Goui-goui au jardin

Depuis que je suis chez mes parents, c’est mon père qui sort Manille le matin. L’autre jour il devait avoir un peu la flemme car il lui a juste ouvert la baie vitrée pour qu’elle fasse ses besoins dans le jardin. La chienne est sortie sur la terrasse et l’a fixé comme deux ronds de flan derrière la vitre. en fait elle réclame constamment le jardin mais il faut venir avec elle. Elle n’a pas fait les besoins du coup.

Le syndrome babadook

Grippée chez mes parents, je suis victime du syndrome Babadook (excellent film d’horreur au passage). Je vois des silhouettes là où il n’y en a pas. Je ne suis pas aidée par mon reste visuel aussi.

Au début, j’ai frôlé la crise cardiaque à chaque passage aux toilettes, car le bouquet de fleurs séchées me donnait l’impression qu’une femme était déjà assise sur la cuvette et me fixait méchamment.

Ensuite, il y a eu ce grand manteau suspendu dans l’entrée que j’ai confondu avec mon beau-frère.

Maintenant je ne réagis plus quand il y a une personne incongrue dans une pièce. Je me suis habituée à ces apparitions, mais qui sait un jour la tendance s’inversera peut-être et ce sera bien pire.

Gauchiste qui pète

Eren m’a récemment accusée de faire exprès de pas comprendre. C’est faux, la vérité c’est que je lutte constamment pour ne pas rire quand je sais que j’ai pas bien compris, par exemple quand Eren me dit (ou pas) qu’avant le championnat du monde de gifles les compétiteurs pètent dans leur main ou quand ma mère dit (ou pas) « ta soeur ne veut pas de pintade à Noël, c’est une vraie gauchiste ». Croyez-moi, la vie est une reine avec des radiateurs quand on a un implant cochléaire.

Expiration expirée

Rendez-vous pré-opératoire, l’anesthésiste écoute ma respiration avec son stéthoscope.

Moi: Uh. Souffle.

L’anesthésiste: On respire fort!

Moi: Uuuuuuuh! Souuuu…

L’anesthésiste: Encore.

Moi: Uuuuuuuuh! Souuu…

L’anesthésiste: Encore.

Moi, intérieurement: Mais laissez-moi finir d’expirer monsieur!

Au chevet de la malade

L‘autre soir, au lit avec ma guirlande lumineuse, ma couverture en pilou-pilou, de la fièvre et des courbatures. Stella vient me voir et commence à attaquer ma main sous la couette, ce qui fait rappliquer Manille qui pose sa truffe sur mon bras. me voilà bien entourée.

C‘est le week-end

Tout à l’heure à la boulangerie, alors que j’avais demandé un pain au chocolat ET un pain viennois mais que la boulangère ne m’a servi que le pain au chocolat, que j’ai demandé à nouveau un pain viennois après avoir payé le pain au chocolat et froncé les sourcils en ne trouvant pas le pain viennois sur le comptoir, que la boulangère a essayé de m’expliquer un truc pendant 3 minutes que j’ai pas compris mais que j’ai essayé de deviner sans succès, que Manille pendant ce temps là en a profité pour plonger vers le comptoir afin d’avoir sa chouquette et que j’ai dû tourner sur moi même pour la ramener du bon côté en disant « Non Manille, pas de chouquette pour toi! », que le paiement sans contact n’a pas marché la première fois, tout ça alors que de plus en plus de gens arrivaient dans la queue, je me suis entendue dire comme pour justifier mon air débordé: « Ohlala je suis désolée, heureusement c’est le week-end! ». Alors qu’en fait je suis comme ça du lundi au dimanche.

Rhô!

Quand je suis devenue sourde, comme je répondais moins voir plus du tout à ses vocalises, Manille a dû adapter sa communication orale avec moi. Ainsi, elle s’est mise à fréquemment grogner comme une otarie. Ce comportement c’est moi qui l’y ai encouragée en lui répondant, trop contente de pouvoir l’entendre un peu ou bien de sentir les vibrations produites dans son cou. Ce n’est pas un grognement agressif, c’est un son joueur, une espèce de râle de cochon qu’elle fait quand elle a sa balle dans la gueule ou qu’elle vient dire bonjour. C’est un son très bas qui produit de grosses vibrations perceptibles en touchant les meubles à proximité de la chienne.

Tout ça pour dire, l’autre jour j’étais tranquillement assise sur le sol de ma cuisine, à m’empiffrer de graines de tournesol quand Manille a débarqué, sa balle dans la gueule, et m’a flanqué un gros coup de tête dans la mâchoire.

Moi mécontente, la bouche pleine et dans l’incapacité d’articuler: Mhuu!

Manille, la balle dans la gueule: Rhô!

Moi: MHUUU!!

Manille: RHÔ RHÔ!

Moi: MHHHHHH!!!

Manille: RRR RRRRR!

Moi: MH! MH!

Manille: RRRRRRRRRHHHÔÔÔÔÔÔÔÔ!

Je ne sais pas qui de nous deux fait le plus peur.

…pour attirer les moineaux, les pigeooons!

Les pommes de terre cuisaient doucement dans leur poêle tandis que je bricolais sur ma plage braille dans le bureau. À un moment je me suis levée de ma chaise, je suis allée dans la cuisine en fredonnant « Elle met du vieux pain sur son balcooon… », j’ai touillé les pommes de terre en silence puis je suis repartie dans le bureau en concluant par « …pour attirer les moineaux, les pigeooons! ». Le tout devant Eren qui lisait son livre dans le canapé.

Des fois j’ai l’impression d’être un vieux juke-box pété parce que je ne peut pas m’empêcher de chanter des bribes de chansons ou de slogans publicitaires.

Réveil mordant

Ce matin Stella est venue réclamer des caresses. Elle m’a mordillé la main une première fois, j’en ai déduit que je venais malencontreusement de lui frôler de trop près l’oreille. Elle a à nouveau frotté sa tête sur ma main alors j’ai recommencé à la gratouiller, mais elle m’a mordillé une seconde fois. J’ai laissé retomber mon bras sur le côté et ai décidé de ne plus la caresser comme quelque chose avait l’air de la déranger, mais elle est venue se frotter contre mon bras et m’a même donné des petits coups de langue. J’ai donc repris le câlin, mais après quelques caresses et malgré ses coups de tête elle m’a mordue, deux fois de suite. Là j’étais un peu larguée, sa gamelle était pleine et c’est elle qui venait se frotter à ma main. Je n’ai pas compris son attitude alors j’ai préféré me retourner et m’enfouir sous ma couette. Elle est venue se frotter contre mon visage, puis comme je ne répondais pas à ses demandes elle est allée me piétiner le dos quelques minutes.

Après coup j’ai su (grâce à Eren) que j’avais fait la grasse matinée et qu’il était tard. Je ne sais pas si tout cela est lié, en tout cas ce n’est pas la première fois que Stella me réserve cet accueil alors que je traîne un peu trop au lit.

Chouquette addict

Je suis donc retournée seule à la boulangerie avec la ferme intention d’appliquer les conseils de l’éducatrice canine. Déjà, j’ai dû insister pour que Manille se couche (forcément, il n’y avait pas la méchante dame pour lui dire de le faire). Ensuite, elle a rampé comme un camé en manque jusqu’au comptoir pour quémander sa chouquette. On a tenu bon, ni la boulangère ni moi n’avons cédé. J’espère jusque qu’elle ne va pas se mejtre à convulser ou à ronger les meubles parce qu’elle n’a pas sa dose la prochaine fois.