We are so chic

On visitait une très belle résidence avec ma grand-mère, ma mère et Manille. Ma grand-mère hésitait à y louer un petit appartement donc un des employés nous faisait une petite visite des lieux. On est monté au premier étage. En sortant de l’ascenseur ça sentait la peinture fraîche et il y avait une belle moquette au sol.

Je ne sais pas ce qui a été le plus ridicule, le tonitruant et postillonnant « WOUHOATCHOUM!!! » de Manille ou mon « À tes souhaits » qui a suivi derrière. Pour la crédibilité on repassera, une fois de plus.

Gentil ptit chat

Manille s’est mise à japper dans son sommeil, probablement un cauchemar, et Stella est venue la voir. Il y a donc un petit coeur qui bat sous cette masse de poils et de griffes. Ou alors elle se fendait la poire en mode « hin hin hin, le chien fait un cauchemar! », mais je préfère croire la première option.

Colocation de fifou

C‘était hier soir, je m’affairais après avoir préparé des cookies. Je me suis assise sur une chaise et j’ai commencé à essuyer la plaque du four. En relevant la tête j’ai vu Manille, assise droite comme un piquet, très sérieuse, avec les oreilles redressées et un drôle d’air.

« Bah qu’est-ce que t’as? » j’ai demandé en riant.

La chienne n’a pas bougé. Elle fixait quelque chose dans ma direction alors je me suis retournée et je n’ai pas été déçue, puisque Stella l’andouille était redressée sur une chaise avec les deux pattes avant posées sur la table.

J’ai regardé la chatte de travers (littéralement), j’ai froncé les sourcils et j’ai dit d’un ton sévère: « On peut savoir ce que tu fous? ».

Stella s’est carapatée en vitesse et Manille est allée sur son pouf, visiblement très satisfaite.

Y a de l’ambiance chez moi entre le chien qui balance les conneries du chat et l’illuminée qui tape la discute avec.

Histoire sonore nocture en 4 temps

BAM!

BAM BAM

Pff!

Blof.

(Manille vient me voir en pleine nuit: elle se cogne contre le lit, puis encore deux fois d’affilé (elle vient de se réveiller donc ça tangue un peu), elle souffle de joie quand elle arrive enfin à moi et elle se jette par terre pour piquer un petit roupillon)

Brailler comme une marchande de légumes

Je prépare une petite liste pour la marchande de fruits et légumes quand je vais au marché, vu que la communication est difficile ça permet d’aller plus vite. Comme je suis une grande écolo dans l’âme, j’ai décidé de recycler mes relevés bancaires braille en écrivant à la main ce que je souhaite au dos de ceux-ci.

Je pense que la marchande a eu quelques sueurs froides l’autre jour quand je lui ai dit « je vous ai préparé une petite liste! », et que par réflexe je lui ai tedu le papier côté braille avec dessus ce qu’on pourrait appeler un immense dégueulis de poinss en relief.

Une gratte ou j’te tape

Au fil des mois j’ai compris que Stella appréciait les câlins mais que c’était elle qui décidait quand ils commençaient et quand ils s’arrêtaient. Si on la caresse alors que ce n’est pas le moment on a vite fait de se prendre un petit coup de patte. Elle n’est pas méchante ma Stella, c’est un gentil petit chat même, non c’est juste qu’elle est comme ça c’est son caractère.

Du coup quand elle vient me réclamer des câlins (c’est-à-dire en se jetant contre moi tel un boulet de canon), je laisse ma main en l’air et j’attends qu’elle vienne s’y frotter. Elle s’assoit, elle frotte sa tête (un coup vers le bas, un coup vers le haut, un coup vers le bas, et gratte-moi sous le menton, un coup vers le bas), puis elle part et hop elle revient frotter le flanc puis la tête, et c’est reparti pour un tour. Ça arrive encore qu’elle termine un câlin en me tapant ou me mordillant, mais globalement j’arrive à savoir quand elle en a marre.

Tout ça pour dire, ça faisait plusieurs semaines que Stella boudait un peu nos séances de papouilles. En y repensant ce devait être à cause de la chaleur, moi non plus j’aime pas être collée de trop près quand il fait chaud. Les températures sont redescendues ces dernières nuits, et donc j’ai été contente de retrouver ma Stella venue me demander des gratouilles la nuit. Elle devait être contente aussi car la séance a duré longtemps. Au bout d’un moment j’ai eu soif. Je me suis relevée tout doucement pour aller prendre un verre d’eau à la cuisine. La chatte m’a flanqué un coup de patte l’air de dire « j’t’ai pas dit d’arrêter! » et quand je suis revenue elle n’était plus là.

Quelle ronchon celle-là.

Joyeux anniversaire Stella! (même si en vrai tu t’en tamponnes les moustaches)

Aujourd’hui ma Stellina fête son premier anniversaire. Il a bien grandi le chaton arrivé chez nous à même pas 5 mois, avec sa queue toute frêle et ses oreilles de chauve-souris qui avaient l’air bien grandes pour un si petit chat. C’était ma petite crotte de chat (oui je l’appelais comme ça au début) qui découvrait son monde, et nous qui découvrions le monde des chats. Stella l’aventurière qui le dexième soir de son arrivée avait décidé de partir en exploration dans sa nouvelle maison: on avait demandé à Manille d’aller sur son pouf et de rester calme pour ne pas lui faire peur, elle s’était alors transformée en chien de faïence et n’avait pas osé tourner la tête pour regarder le chaton venu lui renifler la queue. Petite Stella qui venait s’allonger sur mon dos, et on faisaait la sieste ensemble. Maintenant elle est grande, indépendante, un peu grincheuse et chipie sur les bords.

Je sais que ça te fait une belle patte, mais joyeux anniversaire mon petit chat de sorcière!

Faut peut-être pas exagérer

On discutait avec Eren, lui vautré sur le canapé et moi assise sur le tapis, quand Manille est arrivée et lui a joyeusement soufflé au visage…

Eren: Ah Manille tu pues de la gueule!

Moi: Oh mais non c’est pas vrai!

Et comme pour me remercier de l’avoir défendue, la chienne m‘a donné un grand coup de langue sur le nez. Elle pue pas de la gueule mais j’en mettrais pas sur mes tartines le matin non plus.

Langage corporel

Je suis devenue très expressive avec l’apparition de la surdité. Hausser un sourcil ou les deux, les froncer, faire une vague (j’appelle ça la danse des sourcils); rouler des yeux, les écarquiller ou cligner des paupières; gonfler ou mordre l’intérieur des joues, pincer ou tordre la bouche… Tout un art à mi-chemin entre chorégraphie contemporaine et yoga du visage.

Cette palette de mimiques est une façon pour moi de communiquer sans parole, un peu pour me réfugier dans le silence, surtout pour indiquer à mon interlocuteur où j’en suis dans la conversation: je comprends, j’ai lâché le fil, je suis curieuse/étonnée/choquée/etc. C’est une façon de garder le lien avec la personne qui me parle, lui montrer que je l’écoute. Et puis bon, mon handicap fait peur alors quelque part ça doit rassurer les gens de me voir avec la dégaine de Charlie Chaplin et pas l’apathie de la créature de Frankenstein (enfin je dis ça si ça se trouve c’est PIRE et je fais pleurer les enfants sans le savoir).

Tout ça pour dire, je me suis rendue compte qu’il allait vraiment falloir faire attention maintenant que le masque n’est plus obligatoire quand, l’autre matin, mon fromager m’a dit un truc que j’ai pas compris et que je lui ai répondu par une belle grimace.