19 ans. Ensuite, et c’était bien plus impromptu, j’ai perdu l’ouïe à partir de 2020. Je me revois dire à mon collègue de service civique: « Tiens c’est bizarre, quand je me bouche l’oreille gauche je t’entends pas parler de l’oreille droite! ». Mais le Dr Chorizo, le premier ORL que j’avais consulté, m’avait dit que mon audition était parfaitement normale et m’avait traitée d’idiote car à l’époque j’avais un piercing dans le nez (je pose ça là comme ça, parce que l’idiot dans l’histoire c’est lui qui se croyait intelligent avec sa condescendance et ses beaux diplômes, non je rage pas). Toujours est-il qu’en fait j’avais un syndrome de neuropathie auditive-atrophie optique. Devenir SourdAveugle était mon destin puisque c’était littéralement inscrit dans mes gènes.

Si je vous demande de me citer des personnalités ou personnages aveugles ou malvoyants, vous viendront peut-être Ray Charles, Gilbert Montagné (que ma Tata Clown déteste, coucou Tata), Stevie Wondeur, Vincent Vinel et Jane Constance de The Voice et The Voice Kids, Apl.de.ap, Mama Odie, Claude Monet, Daredevil, Mary Ingalls, Carlos Solis (si.).

Un peu plus difficile: comme personnalités ou personnages sourds ou malentendants, vous viendront peut-être Beethoven, Sophie Vouzelaud, le professeur Tournesol, Hoshi, Blue Ears (à chaque fois je suis tentée de rajouter Bernardo dans Zorro mais le type est muet, pas sourd).

Maintenant si je vous demande une personnalité ou un personnage SourdAveugle, il ya de grosses chances pour que rien ne vous vienne. En tout cas, moi quand je suis devenue SourdAveugle je n’avais aucune « référence » en tête. Sauf peut-être’Helen Keller, dont j’avais un jour lointain lu la biographie. C’était un livre que m’avait prêté un copain, un roman jeunesse avec des mains faisant des signes sur une couverture orange. Il racontait l’histoire d’une grande auteure engagée américaine devenue sourde, aveugle et muette toute petite. Bref, personnellement j’avais pas beaucoup d’exemples sous le coude en terme de surdicécité. À la rigueur il y a unń attaque dans Les chevaliers du zodiaque qui vous prend la vue et l’ouïe, mais elle vous prend aussi d’autres sens donc ça compte pas. De toute façon je connais pas Les chevaliers du zodiaque (au début, quand j’essayais de me souvenir de ce dessin animé pour l’article, j’ai failli écrire « Les chevaliers du ciel »).

La surdicécité a l’air d’une association tellement improbable. D’ailleurs on oppose souvent la vue et l’ouïe au jeu du « Tu préfères ».

La réponse à la grande question

L’anecdote du nom du blog remonte au début de ma perte auditive. À ce moment-là j’entends encore mais je comprends de plus en plus mal. Il faut me parler près, doucement, sans crier (elle est marrante celle-là parce que lorsque vous dites que vous êtes sourde les gens se mettent à gueuler), en articulant bien. Ça commence à devenir bien critique, quoi.

Un jour, je suis pépère dans mon canapé en train de cogiter à la tournure (de merde) que prennent les évènements quand Eren arrive dans le salon et me lance:

– Helen Keller.

Sauf que c’est absolument pas ce que je comprends et je lui réponds:

– Oh je sais pas il est quelle heure, il doit être 11h non?

Le quiproquo le plus à propos de ma vie.

C’est donc ainsi que cette formule est devenue le nom de ce blog. C’en est un bon résumé: essayer de rire de ce qui à première vue n’est pas très drôle. Faire pousser de la magie là où il n’y en a pas. Jeter du multicolore sur le terne. 🎻

Crever l’écran (avec un couteau, cet article fut une purge à rédiger)

Quels sont vos dix films préférés ?

À la bâse j’ai choisi de répondre à cette question de Day One pour meubler cette semaine.

« Un article les mains dans les poches, génial! »

Sauf qu’en fait j’ai voulu faire ça bien avec un lien Allociné pour chaque film. Ça m’a pris du temps. En plus à un moment j’ai bourdé et j’ai dû recommencer deux paragraphes. Mais c’est pas grave ça m’a bien plu quand même.

Petite précision: J’ai vu ces films il y a plus de 5 ans. Rien de très actuel car pour des raisons techniques je ne vais plus au cinéma (il n’y a jamais de sous-titres en néerlandais et c’est un problème). De plus, j’ai dû me creuser les méninges et mettre dans cette liste des films que j’ai bien aimé mais qui ne sont pas forcément mes préférés. Voilà. Vous savez tout. Bonne lecture.

(n’hésitez pas à cliquer sur les liens juste comme ça)

  • Inglorious bastards. J’adore ce film. Il est génial. Christoph Waltz est monstrueux. Pas spécialement parce qu’il joue un SS (quoi que) mais il a un jeu d’acteur incroyable et c’est plaisant de le voir switcher entre plusieurs langues. Il faut d’ailleurs voir ce film en VOSTFR, ou bien en VF pour se familiariser un peu puis VO, car Inglorious Bastards jongle entre l’anglais, l’allemand, le français et un peu d’italien. Si vous voulez voir Brad Pitt parler italien comme une vache espagnole avec un gros accent apache, n’hésitez plus. Ce film est une uchronie de la seconde guerre mondiale durant laquelle un petit groupe d’américains, les Bastards, font littéralement la peau aux nazis. En parallèle, la projection d’un film nazi est programmé dans le cinéma d’une juive ayant changé d’identité.
    • Old boy. Voilà un drame coréen un peu étrange. Oh Dae Su se fait kidnaper alors qu’il passe un coup de fil dans une cabine téléphonique et est relâché 15 ans plus tard. On ne sait pas qui l’a enlevé ni pourquoi et c’est donc à la recherche de ses ravisseurs qu’il va partir. Ce film est violent mais il me semble que c’est indiqué et qu’il est interdit aux moins de 16 ans (je le précise car j’avais prêté le DVD à une copine qui avait eu la bonne idée de visionner ce film en famille et bien entendu tout le monde avait été déçu). Néanmoins j’ai trouvé que c’était un super film psychologique. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en comprenant la vérité. Je ne m’attendais absolument pas à ce dénouement et je me suis sentie profondément désespérée pour le personnage. Ce film est un petit peu un OVNI mais il est très intéressant.
    • Pulp Fiction. Le premier Tarantion que j’ai vu.. C’était une reprogrammation en VOSTFR dans un UGC quand j’avais 17-18 ans et on m’avait dit: « T’aimeras pas parce que t’es une FILLE ». Ça n’avait pas loupé: je n’avais pas aimé, j’avais A-NO-RÉ. Après c’est vrai que Tarantino en général on aime ou on aime pas. Il y a un peu de baston et l’humour est particulier. Exceptionnellement je ne ferais pas le résumé de ce film pour cette liste car il est un peu dur à résumer. Déjà, les « chapitres » sont tous mélangés. Niveau chronologie c’est bonjour. Ensuite l’histoire ne s focalise pas sur un personnage mais ce sont les petites histoires de plein de personnages (plus ou moins liés entre eux) et au final paf ça fait non pas des Chocapics mais une grande histoire. Bon. Apparement je suis aussi une frite en synopsis.
    • Kill Bill (i et II). J’a-dore ce film. Un classique de Tarantino. C’est l’histoire de Beatrix Kiddo qui sort du coma 4 ans après s’est fait tirer dessus par son ancien groupe de tueuses à gage et qui décide de se venger de tout ce beau monde en terminant par leur chef, Bill. C’est un film très badass. C’est dans le premier volume que l’on découvre le morceau Battle without honor or humanity. Je vous en parle car de nos jours il est associé à la beauferie et ça me fend le coeur parce que je le trouve méga classe.
    • Poulet aux prunes. Alors, c’est marrant parce que je mets ce film dans cette liste mais je ne m’en souviens quasiment pas. Il est de Marjane Satrapi qui a également réalisé Persepolis et The Voices. Il me semble que ce film est « coupé » en différents style et ça le rend original. Je crois qu’il parlait d’une histoire d’amour et il y avait un violon aussi. Jamel Debbouzze incarne l’un des personnages et j’avais été très surprise par son jeu (pour une fois il ne faisait pas du « Jamel Debbouzze » et c’était agréable) Un film qui m’avait beaucoup émue.
    • Vol au-dessus d’un nid de coucou. Un classique. C’est l’histoire d’un type qui a commit un délit et pour éviter la prison il se fait passer pour malade mental. Il atterrit dans un hôpital psychiatrique où, si mes souvenirs sont bons, il met un peu le bazar. Je viens de voir qu’un roman est à l’origine du film donc j’irais sans doute le lire (en fait j’ai envie de relire certains livres adaptés cinématographiquement que j’ai vu un jour et ne peux plus voir, comme Shutter Island par exemple). L’anecdote sympa c’est que Jack Nicholson porte un bonnet dans ce film car il vient de se faire implanter des cheveux. Finalement ça apporte comme un petit plus à son personnage.
    • MR Babadook. Mr Babadook est un très bon film d’horreur. (au moment de me relire je me suis aperçue que je n’avais écrit que ça, merci Bibi). On est loin des screamers que l’on retrouve habituellement dans les films d’horreur de nos jours. Tout est dans l’ambiance. Pour résumer, une maman offre à son fils un livre d’histoire dont le personnage principal est une créature nommée Mr Babadook. Elle le lui lit et va commencer à voir la silhouette de Mr Babadook un peu partout. Glaglagla ça fait peur.
    • Stardust. J’ai vu ce film il y a plus de 10 ans. Il C’est une adaptation cinématographique d’un roman de neil Gaiman (que j’aimerais lire du coup). Si je me souviens bien il s’agissait d’une histoire d’amour dans un genre fantastique. Le héros tombait amoureux d’une fille vivant derrière un mur séparant le village du jeune homme du monde de la jeune femme. En fait la jeune femme était une étoile et risquait de se transformer en poussière si elle essayait de passer de l’autre côté du mur. J’ai oublié l’intrigue mais il y avait beaucoup de magie et des personnages farfelues. Il me semble par exemple qu’il y avait toute une fratrie de princes qui se querellaient pour accéder au trône et ils se faisaient tous zigouiller mais on continuait à les voir ensuite sous leur forme de fantômes. Ils étaient marrants et le sang royal était bleu.
    • Le Jeu. Alors ce n’est pas un de mes films préférés mais c’est un des derniers films que je suis allée voir en salle. Il s’agit d’une comédie-dramatique française. J’étais allée le voir au cinéma avec deux camarades de fac. Un des copains était à ma gauche et ne faisait que s’esclaffer, c’était assez communicatif. J’avais trouvé ce film un peu dur en tout cas il faisait pas mal réfléchir sur notre société actuelle. Ah oui le résumé: en gros c’est un groupe d’amis qui organise un dîner entre eux et quelqu’un a la brillante idée de jouer à « tout le monde pose son téléphone sur la table et dès que quelqu’un reçoit un message on le lit à haute voix ». Évidemment le jeu dégénère parce que tout le monde voit ses petits secrets révélés au grand jour. Un bon film françay.
    • Sound of Metal. Je triche un peu avec ce film car il est sorti juste après ma première implantation. Je ne l’ai jamais vu et malheureusement je pense que je ne pourrais jamais le voir (mes résultats avec l’implants ne me permettent pas de suivre un film en tout cas). Toutefois paraît que ce film est très sympa. C’est l’histoire du batteur d’un groupe de rock qui du jour au lendemain perd l’ouïe. On lui propose l’implant cochléaire et évidemment rien n’est facile. L’équipe des ingénieurs son de Sound of Metal a été récompensée pour son travail sur ce film. Paraît que les bruitages sont très réalistes et retranscrivent bien les sensation avec un implant cochléaire.

Dites-moi en commentaire si vous avez déjà vu ces films ou s’ils vous inspirent!

Crochet 2 rue

Parfois, il m’arrive « d’oublier » que je suis malvoyante. Il y a quelques temps je me rendais à la pharmacie seule avec ma canne blanche. Je marchais d’un pas fort décidé, balayant de la canne avec la main droite et balançant le bras gauche au rythme de la marche. Il y avait sur mon chemin un banc et, assis dessus, un monsieur penché en avant sur son téléphone. Je l’ai vu. Pas suffisamment bien parce que je lui ai littéralement envoyé mon poing dans la gueule. Il s’est redressé d’un coup en lâchant un petit cri de surprise. Ou de douleur peut-être, en tout cas moi j’avais mal à la main.

Vacances Niévroises #3 : Août 2023 (2/2)

Mercredi matin Maman et moi sommes allées à Emmaûs. Manille est restée à l’appartement avec Nany.

Il y avait plein de choses au rayon robe. J’en ai mis quelques unes de côté et j’ai continué à fouiller.

– Tu en as déjà cinq, m’a dit Maman qui devait commencer à s’inquiéter que je reparte avec tout un portant.

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Vacances Niévroises #2 : Août 2023 (1/2)

Je suis retournée en vacances chez Nany avec ma mère et Manille. On devait. partir le dimanche matin.

Samedi soir j’ai fini de boucler mes sacs. Manille a compris. Elle était survoltée, surtout quand elle m’a vue préparer ses sachets de croquettes pour la semaine. J’ai terminé de faire les sacs et je suis allée me coucher.

Je me suis réveillée au milieu de la nuit et j’en ai profité pour aller aux toilettes. Je me suis heurtée à Manille qui, assise droite comme un I à côté du lit, la truffe sèche de sommeil, avait l’air de dire: « Vacances ».

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Zombie queen de la rééducation

Rééducation orthophonique. L’orthophoniste me donne des séries de trois mots appartenant à la même catégorie.

Arrivée à la catégorie des instruments je confonds le mot « tambour » avec « kazoo ». Pas grave me direz-vous, on est là pour ça. Sauf que moi quand j’entends (crois entendre) le mot « kazoo » je ne peux pas m’empêcher de penser au live de Ghost (mon groupe préféré) avec le chanteur qui interprète Zombie Queen en jouant du kazoo. Je précise que Ghost est un groupe de metal, que Tobias Forge (le chanteur) se déguise en pape sataniste et que les musiciens sont en goules (et sur la vidéo il y en a une qui essaye de ne pas rire en fond). Et que, dans ce live, quand Tobias Forge chantait il reposait solennellement son kazoo sur un piédestal.

Croyez-bien que je mets toute la bonne volonté du monde pour rester concentrée pendant mes séances d’orthophonie.

Joyland | Stephen King | Éditions Albin Michel (2014)

J’ai commencé et abandonné ce roman à l’automne 2021 avant de le reprendre récemment. J’avais fait pareil avec Mr Mercedes (enfin lui c’était folklo: entamé en noir et blanc papier, poursuivi en version audio et achevé en braille papier). Je ne sais pas si je suis condamnée à faire des pauses quand je lis Stephen King. J’ai chez moi L’institut en papier-braille, nous verrons bien…

J’ai beaucoup aimé ce roman. Je précise toutefois que j’ai repris ma lecture exactement là où je m’étais arrêtée presque 2 ans plus t4t. On est vraiment plongé dans une atmosphère foraine. J’étais à Joyland, dans ses manèges et ses coulisses. On est encore plus dans l’ambiance avec la « parlure », la langue secrète des forains que l’auteur a inventé en mélangeant du vrai argot forain avec des créations de sa personne (j’ai rigolé en lisant sa note à la fin du livre, quand il s’adresse aux puristes du monde forain qui seraient tentés de lui écrire pour se plaindre de cette langue soit disant foraine qui n’existe pas et qu’il conclut par: « Écoutez les gars, c’est pour ça que ça s’appelle de la fiction ». Et vlan).

Je me suis complètement faite avoir concernant le dénouement et très honnêtement je ne m’en remets toujours pas. Je ne m’y attendais absolument pas et, même si mon pauvre petit coeur a été ébranlé, je dois reconnaître que Stephen King est un sacré génie.

Je vous glisse la quatrième de couverture en fin d’article mais j’aimerais préciser qu’elle est un peu mensongère et se la joue un peu trop sensationnaliste. Il y a certes du surnaturel et un meurtre qui s’est déroulé dans le parc AVANT l’arrivée du narrateur mais ça s’arrête là. Ce n’est pas un roman d’horreur, il n’y a pas de méchant clown ou de « parc diabolique » (comme j’ai pu le lire sur internet, et ça m’a grandement énervée). À mon avis c’est Michmiche qui s’est dit: « Tiens, on a un nouveau Stephen King, ça se passe dans un parc d’attraction donc on va faire un résumé tout pété genre ça fait peur, ça se vendra meilleur ». Il s’agirait de pas prendre vos lecteurs et lectrices pour des cons, Michel.

Si je devais vous résumer le livre (puisque cette tâche a été complètement bâclée): Devin Jones, 21 ans, est engagé à Joyland comme saisonnier. Il apprend que ce parc a une légende. Le train fantôme serait hanté par une jeune femme y ayant été tuée quelques années plus tôt. Ohlala! MAIS que va-t’il donc se passer?! Alors. Oui je suis une frite en résumé littéraire mais ce roman est chouette (best argument de vente, Michel engagez moi). J’ai vu qu’il s’agissait d’un roman policier. Je suis moyennement d’accord. Il y a du fantastique dans ce livre, du policier bon pourquoi pas de l’horreur non certainement pas. Beaucoup de nostalgie car le narrateur raconte en fait ses souvenirs.

Une bonne petite lecture de fin d’été/début d’automne.

Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…



Plaque dégoûte

Manille déteste poser la patte sur une plaque d’égout. Quand on en croise une, elle la contourne soigneusement. parfois ce n’est pas possible et ça devient un problème: nos besoins à l’une et l’autre rentrent en conflit. C’était le cas de cette rue pour aller au marché. Il y avait une maison avec une haie très mal taillée. J’ai pris une branche dans la figure. Là j’ai fait ce qu’on m’avait appris à l’école des chiens guides et j’ai attrapé la branche, l’ai secouée comme un prunier sous le museau de Manille en répétant: « Attention! ». Puis j’ai fait un petit demi-tour pour que Manille refasse le chemin en évitant la branche. Ça s’appelle le contournement d’obstacle en hauteur. On est reparties mais j’ai à nouveau pris la branche dans la figure et Manille ne s’est absolument pas décalée pour l’éviter. Je l’ai reprise deux fois encore mais à chaque fois c’était pareil. Plus tard, en faisant le chemin inverse, j’ai compris que Manille ne m’avait pas fait contourner la branche pour ne pas avoir à poser les pattes sur une plaque d’égout.

L’autre jour on allait au marché. Habituellement on prenait cette rue pour y accéder cependant Manille a proposé avec conviction de prendre un autre chemin. On a fait un énooorme détour qui a rallongé notre temps de parcours mais au moins on a évité la satanée plaque d’égout et les branchages. C’est la preuve que Manille est très intelligente et qu’elle a un grand sens des priorités.

Martine en PLS

L’autre jour en rééducation orthophonique, « la petite fille est blottie sous la couette » s’est transformé en « Martine est bloquée sous la couette ». Une pensée émue à Martine qui n’a pas réussi à se dégager et qui à ce jour est toujours coincée sous son édredon.